Si on vous dit One Piece, vous pensez aventures, bagarres, piraterie et blagues stupides. Mais si on vous disait qu’un jeu allait se concentrer sur Sanji en particulier ? Quoi ? Ce serait un jeu de drague ? Bon, peut-être, mais pas cette fois ! Bienvenue dans One Piece : Grand Gourmet, le jeu de gestion de restaurant !
Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.
Le restaurant le plus dingue du monde !
L’histoire est très simple : lors de leurs aventures, l’équipage du Chapeau de Paille est séparé. Luffy et Sanji, toujours ensemble, découvrent deux vaisseaux arborant l’emblème du Baratie, le bateau-restaurant, en train de se battre. En allant voir ce qu’il en est, ils découvrent qu’un imposteur se faisant passer pour Luffy et son équipage a construit un faux Baratie et ternit la réputation du restaurant de Sanji. Ni une ni deux, il est temps d’aider le vaisseau perdant, de redorer le blason du Baratie, de retrouver l’équipage de Luffy et de botter les fesses du faux équipage du Chapeau de Paille !
One Piece : Grand Gourmet est un jeu de gestion « light » dans lequel il n’est pas difficile de gérer quoi que ce soit. Du fait de sa nature de jeu pensé pour mobile, il doit rester addictif, être jouable en petites sessions et offrir un flux constant de récompenses, ce qu’il fait très bien. Au début, Luffy part chercher des ingrédients, Sanji imagine de nouveaux plats et vous les assemblez en menus. Pas besoin de gérer l’approvisionnement : une fois un plat découvert, il reste disponible. En plus de ça, vous devez aussi aménager l’intérieur du restaurant : où placer les tables et les décorations, par exemple. Chaque décoration rend vos tables plus attrayantes et donne envie aux clients de commander, mais le tout doit rester accessible.
La complexité arrive vite : chaque client peut vous proposer de nouveaux plats lorsqu’il est satisfait, ce qui vous oblige à réunir de nombreux ingrédients. De plus, une fois un certain seuil de satisfaction atteint, les clients peuvent vous donner accès à de nouveaux bâtiments ou services à construire, comme une salle de tir, un coin café ou une table spécialement conçue pour les géants. Rapidement, votre « restaurant » devient en fait un véritable petit parc d’attractions rempli de boutiques, de monstres marins à observer ou de salles à thème, pour le plaisir (et l’argent) des clients ! Il faut bien une salle pour les officiers de la Marine, non ? Alors, faites plaisir à Kobby et Hermep, et ils vous donneront la recette du sol de la Marine pour que ces messieurs-dames aient de quoi manger loin des pirates ! Et si vous remplissez une condition particulière pour un client, comme servir son plat favori ou construire un quai pour bateau, il deviendra « fan » et vous suivra même si vous changez de mer ! De quoi vous assurer un beau revenu, même au début d’un nouveau chapitre.
Vous avez commandé du fan-service ?
Une fois les clients installés, certains pourront vous indiquer où se trouvent vos amis de l’équipage. Et là, le jeu démarre vraiment : chaque membre de l’équipage a sa propre fonction et apporte une nouvelle couche au gameplay. Nami peut négocier les prix et acheter des ingrédients, Franky peut agrandir le navire et fabriquer des décorations pour les salles, Usopp peut embellir vos menus et leur donner des effets spéciaux, etc. Il y a toujours un truc à faire ! Les clients eux-mêmes peuvent vous proposer des stands qui donneront accès à des mini-jeux ou attireront d’autres clients. Le système s’alimente ainsi très vite de lui-même, tant que vous avez les ressources nécessaires pour le faire tourner. Enfin, ce n’est pas vraiment un problème : le jeu vous renfloue généreusement à plusieurs reprises si jamais vous passez dans le rouge. Car oui, vous avez des frais d’entretien et de personnel !
Mais quel personnel ! C’est très simple : absolument tous les personnages de One Piece sont là, ou presque. De Baroque Works au vendeur de vêtements à la coiffure en cintre de Rogue Town, en passant par l’Escadron des Super-Canards, les hommes-poissons et même des visages de la « saison deux », après les deux ans de pause, comme Kaido et Big Mom, sans oublier Carotte et les différentes versions de certains personnages, comme Kobby. Et comment le jeu gère-t-il tout ça ? Très légèrement ! Nous sommes là pour nous amuser et nous plonger dans nos souvenirs, pas pour établir une chronologie cohérente ! Ainsi, Bellamy peut manger tranquillement en compagnie d’Ener et taper la discute en sirotant un milk-shake apporté par la princesse Vivi. Car oui, moyennant finance et à condition qu’un personnage soit « fan », on peut même engager n’importe lequel d’entre eux, que ce soit au service ou sur les stands. Franchement, qui refuserait Mr. 2 au service en salle ? En plus, le pixel art est détaillé et très joli, avec des animations souvent uniques et drôles pour les personnages, ainsi qu’un très grand nombre de meubles et de salles qui vous plongeront dans l’univers unique de One Piece, et ce, pour très longtemps ! Comptez au moins 10 heures de jeu pour avoir une chance de découvrir la majeure partie du contenu.
Un rythme effréné, partout, tout le temps !
Difficile de s’ennuyer dans One Piece : Grand Gourmet, même quand on attend que les sous tombent. Il y a toujours quelque chose à faire ou à optimiser. En fait, il est difficile de s’arrêter, au sens littéral, car le jeu ne possède pas de véritable bouton de pause et les dialogues et notifications ne s’affichent que pendant quelques secondes. Ça doit aller vite ! Bien trop vite ! Il est souvent frustrant de rater ainsi une information alors qu’elle vient tout juste d’apparaître, ou de ne pas pouvoir s’attarder sur les détails des animations. Malgré la mention « Auto : Off », tout continue de défiler sans pause, ce qui est désagréable : votre restaurant prend très vite des allures de parc Theme Park à un stade de développement très avancé, tant il se passe de choses à l’écran. Oui, le jeu est plutôt automatisé, mais pourrait-on souffler ?
En parlant de Theme Park et d’autres jeux de gestion connus et appréciés, on peut déplorer le manque de microgestion du jeu, qui vous prémâche tout ou presque. Placer les clients, prendre les réservations, gérer les stocks, régler les prix des menus, veiller à la propreté, gérer les relations entre les clients ? Non, pas ici : on oublie, vous êtes là pour gérer les ressources. C’est un jeu de chiffres et, sans l’habillage One Piece, il serait carrément moins sympa. De plus, la gestion de l’espace est très moyenne, et déplacer vos installations relève de la corvée, quand cela reste possible. Entre l’angle de vue fixe, les agrandissements du bateau par incréments et tout ce qui se passe à l’écran, sans compter l’impossibilité de déplacer une structure existante sans la remplacer, on en reste souvent au bricolage plutôt qu’à la véritable gestion. Si l’origine mobile du titre explique ces limitations, son interface mérite tout de même d’être peaufinée. On a quand même droit à un mode souris sur Switch 2, qui convient parfaitement au jeu, même si la manette fonctionne très bien également.


