Nintendo Switch 2

Planet of Lana II: Nintendo Switch 2 Edition

Test Switch 2

Planet of Lana II: Nintendo Switch 2 Edition

Par Mayline - Il y a 6 heures

Près de 3 ans après la sortie du premier opus, Planet of Lana est de retour dans son second épisode : Children of the Leaf, dont la sortie ce 5 mars se fait en simultanée sur l'ensemble des consoles actuelles. Développé par le studio suédois Wishfully et édité par Thunderful, ce jeu d’aventure, de puzzle et de plateforme à défilement horizontal en 2.5D nous entraîne dans un voyage mêlant chronologiquement la suite des événements du premier jeu et les origines de nos protagonistes. Nous incarnons ainsi Lana et Mui, dans cette nouvelle aventure à travers un monde qui associe beauté de la nature et impact des nouvelles technologies.

Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.

Sur les traces d’une origine

Après les événements du premier épisode, Planet of Lana II nous offre un prologue à travers une mise en scène visuelle et narrée par Lana, pour nous rappeler sa première aventure et poser le contexte historique du jeu. Après l’invasion d’une armée de robots sur la planète, sa sœur, Elo a été enlevée ainsi que les autres membres de son village. Lana s’est retrouvée seule et livrée à elle-même jusqu’à ce qu’elle rencontre Mui, un adorable chat robotique. Ensemble, ils ont coopéré pour traverser les obstacles et affronter les envahisseurs mécaniques. Sur le chemin, plusieurs secrets ont été découverts concernant les origines des envahisseurs et des habitants de cette planète, avant de réussir à libérer les habitants du village. Les machines font maintenant partie du quotidien des villageois, où l’harmonie permet de mettre à contribution leurs différentes fonctionnalités. Lana, de son côté, retourne explorer les ruines du vaisseau écrasé découvert dans le premier opus. Elle veut en savoir plus sur l’endroit d’où vient son peuple. Dans ce lieu mystérieux, le calme est interrompu par une toute petite fille, Anua, très proche de Lana, et qui semble adorer jouer et se promener avec elle.

Le début du jeu reprend ainsi les bases du premier épisode, dans le même monde, avec les mêmes personnages à quelques détails près, mais dont le lore semble occuper une place d’autant plus importante. Sur le chemin du retour au village, des humains habillés comme des soldats arrivent aux commandes d’un vaisseau volant, et déposent une pierre dangereuse dont émane une aura bleuté et inquiétante. Anua va s’en approcher de trop près et être atteinte d’un mal mystérieux qui va la plonger dans le coma. Lana est prise de remords de ne pas avoir pu protéger cette enfant, et la ramène en urgence dans le village. En apprenant ce qu’il s’est passé, Elo prend la route à dos de machines, avec d’autres membres du village, pour attaquer les responsables de l’état de santé d’Anua. En parallèle, Rakuen, un homme âgé et savant, qui a déjà sauvé la vie de Lana par le passé, va lui indiquer les différents ingrédients dont il a besoin pour soigner la petite fille. Lana se met donc en quête de ces matériaux à travers les différentes contrées de ce monde. Il n’est pas indispensable d’avoir fait le premier opus pour comprendre les enjeux et événements de cette suite. Néanmoins, il est plus aisé de comprendre les liens entre les personnages, les lieux et l'histoire.

La narration reste solide et efficace tout au long de l’aventure, avec une constance et un rythme remarquable. Les humains vivent maintenant en cohabitation avec les nouvelles technologies, mais il y a un paradoxe dans leurs utilisations. Certains vont les utiliser afin de détourner les ressources de la planète, et mettent ainsi en danger son écosystème. Cela va créer des tensions entre les humains, dont la notion de vengeance se fait ressentir à plusieurs moments de l’histoire. Les voix des personnages sont doublées, sans sous-titres dans une langue fictive, qui laisse au joueur le loisir d’interpréter l’histoire à sa manière, à travers les dialogues, les intonations, l’ambiance, les réactions et les éléments contextuels. La relation entre Lana et Mui est une fois encore l’élément moteur du jeu, qui nous permet de progresser tant scénaristiquement que dans le gameplay. Durant cette aventure, on reconnaît que malgré une intrigue quand même prévisible, l’univers et les émotions entre les personnages sont intelligemment développés. Le jeu nous amène à en découvrir toujours davantage, entre les événements scénaristiques et les flashbacks des origines de Mui. Nous prenons plaisir à suivre et découvrir cette aventure, à la manière d’un film d’animation interactif qui s’étend sur 7 chapitres divisés en plusieurs parties.



