Dans un paysage JRPG souvent dominé par des épopées grandioses et des combats épiques, la série Blue Reflection se distingue par son approche intimiste et poétique. Développée par Gust (Koei Tecmo), cette saga met en scène des lycéennes devenues Reflectors (une sorte de magical girls) qui luttent contre des menaces nées des émotions humaines, tout en naviguant dans les joies, les doutes et les relations de la vie scolaire. Avec Blue Reflection Quartet, sorti le 30 juillet 2026, l’éditeur propose enfin une compilation définitive qui regroupe les quatre opus de la franchise : le jeu original remastérisé, Second Light, ainsi que des adaptations console de Sun (jeu mobile) et Ray (inspiré de l’anime). Dans ce test, nous passerons en revue chaque titre à travers son histoire et son gameplay, avant d’analyser la compilation dans son ensemble.
Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.
Blue Reflection
L’histoire suit Hinako Shirai, une ancienne danseuse classique contrainte d’arrêter sa passion à cause d’une blessure au genou. Transfert dans un lycée de filles, elle rencontre les sœurs Shijou qui lui confèrent le pouvoir de Reflector. Elle bascule entre la vie scolaire ordinaire et le « Common », un monde né des émotions humaines où elle affronte des menaces existentielles. Le récit explore la jeunesse féminine, les amitiés, les traumatismes et la reconstruction personnelle à travers des histoires intimistes de camarades de classe.
Le gameplay repose sur un cycle jour/nuit : vie lycéenne avec dialogues, choix relationnels, missions secondaires et crafting, puis exploration du Common pour des combats en tour par tour sur une timeline inspirée de Grandia. On accumule des fragments d’émotions pour renforcer les compétences, et les liens d’amitié débloquent des soutiens puissants. Le système offre une bonne personnalisation via les fragments équipés, même si la difficulté reste très accessible et les environnements répétitifs. Les améliorations du remaster (vitesse de déplacement, autosave, textures HD) rendent l’expérience plus fluide qu’à l’origine.
Blue Reflection: Ray (adaptation de l’anime)
L’histoire met en scène Hiori et Ruka, deux Reflectors aux visions opposées qui s’affrontent dans le Common tout en explorant des conflits émotionnels profonds autour de l’espoir, du désespoir et de la recréation du monde. Cette version ajoute un prologue et un épilogue qui relient mieux l’anime au reste de la saga, avec des fragments de mémoire à collecter pour revivre les événements clés et de courtes histoires inédites. Le ton reste très anime, centré sur les idéaux et les relations intenses entre personnages.
Le gameplay est très léger et proche d’un visual novel interactif : exploration du Common pour ramasser des fragments, quelques séquences de combat limitées et une présentation en 3D des personnages principaux. Il n’y a pas de système de progression profond ni de vie scolaire étendue. L’expérience mise avant tout sur la narration et les cinématiques, avec des illustrations exclusives de Mel Kishida. C’est plus une façon agréable de (re)vivre l’anime en 3D qu’un vrai jeu complet, ce qui peut décevoir ceux qui cherchent du gameplay consistant.
Blue Reflection: Sun
L’histoire se déroule dans un monde au bord de la destruction. Vous dirigez une escouade de Reflectors (avec un protagoniste masculin inédit dans la série) qui lutte contre la corruption et les Ash-born tout en maintenant l’espoir à l’académie. Le récit met l’accent sur la résilience, les liens d’équipe et la lutte contre un destin tragique, avec des connexions claires aux autres opus via de nouveaux événements.
Le gameplay reprend la structure console : exploration de l’académie, interactions avec les personnages et combats basés sur le système de Second Light (timeline, Break, transformations). Les batailles emblématiques du mobile sont reconstituées, avec un roster élargi et moins de grind gacha. La progression est plus linéaire et condensée, avec des événements fixes. C’est une version retravaillée qui offre enfin une expérience offline complète, même si elle reste plus courte et moins ouverte que les jeux principaux.
Blue Reflection: Second Light
L’histoire suit Ao Hoshizaki et d’autres filles amnésiques réveillées dans une académie mystérieuse entourée d’eau. Elles doivent retrouver leurs souvenirs, comprendre ce monde et affronter leur passé tout en vivant un « dernier été ». Le scénario approfondit les thèmes de l’identité, des regrets et des connexions humaines, avec des liens forts aux événements des autres opus (notamment Ray et Sun). C’est souvent considéré comme le pic narratif de la saga.
Le gameplay est le plus abouti : vie scolaire riche (cuisine, photo, interactions), crafting et un système de combat très fluide avec timeline, Ether, Gear et transformations spectaculaires. Les requêtes et liens sociaux offrent une progression classique et gratifiante. Les ajouts du remaster (personnages bonus de Ray/Sun, vitesse accélérée, fast-forward) en font la version définitive. C’est le titre le plus équilibré et le plus agréable à jouer sur la durée.
Blue Compilation
Blue Reflection Quartet propose une expérience complète de la saga pour un tarif très correct avec des remasters soignés des deux jeux principaux et des adaptations honnêtes des deux autres. Techniquement, les titres s’en sortent plutôt bien même si un léger aliasing persiste et que certaines animations accusent le coût aujourd’hui. Cette version Switch 2 reste fluide mais avec un framerate souvent limités à 30 fps (il aurait été possible de faire mieux). Il faut aussi retenir que la forme de chaque jeu repose sur une architecture assez archaïque et très couloir. Ce n’est pas un défaut en soit compte tenu de la proposition, mais il est bon de le savoir.
Visuellement, le style spécifique de Mel Kishida brille toujours : modèles de personnages expressifs, effets d’eau magnifiques et direction artistique poétique. La bande-son est excellente, calme et émotive, avec des thèmes mémorables qui renforcent l’atmosphère. Scénaristiquement, la compilation brille par sa base de données de référence (chronologie, relations, glossaire) qui unifie parfaitement l’univers. Par ailleurs, cette série sort un peu des sentiers battus avec cet univers Magical Girl plutôt attachant. La compilation offre aussi un contenu détaillant chaque personnage, des arts works, etc. afin de profiter de contenu bonus enrichissant le contenu.

