La série des Yakuza, ou Like A Dragon, continue d'être très populaire, et rien ne le dit comme les efforts du studio Ryo Ga Gotoku pour sortir tous les épisodes sur les consoles de Nintendo après les avoir boudées si longtemps. Saviez-vous que Yakuza 1 et 2 HD étaient sortis sur Wii U ? Et que leur échec avait contrarié le studio ? Ah mais rien à voir, j'ai dit HD ! Pas Kiwami ! Car Kiwami signifie EXTRÊME ! Et nous sommes bien loin du jeu PS2 de base !
Test réalisé sur une version fournie par l'éditeur.
La bataille des dragons
Nous sommes 1 an après les évènements de Yakuza 1. Kiryu et Haruka vivent avec leurs regrets et se sont éloignés de Kamurocho et de ses intrigues. Mais alors qu'ils se recueillent au cimetière, une visite du président du clan Tojo, l'ancien gang de Kiryu, change tout. Surtout quand il se fait lâchement assassiner par des membres de l'Alliance Omi, gang du Kansaï, avec qui il prônait une alliance. Afin d'honorer la mémoire de son ami, Kiryu décide alors de reprendre contact avec la pêgre et de tout faire pour installer un climat de paix entre les factions Yakuza, et ce même si d'autres, dans son clan comme dans l'autre, y sont tout à fait hostiles. Tant pis pour eux. Ils prendront juste une deuxième ration de bitume en pleine poire.
Yakuza 2 Kiwami est un remake de Yakuza 2 à une échelle bien supérieure. Même supérieure à celle de Kiwami 1. Utilisant un nouveau moteur graphique, le même que pour le sixième épisode, le jeu est juste superbe et même s'il ne tourne qu'à 30 FPS sur Switch 2, avec quelques petites inconsistances, le rendu global est si beau qu'on a pas grand chose à lui reprocher. Le système de combat de ce beat'em up a aussi été changé : fini les différents styles de combat, Kiryu est maintenant toujours en style Dragon, et tout est plus fluide. En fait, avec le nouveau moteur physique, on a même le droits à des ragdolls ou à des dégâts sur les petits objets lors de combats, ce qui les rend très dynamiques. Si on pourra regretter de ne plus pouvoir changer d'approche, ce style unique s'étoffe de parades, de contres, de projections différentes et d'un mode rage au fur et à mesure de votre avancée. Ajoutons à cela des armes variées, et des coups spéciaux toujours plus brutaux et "over the top" qui peuvent maintenant dépendre de l'endroit où vous êtes ou de si vous avez un PNJ amical avec vous, et nous avons la meilleure expérience de combat de la série, jouissive et toujours surprenante.
D'ailleurs, parlons de votre avancée. Cette fois, votre expérience est divisée en plusieurs catégories, et vous pourrez débloquer de nouveaux traits ou améliorations en dépensant de l'expérience de chaque catégorie, ou un mélange de plusieurs. Ça peut paraître compliqué mais ça ne l'est pas, grâce à un menu de progression simple. Chaque activité vous fera gagner un certain type d'expérience, que ce soit la bagarre, les mini-jeux, les missions, les exploits, etc... De prime abord, des clopinettes, mais vous aurez toujours tant à faire qu'elles vont vite s'additionner. Et certaines capacités sont toujours bloquées derrière une quête, un objet ou une activité, donc vous aurez tout intérêt à explorer les villes de Kamurocho et Sotenbori à fond !
Le conte de deux cités
Yakuza 2 vous donnera l'occasion de retrouver Sotenbori, le quartier d'Osaka jouable dans Yakuza 0. Vous aurez donc deux terrains de jeu détaillés et fourmillant de choses à faire. Vous cherchez une arène de combat ? Il y en a. Un casino clandestin dirigé par les sans-abris ? Oui, c'est là. Un bar à hôtesses à diriger ? Ou peut-être même des vidéos mettant en scène des jeunes femmes habillées légèrement ? Tout est là. La série Yakuza est bien connue pour ses activités secondaires, et Kiwami 2 ne rougit pas devant ses aînés. Toute activité est prétexte à des scénarios rocambolesques, comme aider vos hôtesses à régler leurs soucis personnels ou prendre des photos de véritables mannequins lors de séquences QTE d'un goût discutable, voir même jouer à un RTS-lite où vous devrez défendre un chantier contre des hooligans venus pourrir les travaux. Et tout ça vous rapportera de l'expérience.
Mais Yakuza, ce n'est pas que s'amuser à faire le fou en ville, c'est aussi une histoire prenante, et des personnages attachants. Un véritable crime-drama qui saura vous arracher des cris d'étonnement, avec une belle mise en scène, des moments poignants, et du grand n'importe quoi de temps en temps. Cet épisode ne fait pas exception, et on s’intéresse ici à un événement du passé de Kiryu qui le mêle au destin d'une faction criminelle ayant été chassée de Kamurocho par son père adoptif. Le complot qui couve se dévoile alors petit à petit, et il est difficile de savoir qui agit de son propre chef, qui est manipulé, et qui cherche juste à tirer son épingle du jeu. L'antagoniste annoncé, Ryuji Goda, est un personnage grossier au premier abord, mais qui se développe bien le long du récit et dont vous vous souviendrez un moment. Si vous êtes fanas de grandes révélations, de coïncidences improbables et de d'hommes virils exprimant leurs sentiments, Yakuza 2 a tout ça et bien plus.
Toutes les quêtes sont scénarisées, d'ailleurs, et certaines sont si courtes qu'elles sont décevantes, d'autres pourraient bien vous prendre quelques heures. L'important est bien entendu de gagner de l'expérience, mais le pourcentage de complétion est là aussi pour vous rappeler les centaines de choses à faire. On peut souvent distinguer les quêtes importantes grâce à la présence de scènes doublées, contrairement aux petits événements qui ont une mise en scène très pauvre. Mais quoi qu'il arrive, on remarquera la nouvelle traduction française de très bonne qualité, qui respecte les caractères des personnages et ne se prive pas de faire des références quand il le faut. Un ajout des plus bienvenus pour se lancer dans cette saga tentaculaire et si complexe, parfois, dans son scénario.

