Les RPGs, ce n’est pas un genre nouveau. Pourtant, beaucoup d’entre eux, et parmi les meilleurs, se passent dans le même contexte fantastique, et peu essaient de sortir de cette zone de confort. Si on peut se rappeler EarthBound, c’est justement pour ce choix de contexte, entre autres. Alors est-ce que DeathBulge : Battle of the Bands arrivera à briller autrement que par ses choix de setting ?
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Un RPG trop METAAAAAAAAAAAAAAL !!!!
DeathBulge, c’est vous. Enfin, c’est votre groupe. Et vous, vous êtes Faye, jeune guitariste de talent accompagnée de son frère Ian et de votre ami Briff, respectivement bassiste et batteur. Un beau matin, d’autres amis du groupe de Platinum Scrumptious vous poussent à vous inscrire à une battle de groupes de musique, et pouf, vous vous y engagez. Mais à signer n’importe quoi, on risque gros : le groupe est maintenant MAUDIT, et la musique peut leur faire du mal ! Et oui car cette bataille de groupes a de gros enjeux, notamment, la vie de tous les groupes inscrits ! A la recherche d’une échappatoire, DeathBulge est prêt à tout retourner pour survivre et ne pas avoir à tuer qui que ce soit.
DeathBulge : Battle of the Bands est un RPG plutôt classique dans sa structure : villes, donjons, batailles au tour par tour, équipement et compétences, rien de neuf sous le capot. Là où le jeu brille, c’est bien dans son habillage et son écriture. C’est simple, on dirait que DeathBulge est l’enfant illégitime de EarthBound et Adventure Time, entre son esthétique épurée mais efficace, son humour mordant et son contexte moderne très métal ! En fait, le jeu respecte bien son thème de la musique grâce à plusieurs choses, et pas seulement en combat : sur la carte, vous ne vous contenterez d’ouvrir les portes, vous les kickerez si violemment qu’elles iront systématiquement s’encastrer dans un mur ou dans quelqu’un ! Ou détruire un truc ! Et tous les PNJs sont délirants, absurdes, bêtes comme leurs pieds ou marquants en général, avant plusieurs mini-arcs sur plusieurs dialogues même pour des personnages très secondaires. Attention par contre, il faudra parler anglais pour en profiter : en effet le jeu vient d’un Kickstarter et le budget ou la demande pour des traductions mondiales n’ont peut-être pas été la priorité.
Hors combat, vous parcourerez la ville et des donjons divers, un peu labyrinthiques et remplis de passages secrets et de coffres. Vous pourrez participer à des quêtes plutôt variées et loin des classiques trucs Fedex, souvent très drôles. En plus, chaque membre du groupe possède une capacité qui peut vous aider à esquiver ou ralentir les ennemis pour pouvoir continuer à explorer tranquillement. On pourra regretter que les donjons soient plutôt longs et pas très intéressants dans leurs dynamiques, au point de devenir lassants, mais l’histoire et l’écriture pourraient bien vous pousser à avancer malgré tout.
La battle de musique !
Le système de combat est très intéressant, unique, et représente très bien les thèmes du jeu. Vous allez pouvoir choisir un membre du groupe qui fera avancer une barre selon sa vitesse, et une fois au bout de cette barre, vous pourrez agir et balancer un coup, une compétence ou un objet. Vous pouvez changer de membre du groupe n’importe quand, même quand vous décidez un coup, alors pourquoi ne pas toujours choisir le plus rapide ? Et bien car c’est votre membre de tête qui prendra les coups la plupart du temps, et le plus rapide n’est pas forcément le plus solide. De plus, les membres en retrait régénèrent leurs points de magie bien plus rapidement, alors vous avez tout intérêt à les faire tourner.
Votre barre d’attente est divisée en 4 sections, et ce n’est pas pour faire joli : chaque section peut-être remplie par vous ou votre ou votre adversaire d’une condition de statut : perte de PV, ralenti, régen, espace bombe… Les altérations de barre sont primordiales et permettent de contrôler le flux de la bataille ! Alors remplissez la vôtre d’effets bénéfiques, et pourrissez celle de l’ennemi ! La plupart des magies l’influencent alors ne vous privez pas. Et d’ailleurs, ces magies, uniques aux personnages, sont très nombreuses, ont des effets très différents, peuvent être trouvées ou achetées et changent même vos stats (votre « classe » de chanteur) ainsi que votre look. Alors trouvez celles qui vous conviennent, n’hésitez pas à changer, et expérimentez ! A l’instar des magies, les attaques normales, plutôt faiblardes, peuvent être changées si vous lootez un nouveau « beat » sur un ennemi : vous apprendrez ainsi son attaque signature, qui peut même être améliorée contre des billets. Certaines attaques vous seront également données en récompense à la suite de combats de boss optionnels, et s’accompagnent de super effets comme d’un soin sur la durée ou d’un compagnon agissant en solo. Finalement, assurez avec votre groupe et vous pourrez lancer une « représentation, » un super mode où les ennemis prendront très, très cher ! Jouissif !
Jouissif est le mot ! DeathBulge est un très bon RPG, très classique mais qui tente son propre système, extrêmement drôle et bien ficelé, se moquant doucement de ses propres sujets ou de son média, et proposant toujours une nouvelle absurdité. Si visuellement, le tout est toujours raccord et très plaisant, dans une atmosphère mignonne de dessin animé, musicalement, nous sommes également sur quelque chose de très qualitatif avec des ambiances marquées, que ce soit rock, jazzy, hip-hop ou loufoque. Le jeu respecte son thème à fond, et s’il n’est pas hyper long (moins de 20 heures pour tout tout faire) il déborde tout simplement de personnalité et d’humour.


