Dans le paysage des shoot’em up modernes, rares sont les productions indépendantes capables de capter l’attention dès les premières minutes. Sektori fait pourtant partie de cette catégorie de jeux qui misent autant sur l’intensité visuelle que sur la nervosité du gameplay pour séduire les amateurs de scoring et de sensations fortes. Disponible ce 14 mai sur Nintendo Switch 2, le titre propose une expérience arcade pensée pour les joueurs capables de jongler entre réflexes, anticipation et gestion du chaos permanent.
Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.
Une pluie de néons dans l’espace
Sektori ne cherche pas à raconter une histoire. L’idée principale du développeur était de retrouver l’essence des grands shooters arcade tout en injectant une identité visuelle très moderne. Mais cela ne signifie pas que le jeu manque de personnalité. Le titre nous propulse dans une dimension spatiale abstraite où l’écran devient un champ de bataille saturé de particules lumineuses, de formes géométriques agressives et d’explosions fluorescentes.
Cette approche minimaliste imaginée par Kimmo Lahtinen, un ancien développeur de Housemarque devenu par la suite indépendant, rappelle immédiatement certains classiques du twin-stick shooter et du bullet hell moderne. Pourtant, Sektori parvient à développer sa propre identité grâce à son ambiance cybernétique très marquée. Chaque affrontement donne l’impression d’évoluer dans un programme informatique devenu incontrôlable, où les ennemis surgissent par vagues dans un ballet lumineux particulièrement agressif.
Ici, le joueur est plongé directement dans l’action. Cette philosophie arcade transpire dans chaque aspect du titre. On lance une partie rapidement, on échoue, puis on relance immédiatement une nouvelle tentative avec l’envie de faire mieux. Cette simplicité volontaire fonctionne particulièrement bien sur Nintendo Switch 2. Le format portable de la console épouse parfaitement le rythme du jeu, permettant d’enchaîner des sessions courtes sans jamais perdre cette montée d’adrénaline permanente, et si la tempête d’effets lumineux aurait pu faire trembler la Nintendo Switch, sa petite sœur s’en tire avec les honneurs.
Un gameplay arcade précis et terriblement addictif
Vos premiers pas débuteront avec le mode campagne, où vous débuterez sur une zone extrêmement restreinte, avec quelques ennemis qui poppent. Stick gauche pour déplacer votre vaisseau, stick droit pour tirer dans la direction voulu, et un bouton pour charger dans une direction pour déclencher une onde de choc. C’est tout ce dont vous avez besoin pour démarrer. Petit à petit vous commencez à comprendre les patterns des ennemis. Chaque élimination rapporte des points pour votre score, et vous accumulez de l’expérience pour faire apparaître des jetons d’amélioration. Vous pourrez ainsi améliorer la vitesse de votre vaisseau, ou bien cumuler les jetons pour obtenir d’autres niveaux d’amélioration comme un bouclier, des missiles, ou encore un mode de tir en rafale. Il est donc extrêmement important de réfléchir à comment orienter l’amélioration de votre vaisseau si vous souhaitez faire une longue run. Sektori joue intelligemment avec la montée en puissance. Plus la partie avance, plus l’écran devient chaotique. On meurt souvent, parfois brutalement, mais on y revient toujours avec ce petit « oh allez, une petite dernière pour la route ».
Le titre mise énormément sur le scoring et la rejouabilité. Les différentes parties permettent progressivement d’améliorer sa maîtrise, d’optimiser ses déplacements et de mieux comprendre les patterns ennemis. Cette philosophie arcade à l’ancienne fonctionne remarquablement bien et donne rapidement envie de battre ses propres performances. La particularité du mode campagne repose également sur le fait que l’environnement change de formes (représenté par des cases virant au rouge). Attention à ne pas vous trouver sur ces cases au moment de la transition, car c’est le game over assuré. On notera aussi la présence de boss particulièrement imposants, disposant de leurs propres patterns, et qui devront être éliminés pour espérer arriver au bout du mode campagne.
S’il n’y a qu’un mode de jeu au départ, vous débloquerez d’autres mode au fur et à mesure de vos run, et en fonction de vos performance. Cela aide à maintenir l’intérêt sur la durée. Que l’on cherche simplement à survivre quelques minutes ou à viser les meilleurs scores possibles, Sektori réussit à créer cette boucle addictive propre aux excellents shooters. Vous débloquerez par exemple un mode classique avec une arène fixe, un mode déferlement où vous débuterez avec un vaisseau sur-équipé, ou encore un mode portail qui vous demanderez de profitez au maximum des ondes libérées par ces derniers. Par contre ne vous attendez pas pour autant à une partie de plaisir, le jeu est dur et ne vous laissera pas une seconde de répit, même en mode de difficulté Découverte dans le mode campagne.
Une direction artistique hypnotique portée par une bande-son percutante
Sur Nintendo Switch 2, le jeu impressionne surtout par sa stabilité technique. Malgré la sur-accumulation d’effets visuels, d’explosions et de projectiles simultanés, l’ensemble reste parfaitement fluide. Aucun ralentissement notable ne vient perturber l’action, ce qui constitue une vraie réussite pour un titre aussi chargé visuellement. Sektori assume totalement son identité arcade mêlant futurisme et minimalismer. Le jeu repose sur une avalanche d’effets lumineux, de couleurs néon et de particules qui transforment chaque partie en véritable feu d’artifice numérique. Le titre peut parfois sembler volontairement excessif dans sa mise en scène visuelle, mais c’est précisément ce qui fait son charme. Les explosions envahissent l’écran, les projectiles dessinent des motifs presque abstraits et l’ensemble génère une sensation constante de vitesse et de danger. Cette surcharge visuelle pourrait devenir problématique sur certains jeux du genre, mais Sektori parvient globalement à conserver une bonne lisibilité. Mieux, chaque couleur et chaque effet deviennent des indicateurs instinctifs pour repérer une formation ennemie, un type de bonus, ou un changement de terrain.
La bande-son accompagne parfaitement cette ambiance électrique. Les compositions électroniques renforcent l’intensité des affrontements et participent pleinement à cette sensation d’urgence permanente. Chaque partie ressemble alors à une expérience sensorielle complète, où gameplay, musique et effets visuels fusionnent pour maintenir une tension constante. Casque sur les oreilles, console en mode portable ou sur grand écran, Sektori réussit à créer une ambiance particulièrement immersive malgré son approche minimaliste.

