Inaugurée en 2005 avec Nightmare Troubadour, la série Yu-Gi-Oh! ne cesse de nous abreuver de nouvelles itérations chaque année sur Dual Screens, et après tout est-ce vraiment un mal ? Le football virtuel possède bien ses PES et Fifa, les jeux de cartes ont depuis plus d'une demi-décennie leur Yu-Gi-Oh.
L'avantage avec cette licence, c'est qu'en plus de réactualiser chaque année le nombre de cartes disponibles (on atteint dans cette épisode les 2 800), elle s'adapte en fonction de l'évolution de l'animé. Ainsi, la première saison avait eu le droit à son homologue Nightmare Troubadour, la GX à Spirit Caller et c'est donc tout naturellement que la petite dernière, 5D, a le droit à son Stardust Accelerator.
Mais qui ne connait pas la série avec cette dernière saison diffusée depuis près d'un an sur Canal J et Gulli ? Dans un souci de clarté et de compréhension pour le lecteur non initié voici un bref rappel des événements tenant places dans ce troisième cycle de la saga.
Après Yu-Gi et Jaden dans GX, c'est désormais Yusei Fudo qui occupe la place très convoitée de main protagoniste. Dans un contexte troublé, celui-ci tente de récupérer sa carte de dragon et pour cela il quitte Satellite pour rejoindre Neo Domino City (NDC). En effet, l'ancienne Domino City a été divisée en deux parties : Neo Domino City qui est la partie riche disposant de l'essentiel des ressources, notamment énergétiques, et Satellite qui s'assimile plus ou moins à un immense Ghetto comme à la belle époque de l'apartheid.
Yusei, venant de Satellite, est amené à s'infiltrer à NDC où il affronte Jack, le vilain mécréant lui ayant volé sa carte, et le bat à la régulière.
Seulement un concours de circonstance fait que Yusei est forcé de participer à la Fortune Cup, la compétition locale la plus importante en terme de card-game. Pris au dépourvu Yusei parviendra-t-il à l'emporter ? N'y a-t-il donc pas un sinistre complot millénaire (et même cinq fois) qui se tramerait en parallèle de la compétition ? Le monde sera-t-il à nouveau en danger ?
Tant de questions et si peu de réponses...que ne vous apportera d'ailleurs pas le jeu.

En effet en lieu et place de Yusei vous incarnez une "coquille vide" comme certains RPG ont l'habitude de nous gratifier. Cette fois-ci le personnage est amnésique et retrouve peu à peu sa mémoire en accumulant les duels, original. L'identification du bambin lambda avec le bonhomme en est d'autant plus renforcée que ses vêtements ainsi que ses cheveux sont customisables dans des proportions raisonnables. Le joueur plus chevronné acceptera sans sourciller, une fois de plus, d'incarner un personnage plat et inintéressant et c'est là tout le problème de ce nouveau mode aventure.
Car si l'effort a tout de même le mérite d'être salué, le mode aventure vous permettant d'arpenter un monde en full 3D comme dans un vrai RPG "fascinant" (dixit la jaquette) s'avère être désespérément plat et guère passionnant. Le semblant de scénario contribue à la relative banalité de l'ensemble en nous alignant à la pelle des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres au background totalement inexistant. Le moteur 3D complètement dépassé, même pour de la DS, vient achever ce qui à l'origine partait d'un bon sentiment.
Comme à l'accoutumée dans les Yu-Gi-Oh l'intérêt du jeu se situe essentiellement au niveau des duels qui s'améliorent d'épisode en épisode.
Suivant à la lettre les règles du jeu de carte sur table, ceux-ci peinent tout de même à évoluer d'un point de vue graphique (même si des centaines de sprites répondent présents) avec notamment une meilleure utilisation des deux écrans lors des invocations ou les rixes en 3D.
Les autres aspects restent inchangeables et procurent toujours le même plaisir de jeu "comme dans l'animé" avec des retournements de situation en veux-tu en voilà grâce à des cartes toujours plus (trop ?) efficaces, une IA impitoyable susceptible de provoquer la crise de nerfs et un deck sans cesse renouvelé par la quantité incroyable de cartes incluses dans cet épisode.

Aux duels classiques viennent également se greffer les Turbos Duel "comme dans l'animé". Le principe diffère légèrement des duels normaux en prenant en compte les points de vitesse et en demandant la création d'un deck dédié puisque les cartes magies utilisables ne sont pas exactement les mêmes. De même, et puisque l'on parle de la moto, des courses simples seront disponibles, bien que loin d'égaler les meilleurs du genre, leur rareté permet de se rendre relativement appréciable avec des classiques boost, rampes et obstacles qui paveront votre chemin.
Plus complet d'année en année, Stardust Accelerator demeure tout de même un jeu adressé aux fans, la complexité de la création de decks et le vocabulaire "Yu-Giesque" font de lui un jeu restant, hélas, un poil trop élitiste. L'IA d'une rare qualité et totalement impitoyable est donc à la fois sa grande qualité et son talon d'achille, les fans n'ont donc pas à hésiter un seul instant et jouiront d'un mode multijoueur online, ou offline, relativement complet. Les novices eux feraient mieux de passer leur chemin ou de se préparer à encaisser de mythiques "grosses branlées" si vous me permettez l'expression.


