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Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate

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Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate

Par everred - Le 04/02/2013 à 16:45

Attendu de pied ferme par les nombreux adorateurs de la série, Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate a le lourd fardeau de lui faire honneur tout en s'installant sur un nouveau support, ce qui n'est déjà pas chose aisée. Mais plus que tout, il doit synthétiser ce qui s'est fait de mieux au fil de la saga et ce, quelles que soient leur nombre de dimensions. Un pari risqué oui, mais le jeu en vaut la chandelle...

 

La trilogie Lords of Shadow a beau ne pas s'inscrire dans la chronologie principale de la série Castlevania, elle a réussi à se créer son propre univers tant et si bien qu'aujourd'hui, il paraît difficile de la voir disparaître sans autre forme de procès. Et comme Mirror of Fate prétend à faire le lien entre les deux autres opus, un petit rappel s'impose. Dans le but de ressusciter sa femme, Gabriel Belmont a voué sa vie à la destruction des Seigneurs Noirs. Couronnée de succès, sa quête s'est malheureusement terminée sur une impasse le transformant en Dracula. C'est donc Trevor, son fils caché que l'on incarne lors d'un prologue permettant de se familiariser avec le jeu. De l'habit au visage, Trevor est le portait craché de son père et même sa situation risque de faire tiquer les joueurs puisqu'on le retrouve perdu au milieu d'une forêt, désossant violemment des loups garous. C'est vaguement gore et ça suffit amplement pour donner le change sans verser dans le mauvais goût. De toutes façons, votre rixe contre les lycanthropes ne sera pas de longue durée, juste le temps de s'habituer aux commandes, car bien vite, un boss démesuré débarquera sur scène histoire de nous mettre des bâtons dans les roues. Une apparition aussi inattendue que vite expédiée, notre bonhomme se chargeant de faire tout le combat en cinématique avant de clore par le même coup cette mise en bouche.

Waw. Constat numéro un : ça rame, c'est bourré d'aliasing et pourtant ça en jette. Le premier problème sera sans doute réglé à la sortie de la version finale, le second probablement pas, mais on s'en fiche, ça tape clairement dans le haut du panier des jeux sur 3DS. Et de toutes façons, ces mêmes soucis n'avaient pas empêché son prédécesseur de briller. L'introduction passée, on nous laisse le droit d'admirer une cinématique en cel-shading de grande classe, qui ferait presque regretter les polygones qui nous servent de personnages. Un détail bizarre tout de même : l'absence totale et "naturelle" de synchronisation labiale. Qu'importe, quelques minutes plus tard nous pouvons déjà incarner Simon, cette fois le fils de Trevor. Pas vraiment sculpté comme un elfe, l'énergumène a tout du gros bourrin, barbare, velu, et roux. Visiblement peu enclin au sommeil, il cherche à se venger de Dracula, qu'il estime responsable de la mort de sa mère. Pourtant derrière son imposante stature se cache un homme leste et souple, capable de manier le fouet avec aisance et de sauter de toits en toits avec une grâce que ne renierait pas Ezio, même si parfois, sa physique parait un poil lunaire.

Le schéma de l'aventure se déroule de manière relativement classique et fait très largement penser aux Castlevania originaux, une source d'inspiration que les développeurs n'ont pas cherché à cacher. Beaucoup de joueurs pensent que la série n'a gagné ses lettres de noblesses qu'en s'inspirant librement de Metroid, dans un style de jeu dont Symphony of the Night représentait sans doute l'apogée. Mirror of Fate est plus dirigiste mais qu'on ne s'y trompe pas, on demeure assez loin de la bête ligne droite prédite par les détracteurs. L'exploration est donc présente, qu'elle prenne la forme de coffres à débusquer, de raccourcis à ouvrir, de téléporteur à débloquer ou encore de parchemins à récupérer sur des corps gisants. Mais globalement, le titre préfère mettre en avant combats et bien sûr d'inévitables séquences de plates-formes. Pour guider le joueur, un esprit mystérieux, qu'on se gardera bien de juger, viendra en aide aux différents héros afin qu'ils puissent tous arriver à leur but final. Si cela ne suffisait pas, le jeu a aussi eu la bonne idée de permettre aux joueurs de poser des marqueurs sur sa carte pour se souvenir des emplacements clefs ou même des objets encore inaccessibles. Il se permet en outre d'afficher des environnements extrêmement variés et chaque zone contient son lot de "salles" marquantes. Les grottes immergées du début du jeu laissent vite place à des décors plus exotiques, qu'il s'agisse d'une prison verticale, de ruines aux teintes sépia, de balcons envahis par le chiendent, ou même d'un théâtre aux relents de Silent Hill 3.