Comme cul et chemise

De la même manière que l’histoire, le gameplay est axé sur les intéractions entre Lana et Mui, tous deux dotés de capacités complémentaires pour avancer dans les environnements du jeu. La prise en main des différentes commandes est ergonomique et intuitive et tend vers la fluidité des mouvements de Lana et des actions de Mui. Lana interagit avec l’environnement de différentes manières, elle peut escalader des murs, grimper ou sauter sur des plateformes. Elle peut sprinter, s’accroupir ou glisser sous des parois. Il lui est possible de nager, plonger et interagir avec des éléments présents dans l’eau. Elle peut également actionner des manivelles ou déplacer des objets. Afin de coordonner leurs actions, Lana donne des indications à Mui pour interagir avec l’environnement. Elle lui demande ainsi de rester immobile, de la suivre ou encore d’accéder à des endroits inaccessibles en pointant le lieu ciblé. En fonction des situations, Mui peut ainsi couper des cordes sur lesquelles Lana peut s’agripper, actionner des interrupteurs pour activer des mécanismes, ou encore court-circuiter des objets électroniques et ennemis mécaniques pour se protéger des attaques.

En complément, Lana, grâce à son bracelet, peut reprogrammer et contrôler les robots aériens ou certains cubes magnétiques court-circuités.  Mui étant un chat robot plein de bonnes surprises, il est également en capacité d’incarner certains êtres vivants, en passant d’un poisson cracheur d’encre, à une petite boule laissant sur son passage un traînée inflammable, ou encore une créature qui peut se gorger d’eau et le déverser sur des plantes grandissantes. Quelque soit la proposition, ces séquences sont originales et apportent du contenu au gameplay, qui se diversifie d’autant plus. Nos créatures incarnées ont un rôle bien précis, et il faut les conserver suffisamment longtemps pour atteindre nos objectifs. S’ils se font toucher par un quelconque danger, ils meurent et laissent la possibilité d’en incarner un nouveau de la même espèce, mais également de recommencer notre mission avec lui depuis le départ. Comme la perfection ne peut exister en ce monde, Mui possède quand même un point faible, il est incapable d’aller dans l’eau. Il incombe donc à Lana de l'aider à traverser en lui apportant des plateformes sur lesquelles il peut sauter pour rejoindre la terre en toute sécurité. Certaines fleurs marines peuvent également protéger la créature pour traverser les fonds avec Lana.

Entre nos deux protagonistes, nous avons donc un large panel de capacités à mobiliser afin de venir à bout des différentes énigmes environnementales et avancer dans le jeu. Il est bon de savoir que leurs destins sont liés de tel sorte que si l’un des deux se blesse, la partie se relance au dernier check-point. Les sauvegardes automatiques sont heureusement très fréquentes, ce qui n’impacte pas le plaisir de jeu et donne davantage un aspect du genre Die and Retry. Ce jeu nous réserve diverses phases, en passant comme précédemment décrit par de nombreux moments de puzzles environnementaux, parfois d’une certaine complexité pour avancer dans les lieux. Tout ceci mélangé à des séquences d’infiltration légères ou de plateformes, dans une progression linéaire et donnant sur une exploration contemplative des environnements explorés. Nous soulignons ainsi la diversité de gameplay, que cela soit dans le level-design ou dans la coopération entre Lana et Mui, qui demande une certaine réflexion, et parfois même un réel sens du timing en fonction des situations. Il faudra ainsi observer les mouvements et réactions des menaces environnementales avant d’agir.

