Alors que l’état de santé du studio Polyarc Glassbreakers est plus que préoccupant après le licenciement des deux tiers de ses effectifs en mars et l’annulation d’un projet majeur faute de financement, la sortie de Moss: The Forgotten Relic permettra peut-être au studio de sortir la tête de l’eau. Initialement pensée pour la réalité virtuelle, Moss est de retour en ce mois de juillet sur consoles avec un gameplay repensé et adapté aux consoles de jeu. C’est donc manette en main et casque VR au placard que nous nous sommes lancés dans cette aventure.
Test réalisé à partir d'une clé Nintendo Switch 2 fournie par l'éditeur.
Une petite souris qui fait tomber des dents
Derrière le nom de Moss: The Forgotten Relic se cache en réalité une compilation de deux titres : Moss Livre 1 et Moss Livre 2, sortis initialement sur casques VR. Dans les deux jeux, vous incarnez le Lecteur, un être mystérieux lié à Quill, une jeune souris héroïque partie secourir son oncle capturé. La rencontre entre les deux personnages a été rendue possible grâce à une mystérieuse relique de verre ramassée par la petite Quill. Invisible pour son entourage, le Lecteur a pourtant la faculté d’interagir avec sa petite camarade et, surtout, avec l’environnement.
Cette aventure mêle ainsi exploration, énigmes et combats dans un univers féerique où le joueur et son héroïne doivent coopérer pour progresser. Si le premier opus se concentre sur le sauvetage de l’oncle de Quill, le second opus est quant à lui une suite directe et vise à éliminer la menace des Arcans ayant conduit aux événements du premier livre, tout en approfondissant le lore du jeu. Comptez en tout une dizaine d’heures pour voir le bout de l’aventure, une durée de vie correcte pour un jeu initialement pensé pour la VR, mais qui pourra peut-être sembler un peu courte pour certains. Le prix du jeu étant toutefois de 18,99 € sur l’eShop, on est sur un rapport qualité-prix correct.
Un jeu co-op… en solo
Si nous contrôlons Quill grâce au joystick gauche de la manette, le personnage que nous incarnons est bel et bien le Lecteur et non la petite souris. Cela explique ainsi pourquoi nous voyons l’action avec un regard éloigné, comme si nous suivions l’histoire dans les pages d’un livre. Cela permet d’avoir un aperçu global des zones de jeu, mais aussi de pouvoir manipuler la faune et la flore de l’univers de Moss. Si Quill peut attaquer avec son épée, sauter, grimper et esquiver, les pouvoirs du Lecteur sont également essentiels à sa progression. Grâce à une pression sur la touche ZR, le Lecteur peut ainsi déplacer des ennemis, soigner Quill ou même prendre le contrôle de certains adversaires pour les forcer à utiliser leurs capacités sur l’environnement, par exemple.
Si le premier livre reste assez chiche en termes de possibilités de gameplay, le second apporte quant à lui un peu plus de variété, avec la possibilité de déplacer des objets avec Quill lorsqu’elle est dessus, de nouvelles phases d’escalade, ainsi que de nouveaux pouvoirs à débloquer, aussi bien pour le Lecteur que pour Quill via ses armes. Les collectibles ont d’ailleurs un plus grand intérêt dans le second livre puisque ce sont eux qui permettent de débloquer de meilleurs équipements en récupérant suffisamment de « poussière » pour ouvrir des pièces cachées. Le jeu se permet également, outre les phases d’exploration, quelques combats de boss qui demanderont un peu de réflexion.
Un vrai conte de fées interactif
Premier point appréciable, le jeu dispose de sous-titres et d’un doublage intégralement en français. Nous avons ainsi une narratrice qui nous raconte l’histoire et interprète les « voix » des personnages comme si elle contait un conte à un enfant. Le doublage est de très bonne facture. Quant à l’aspect graphique, le jeu est découpé en micro-zones de jeu. Cela permet de proposer des panoramas très agréables à l’œil, mêlant excursions dans des lieux naturels et architectures plus sophistiquées comme un château, une mine ou une serre, par exemple. On y aperçoit d’ailleurs des vestiges de l’humanité, complètement absente de l’histoire. Côté progression, le jeu est divisé en plusieurs chapitres, et il est possible de rejouer chacun d’eux pour récupérer tous les collectibles. Hormis dans le second livre si l’on souhaite obtenir tous les équipements, la rejouabilité reste toutefois assez limitée.
Les développeurs ont également fait un bon travail de transposition en rendant le jeu compatible avec les consoles au lieu de la VR habituelle. Quelques couacs techniques sont toutefois encore présents à l’heure où nous écrivons ces lignes, comme des bugs de collision ou des soft locks à certains endroits précis (heureusement, on peut recommencer la pièce via le menu Options). Les musiques s’adaptent parfaitement à l’ambiance des deux opus. Si elles sont plutôt discrètes dans le premier livre, elles semblent un peu plus présentes dans le second et arrivent à apporter du poids à certaines scènes. Quant aux petites expressions de Quill lorsqu’elle réussit une étape cruciale, elles contribuent elles aussi au charme de l’aventure.

