SWITCH

Super Neptunia RPG

Test SWITCH

Super Neptunia RPG

Par ggvanrom - Le 16 juin 2019

Fruit de la collaboration entre Compile Heart et la société franco-canadienne Artisan Studios, Super Neptunia RPG nous propose de vivre pour la première fois les aventures de Neptune, Noire, Vert et Blanc sur console Nintendo, et de découvrir pour certains une licence RPG bourrée d’humour. Mais si la licence est également connue pour sa qualité globale qui fait le yo-yo entre chaque épisode, est-ce que ce nouvel épisode est plutôt à classer parmi les bons ou les mauvais ? La réponse dans ce test.

Bienvenue dans le monde magique de Gamindustri

Forgée sur la base de la guerre des consoles, la licence Neptunia se déroule dans le monde fictif de Gamindustri où 4 nations se guerroyaient entre elles : Planeptune, Lastation, Lowee et Leanbox. Chacune de ces nations a une déesse à leur tête aussi appelée CPU : Purple Heat, Black Heart, White Heart et Green Heart. Super Neptunia RPG se veut comme un épisode accessible à tous, à comprendre que le lore développé depuis 2010 est mis en grande majorité de côté afin que ceux ne connaissant pas la licence puissent apprécier le titre au même titre que les plus calés. Surfant sur la mode du coup de l’amnésie (tournée en dérision plus d’une fois dans le jeu), nous nous retrouvons à suivre les aventures de nos déesses sous forme humaine, connues sous le nom de Neptune, Noire, Blanc et Vert dans un Gamindustri entièrement en 2D, à la recherche de leurs souvenirs perdus et pour éradiquer l’oppression faisant rage actuellement d'un groupe ne jurant que par les graphismes en 2D.

Un univers 2D extrêmement convainquant

S’étant essayé à de nombreux genres ces dernières années avec divers spin-offs, Super Neptunia RPG revient à la base de la licence, à savoir le J-RPG, à ceci près que le titre prend place dans un univers intégralement en 2D. Chaque environnement du jeu a été réalisé à la main par les membres d'Artisan Studio, est reste très agréable à regarder jusqu’au moindre détail. On regrettera cependant une certaine répétitivité de décors, notamment dans les intérieurs des maisons.

C’est également la première fois que nous découvrons nos héroïnes sous ce nouvel angle 2D et il faut avouer là encore que le travail réalisé est très fidèle à nos héroïnes, on retrouve toutes les mimiques et gestuelles de ces dernières durant les nombreux échanges avec les autres personnages du jeu. Si l'action des personnages en mouvement laisse à désirer sur certains passages, on note un réel effort d'application lorsque l'on voit Neptune s'émerveiller à la vue d'un flan, ou encore Blanc passer en mode furax. Le tout étant parfois entrecoupé d'illustrations également très réussies.

Malgré un travail de fond convainquant, cette 2D peine toutefois sur plusieurs points. Comme les jeux de l’époque le souci avec les environnements 2D fait main c’est que les plateformes ont souvent du mal à se distinguer du reste du décor, amenant plus de confusion qu’autre chose. Je suis resté planté comme un idiot pendant 3 minutes le temps de comprendre que pour aller à la guilde de Lastation il fallait sauter au croisement pour que Neptune prenne le passage du haut.

Le bestiaire a aussi eu droit à un travail de qualité, on reconnaît aisément chacun des monstres après une première rencontre et ces derniers sont suffisamment nombreux pour éviter une trop grande sensation de répétition dans les combats. Vous aurez un bon nombre d'ennemis standards dans le jeu, sans compter les monstres uniques qui feront l'objet de quêtes dans les guildes de chaque ville du jeu.

En matière de modélisation, si nos héroïnes et autres personnages principaux ont bénéficié d'un sens du détail appliqué, on regrettera cependant que les PNJ plus standards soient souvent les mêmes avec seulement des habits qui diffèrent. L'autre point noir se situe également au niveau des combats. Si nos héroïnes sont extrêmement vivaces dans l'aventure, je les trouve beaucoup plus rigides dans les combats, avec un manque d'originalité dans les animations des divers coups, mais nous y reviendrons plus tard.