Une direction artistique Mui-gnonne

Planet of Lana est un jeu dont il faut reconnaître le soin dans la direction artistique. Les déplacements se font aux sein d’une grande diversité de biomes en passant par les villes et villages de différentes tribus, des fonds marins aux forêts luxuriantes, sans oublier la découverte de ruines ou de montagnes enneigées. Les différents environnements sont peints à la main avec délicatesse et les décors sont jonchés de détails sur tous les plans, ce qui ajoute une certaine profondeur aux environnements explorés. Les tons colorés sont flatteuses pour la rétine, dans une mise en scène cinématographique immersive.  La bande originale, composée par Takeshi Furukawa, à mobilisé une équipe combinant un orchestre symphonique et une chorale sur des influences traditionnelles suédoises. Le rendu auditif s’incorpore avec brio aux visuels que le jeu nous offre, et accompagne l’ambiance générale de chaque partie scénaristique du jeu. L’accompagnement musical est doux, propice à la découverte, et retranscrit le calme, l’émotion ou la gravité des situations avec cohérence.

Le thème principal du jeu est mis en avant dans de nombreux moments. Mêlé au gameplay, l’association des 5 premières notes permet de communiquer avec les robots. Ce son reste en tête et fonctionne sur des sonorités douces et rassurantes, avec un impact positif sur les fois où elle est utilisée. Le jeu a une forte personnalité dans son ambiance, propice au voyage et à la découverte, mais également dans la prise de conscience que l’histoire suscite. On ressent un vrai contraste entre la beauté des lieux et l’impact des humains dans l’utilisation qu’ils font de la technologie, et des dégâts occasionnés sur la faune et la flore. Lana, désormais plus âgée, est confrontée à des thèmes plus matures et sérieux, parfois avec un impact qu’elle va découvrir à ses dépens. L’accent est mis sur les liens entre les protagonistes à travers l’entraide et l’envie de protéger ses proches. La complicité entre Lana et Mui est indéniable, et les liens avec l’ensemble des personnages principaux sont forts, à l’image des liens familiaux. Cette idée se retrouve dans le dessin qu’Anua offre à Lana, où les personnages forment une famille.

Les relations entre Lana et son entourage sont touchantes et savent retranscrire l'amour qu'ils se témoignent. Les animations sont fluides et le jeu ne présente aucun problème technique majeur. On relève toutefois que certaines transitions entre les zones peuvent couper légèrement le rythme de l’exploration. Pour étoffer le lore, une seule quête secondaire est disponible durant la partie, où l’on doit retrouver des coffres dans les différents chapitres du jeu. Ces coffres renferment des morceaux d’hologrammes secrets, dont la présence reste anecdotique mais permet de renforcer l’interprétation de l’histoire du jeu. Le seul bémol concerne le manque d’indication sur l’obtention ou non des collectibles dans un niveau. Cela limite la rejouabilité, car même s’il est possible de relancer les niveaux à travers les différents chapitres, l'intérêt de compléter les pièces manquantes peut être légèrement entravé. D’une durée de vie d’environ 7 heures, il n’y a pas de difficulté particulière à parcourir le jeu, qui met davantage l’accent sur son aspect scénaristique. Ainsi, l'exploration et les puzzles peuvent parfois demander réflexion et coordination, mais n’impacte en rien l’avancée dans l’histoire.

8
Planet of Lana II remplit son cahier des charges avec adresse. C'est un jeu d'aventure narratif et contemplatif parsemé de nombreuses énigmes environnementales pour avancer. Le rythme est maîtrisé et permet au joueur d'en apprendre toujours davantage au fil de sa progression. Le gameplay est varié et intuitif, tandis que le switch entre les capacités de Lana et Mui se fait de manière fluide. La direction artistique est soignée et donne sur divers détails visuels et auditifs qui ajoutent une véritable immersion, dans une ambiance touchante et à l’impact fort. Planet of Lana II se veut plus élaboré sur tous les plans et nous laisse même le loisir d’espérer un troisième épisode.

  • La qualité de la bande son
  • L’ambiance générale du jeu
  • Les décors truffés de détails
  • Des puzzles environnementaux astucieux
  • La fluidité de gameplay entre Lana et Mui
  • La transcription des liens entre les personnages
  • Manque d’indication sur les collectibles manquants en post-game
  • Les transitions entre les zones qui cassent parfois le rythme de l'exploration
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