Pas facile d’arriver après un grand du genre. Après le triomphe de Silksong en fin d’année dernière, MIO: Memories in Orbit a quand même réussi à attirer l’oeil de beaucoup. Alors, est-ce qu’un petit studio français va encore une fois créer la surprise et secouer un genre ?
Test réalisé sur une version Switch 2 fournie par l’éditeur
Dark Souls + Metroid + des robots
Difficile de raconter l’histoire de MIO: Memories in Orbit, surtout sans spoiler. Vous être un robot dans une station presque abandonnée, abîmée et gelée en partie. Quelque chose s’est mal passé et les différentes parties de la colonie robotique se sont déconnectées, les robots sont devenus fous et rien ne va plus. C’est dans ce contexte que vous vous éveillez. Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous là ? Et pourquoi maintenant ? Chercher toutes ces réponses fait partie du fun. Ce qui est certain, c’est que vous allez devoir chercher les pièces du puzzle par vous-même et les assembler à l’aveugle pour tout savoir.
MIO porte sans honte la marque de ses illustres inspiration : l’histoire cryptique, ainsi que le level design travaillé de Dark Souls, l’exploration et la progression des meilleurs Metroid, et bien entendu, des ajouts qui lui sont propres. C’est un mélange immédiatement familier, mais qui réussit à surprendre grâce à quelques parti pris audacieux. Par exemple, les checkpoints sont peu nombreux, et c’est surtout en débloquant des raccourcis que vous allez vous épargner des aller-retour. Le monde paraît austère, mais c’est votre exploration qui va dénicher de nouveaux marchands et alliés qui vont vous rejoindre.
C’est une progression lente au début et qui pourrait rebuter, mais heureusement, le jeu vous offre plusieurs options de difficulté intelligentes, comme de rendre les ennemis plus passifs à votre égard, ou de garder le vie des boss telle quelle entre vos essais. On sent bien ici une volonté de game design plutôt qu’une bête sélection de modes de difficulté. Le jeu respecte votre intelligence en ne vous tenant pas la main, mais propose des garde-fous et solutions pour peu que vous soyez investis et intéressés, ce qui est une approche honorable et novatrice, entre le manque de pitié des Souls et l’abondance de marqueurs de quêtes symptomatique des jeux mid-tier du moment.
Un jeu mélancolique, mais beau
Au delà de son gameplay, MIO propose de graphismes en 3D stylisés, à l’aspect crayonné et pastel agréable, et qui sait se renouveler, avec quelques passages surprenants tout en vecteurs. Il est facile de distinguer les éléments importants, les ennemis, les alliés, les objets, etc. Certains moments modifient même votre perception du monde en changeant les graphismes eux-mêmes. Quand au musiques, elles sont très diverses, allant d’ambiances froides à des morceaux rythmés pour les boss, et ce en passant par beaucoup de styles différents. Un très bel habillage en fait.
Alors est-ce que ce jeu est un petit chef d’œuvre ? Il est très réussi, oui, mais il garde un rythme très lent, et si vous n’êtes pas réceptif aux fragments d’histoire proposés ou à ce monde de robots, il devient difficile de rester intéressé. Le manque de points de sauvegarde est également plutôt frustrant si on ne veut pas activer les options d’aide, mais cela sera un choix personnel. Par contre, les combats, eux-restent durs, et manquent plutôt de rythme et d’impact. Les ennemis ne réagissent que peu, ou pas à vos coups et vous manquer de vitesse et d’options, surtout en début de jeu, sans compter que votre barre de vie est riquiqui ! Tout cela s’additionne pour donner un MIO une première impression qui peut être délétère. Pourtant, impossible de douter du talent et travail qui composent ce titre de qualité.