Une histoire de dimensions... et de flans

Alors que Neptune se réveille seule et amnésique dans la ville de Lastation, elle apprend l’existence d’un groupe se prénommant les Bombyx Mori qui gère Gamindustri et récolte les impôts auprès des citoyens sous forme de jeux 2D. Ladite organisation est même allée plus loin en bannissant les jeux 3D, faisant disparaître toute trace de leur existence et n’hésite pas à enlever les citoyens qui essaieraient de développer des jeux en 3D. C’est dans ce climat tendu que Neptune fera ses premiers pas dans Gamindustri et tombera rapidement sur une alliée dénommée Chrome, un étrange livre nommé Histoire et ses camarades Noire, Blanc et Vert, elles aussi amnésiques pour plus de commodité scénaristique. Ensemble, elles rejoindront un groupe de résistants s’opposant à la dictature mise en place par les Bombyx Mori, et tenteront de percer le secret de leur amnésie, et le pourquoi de ce mouvement anti-3D.

Si sur le papier l’histoire peut sembler simpliste, c’est surtout l’écriture qui est le point fort de la licence. Chaque personnage est connu pour avoir un tempérament bien à lui que l’on (re)découvrira le long de l’aventure. Neptune se présente comme l’héroïne du jeu, fracasse le 4ème mur à de nombreuses occasions, adore s'enthousiasmer de tout et raffole des flans. Noire est l’archétype de la tsundere et une grande adepte de cosplay. Blanc est une jeune fille introvertie et polie adorant la littérature et les conventions, mais si vous arrivez à la faire sortie de ses gonds gare à vous, calme et gentillesse se transformeront en rage et insultes. Vert quant à elle malgré son air mature est une grande amatrice de jeux vidéo, s’enfermant jusqu’à plusieurs jours pour pouvoir terminer sa longue pile de jeux. Sans compter leur forme de déesse qui ont aussi leur propre caractère et d'autres personnages comme If et Compa qui parleront surtout à ceux qui ont fait les opus principaux.

La licence Neptunia est également connue pour être un condensé de référence de l'univers vidéoludique et même au-delà. Les références aux autres œuvres sont monnaies courantes dans cet épisode, comme Neptune qui demande aux villageois si ils ont un bracelet de force pour déplacer un gros rocher, ou encore Vert qui fredonnera le thème principal de Splatoon après avoir vaincu une pieuvre cracheuse d'encre colorée. Sans parler des Bakémon, parodie de Pokémon qui reviendront régulièrement dans le jeu, ou encore comme dit plus haut les nombreuses fois où Neptune brise le 4ème mur en rappelant que l'on est dans un monde vidéoludique. Le tout couplé à une traduction en français ainsi qu'à de nombreux PNJ ayant chacun leur propre caractère, l'histoire se laisse suivre naturellement et découvrir le dénouement reste tout aussi intéressant que loufoque. On regrettera cependant la faible durée de vie du jeu, j'ai personnellement battu le boss de fin au bout de 18h de jeu, un temps ridicule en comparaison aux opus principaux.

Un système de combat digne d'une Déesse ?

Chaque J-RPG est forcément doté d'un gameplay spécifique pour ses combats, Automatique, semi-automatique, manuel etc., Super Neptunia RPG dans sa conception est parti chercher l'inspiration auprès d'autres licences, proposant un mix entre Final Fantasy IX et les Valkyrie Profile. Les attaques et talents passifs de nos personnages s’apprennent en s'équipant des armes et accessoires que nous ramassons sur les monstres, dans les coffres au trésor ou tout simplement en magasin. Chaque item possède ses propres capacités, vous pouvez vous équiper de ces items et les utiliser d’office, et également les maitriser à force de combat pour pouvoir continuer à les utiliser même si vous changez d’équipement. Bien évidemment les capacités les plus puissantes sont celles vous demandant le plus de temps de maitrise.