Le système de combat est quant à lui totalement repris du premier Lords of Shadow au même titre qu'un certain nombre de combos. Seule différence notable : les attaques de zone ratissent désormais les airs. On se retrouve alors avec un hybride très intéressant quoiqu'assez peu usité de beat'em all et de plate-forme 2D. Combattre des ennemis rapportera encore une fois des points d'expérience qui permettront à nos personnages de monter de niveaux et de débloquer de nouvelles techniques. Quelques armes secondaires étaient bien entendu disponibles : les haches et une sorte de molotov old-school, les deux pouvant se montrer utiles face à des adversaires particuliers. On retrouve également une garde qui s'enclenche en appuyant sur les gâchettes et qui peut permettre de contre-attaquer avec un bonus de dégâts, si elle est placée au bon moment ; une fonction qui peut se montrer salvatrice dans beaucoup de cas, les ennemis n'hésitant pas à attaquer de tous bords, un détail laissant une marge de manoeuvre bien plus réduites aux roulades servant à esquiver. Pour autant, la difficulté nous a parue bien dosée et nous avons essuyé quelques morts, dont certaines un peu stupides ("ah les chutes sont mortelles maintenant ?"), sans jamais avoir à nous arracher les cheveux. Si la traversée devait réellement vous poser problème, il serait possible de modifier la difficulté à la volée moyennant une simple pression du bouton start.

Pour parfaire le tableau, nous avons pu nous essayer à deux formes de magie inédites se matérialisant littéralement sous la forme d'esprits protecteurs, l'un tirant des flèches sur les ennemis à portée et l'autre bloquant toutes les attaques entrantes. Et quand on se retrouve face une succube aussi sexy que mortelle, ou à un boss insaisissable tout droit sorti de Berserk, façon sous-fifre de Mozgus, ce genre de bonus ne se refuse pas. Mais leur utilisation n'est pas limitée aux rixes sanguinolentes, le pouvoir de protection pourra vous servir de parapluie lorsque vous aurez à passer sous une cascade "empoisonnée" (quand des spectres flottent dedans j'appellerai ça "maudite" moi...). De son côté l'archer pourra repousser les ennemis qui tentent de vous atteindre quand vous faites une action particulière, comme actionner un levier au milieu d'un champ de bataille. Combinez ça aux utilisations alternatives de la croix de combat (grappin, corde de rappel...) et vous aurez tôt fait d'explorer les moindres recoins de chaque secteur ! L'idéal avant d'aller botter les ailes de Dracula, une rencontre au sommet, dans tous les sens du terme, qui achève le premier acte. Eh ben ça en jette.

Avant de partir, les présentateurs ont jugé bon de nous laisser le droit de jouer quelques minutes au deuxième acte mettant en scène Alucard, pour le plus grand bonheur des fans hystériques. Pourtant, aussi enthousiasmante qu'était l'idée d'incarner ce vampire défraichi (curieusement équipé d'une épée sur les artworks), nous avons été un peu déçu de constater que son gameplay était rigoureusement similaire à celui de Trevor et Simon. Sa seule particularité étant visiblement de pouvoir nager sous l'eau indéfiniment, le reste s'apparentant simplement à un changement de skin. Aura-t-il des magies spéciales et des compétences uniques un peu plus marquantes que l'apnée prolongée ? On accordera le bénéfice du doute aux développeurs.

On espère juste un peu de peaufinage sur le plan technique et des différences de gameplay justifiant mieux que le fan-service, l'apparition de toute la famille Belmont, mais de toutes façons, ce Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate s'annonce d'ores et déjà sous les meilleurs auspices. Pour un titre qu'on craignait développé à la vite entre deux épisodes HD, on n'en attendait pas tant.

 

Degré d'attente 5/5 : La déception est vraiment peu probable...

Aucune attente
Pas de conclusion.