Les combats quant à eux se déclenchent de manière classique, votre quête va vous emmener dans les 4 nations de Gamindustri, et vous devrez les rejoindre en empruntant des sentiers où fourmillent les monstres. Apparaissant sous forme de Dogoo (ennemi emblématique de la licence), vous pourrez entrer en contact avec eux, les frapper avant combat pour bénéficier d’un bonus, ou vous faire attaquer par-derrière et démarrer le combat avec un malus. Ceci fait, vous passez en phase combat avec de nouvelles mécaniques de gameplay à maîtriser. Chaque personnage de votre équipe (4 max) est attribué à une touche A, B, X ou Y et pour attaquer vous devrez dépenser des points d'actions représentés par une jauge bleue allant jusqu'à 12 points. Plus l'attaque et puissante, et plus les points demandés seront importants. A cela s'ajoute une jauge de frénésie de 4 niveaux se remplissant avec le temps et vous permettant d'utiliser les capacités ultimes des héroïnes. Et en prime vous avez également la possibilité de passer Neptune, Noir, Blanc et Vert dans leur forme déesse une fois avancé dans le jeu, afin de recevoir des boosts de statistiques non négligeables.

Là où cela commence à se compliquer, chaque personnage possède son propre type de formation pour le reste du groupe avec des bonus statistiques. Neptunia leader c'est le mode Attaque, Noire le mode Magique, Blanc le mode Soin et Vert le mode Soutien. Vous pouvez à tout moment dans le jeu switcher de leader en effectuant une rotation grâce aux boutons L et R. En changeant le type de formation, nos héroïnes peuvent utiliser d'autres capacités en combat. 4 héroïnes, 4 switch, ce qui fait un total de 16 coups différents que vous devrez organiser dans les menus du jeu avant de partir combattre, car il n'est pas possible de modifier lesdites attaques en plein combat (ce qui est très prise de tête au début). Les attaques étant physiques et élémentaires, vous devez savamment répartir vos techniques et vous rappeler qui possède quelle technique dans quelle formation pour viser le point faible d'un ennemi, tout en faisant attention à vos propres points faibles ainsi qu'à votre barre de vie pour éviter le game over vous ramenant à votre dernière sauvegarde. Attention d'ailleurs, il n'y a pas de sauvegarde automatique.

Si le système de combat du jeu peut être frustrant au début du jeu, vous apprendrez petit à petit à le maitriser et vous vous surprendrez à savoir à quel moment switcher contre quels ennemis. En revanche vous vous rendrez rapidement compte que le jeu est aussi d'une cruelle simplicité. En plus de la quête principale, le jeu fourmille de quêtes annexes vous apportant argent, items et XP à foison dès les premières minutes, ce qui fait que vous serez la majeure partie du temps bien au-dessus des monstres de la zone dans laquelle vous vous trouvez. Et pour ne pas arranger les choses, vous avez également accès très tôt à des compétences comme Auto-Récupe qui vous rend continuellement des PV, Prime d'XP qui augmente de 20% les XP reçu ou encore Second Souffle qui soigne tous les PV après un combat. Pour faire simple, après avoir enchainé les quêtes annexes, eu en cadeau des armes complètement cheatées et moult graines augmentant les caractéristiques des héroïnes, je suis arrivé niveau 61 devant le boss de fin, le combat a duré 30 secondes montre en main.

Une technique qui s'est faite "nep nep"

Lorsque l’on regarde de loin, Super Neptunia RPG semble n’avoir que des qualités, hélas dès que nous commençons à gratter la surface, les soucis commencent à s’enchainer. Le plus important vient du fait que le jeu enchaine les minis-saccades tout le long de l’aventure, que ce soit lors de nos déplacements dans les différentes zones du jeu, voire même dans les menus ! Et vu le temps que nous y passons, je peux vous assurer que ces petites saccades peuvent s’avérer extrêmement frustrantes.

Mais le pire intervient durant les combats car elles y sont aussi présentes évidemment. Lorsque vous jouez en vitesse normale les saccades restent supportables, mais les combats étant peu dynamiques, vous appuierez souvent sur ZL pour accélérer l’action, et c’est là que les choses se gâtent entre les micro-freezes et les commandes qui ne répondent pas. Sans compter le fait que lorsqu’un monstre vous attaque et que vous effectuez en même temps une action, cette dernière sera lancée entre 2 et 5 secondes plus tard une fois que l’ennemi aura fini son coup. Donc si vous avez le malheur par exemple  d’appuyer 2x sur L au lieu d’une seule fois pendant que le monstre attaque pour faire un switch parce que vous pensiez que l'action n'avait pas été prise en compte, cette dernière sera au final effectuée deux fois. Et ce problème vous vous le mangerez à plus d'une occasion.

A cela s'ajoutent d'autres soucis, notamment quelques (rares) objets qui ne sont pas traduits dans le jeu, mais aussi des quêtes sujettes aux bugs. Certaines quêtes de début de jeu vous demanderont de trouver des éléments qu'il n'est pas possible d'atteindre avant d'avoir débloqué Flangoo ou le double saut pour atteindre des zones inaccessibles avant plusieurs heures, les quêtes avec des objectifs erronés, ou encore 1 quête obligatoire à Lowee vous demandant de récupérer 4 Bulbes Bizarres, mais en ne précisant à aucun moment si cela se drop sur un ennemi, si c'est à acheter ou à trouver dans un coffre. Je vais vous épargner 3 heures de recherche, ces bulbes sont situés dans des coffres sur la route de Lowee, dans des zones en hauteur accessibles qu'avec Flangoo.

Enfin le dernier point qui m'a gêné dans le jeu mais qui reste mineur par rapport au reste, les habitants des villes ou encore ceux qui vous remettent des quêtes n'ont tout simplement pas d'âme. Si dans la ville de Lastation vous pouvez parler aux différents PNJ qui vous indiqueront 2-3 éléments intéressants, même si cela se limite à une ligne de dialogue on prend toujours. Mais une fois parti de cette région, 9 PNJ sur 10 auront la même boîte de dialogue, à savoir "..."

6.5
Ayant découvert la licence sur PSVita avec les épisodes Re;Birth, c'est avec impatience que j'attendais de pouvoir profiter de ce Super Neptunia RPG, qui de par son scénario convient aussi bien aux fans qu'aux néophytes. En plus de son doublage en français, le titre fait preuve comme les opus principaux d'un véritable déluge d'humour et de référence à de multiples œuvres vous faisant esquisser un sourire plus d'une fois. Si le gameplay aurait mérité d'être simplifié, et la difficulté revue à la hausse, le titre aurait pu être meilleur. En revanche là où ça ne passe pas c'est en termes de technique pure, entre les saccades trop nombreuses jusque dans les menus, les bugs dans les quêtes ou encore le manque d'implication des PNJ. Malgré sa faible durée de vie allant entre 20 et 30h en fonction de votre volonté à faire le jeu à 100%, Super Neptunia RPG n'en reste pas moins un jeu intéressant malgré ses défauts, et répond de manière profonde à la grande question du titre : quel est le mieux entre les jeux en 2D et en 3D ?

  • La licence Neptunia enfin traduite en Français
  • Des environnements fait-main très réussis
  • Accessible aux fans comme aux néophytes
  • Doublage anglais et japonais
  • Un bestiaire conséquent
  • Grand nombre de quêtes annexes
  • Un jeu blindé de référence et d'humour
  • Des saccades absolument partout
  • Pas de sauvegarde automatique
  • Un gameplay en combat peu dynamique et trop compliqué
  • Des quêtes floues et/ou comportant des erreurs
  • Beaucoup trop facile
  • PNJ : "..."
  • Durée de vie faiblarde pour cette licence
Pas d'images pour ce test.

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