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Test de la Razer Kiyo V2 : une webcam pour les gouverner toutes sur Nintendo Switch 2 ?

Par babidu - Le 04/05 à 02:06

On va éviter de se mentir dès le départ, parce que sinon tout le test part de travers. L’idée de brancher une webcam comme la Razer Kiyo V2 sur une Nintendo Switch 2 est presque ridicule sur le papier. Pas ambitieuse. Pas maligne. Ridicule. Parce que la console n’en demande pas tant, parce qu’elle ne sait pas en faire grand-chose, et parce qu’elle fonctionne déjà très bien avec des solutions beaucoup plus simples. Et pourtant, une fois branchée, une fois testée, une fois utilisée dans de vraies conditions, le problème n’est plus du tout celui qu’on imaginait au départ.

Ce n’est pas une question de savoir si la caméra est overkill. Elle l’est... Mais pas de la manière qu’on croit. Elle est overkill pour la Switch mais elle ne l’est pas pour tout le reste. Et c’est précisément là tout l'intérêt. 

Parce que si on se limite à l’usage pur console, il faut être honnête, la différence n’est pas aussi spectaculaire qu’on pourrait l’espérer. Sur des jeux comme Mario Kart World, Super Mario Party Jamboree ou même Nintendo Switch Welcome Tour, on gagne en netteté, en propreté, peut-être même en stabilité, mais on ne passe pas d’un monde à un autre. La Nintendo Switch 2 impose ses limites immédiatement. L’image est compressée, bridée, et même si le capteur de la Kiyo V2 en a clairement plus sous le capot, la console ne lui laisse pas vraiment l’occasion de le prouver.

Mais dire que ça ne change rien serait faux parce que même dans ce cadre contraint, l’image reste meilleure. Plus propre, plus stable, plus lisible que ce qu’on obtient avec une webcam Nintendo Switch 2 officielle (l'officielle ou celle de Hori) ou une webcam basique. Simplement, l’écart est contenu.

Et réduire la caméra à cet usage-là, c’est passer complètement à côté du produit. Parce que dès qu'on sort du jeu, qu'on passe sur PC, tout change. Le moment de bascule est très concret, lorsque la caméra est branchée, elle s'installe sur votre ordinateur. D'abord via un programme made in Razer puis avec un autre logiciel auxquel Razer vous donne accès : Camo Studio. C'est là que la magie commence, l’image devient nette, lisible, maîtrisée. Ce n’est plus une version dégradée ou compressée. Les couleurs tiennent, la netteté est là, et surtout, la lisibilité reste correcte même dans des conditions imparfaites, la différence est immédiate avec une webcam bas de gamme ou avec celles proposées par Nintendo, qui ne sont tout simplement pas faite pour ça.

En pleine journée, avec de la lumière naturelle, le rendu est propre sans effort. Mais le test le plus intéressant reste celui du soir. Lumière moyenne, pièce classique, sans installation particulière. Et malgré cela, l’image reste exploitable, là où une webcam basique ou une caméra Nintendo Switch 2 devient rapidement floue ou bruitée (comme disent les experts !) , la Kiyo V2, elle, tient sans avoir à la régler manuellement.

Le test le plus parlant reste pourtant celui qu’on ne fait presque jamais volontairement. Couper la lumière. Laisser uniquement l’écran éclairer la scène. Dans ces conditions, la caméra ne fait pas de miracle, mais elle ne s’effondre pas non plus. L’image reste exploitable, les couleurs tiennent, et surtout, elle ne devient pas immédiatement inutilisable comme c’est souvent le cas sur des modèles plus simples. Ce n’est pas une caméra de studio, mais ce n’est plus non plus une webcam que l’on subit.

Et c’est aussi là que le vrai changement commence. Parce qu’à un moment, la caméra cesse d’être un outil de test pour devenir un objet que l’on utilise naturellement. Un appel Discord est lancé, le cadre est ajusté, la position change légèrement, et l’image suit. L’autofocus fonctionne comme attendu, sans effet de pompage désagréable. Les mouvements sont suivis, les ajustements sont discrets. Rien de spectaculaire, mais une constance qui rend l’ensemble confortable à l’usage.

Techniquement, il n’y a presque rien à redire. La caméra se branche et fonctionne immédiatement, que ce soit sur console ou sur PC. Sur ordinateur, comme dit plus haut, des outils comme Razer Synapse ou Camo Studio permettent d’aller plus loin, mais ce n’est jamais une obligation, même sans Discord la reconnaît. Même en usage simple, la qualité est déjà au rendez-vous.

Tout n’est pas parfait, évidemment. Le détourage automatique sans fond vert reste limité. Il fonctionne, mais reste visible, avec cet effet légèrement flottant qui casse rapidement l’illusion dès que l’on cherche un rendu propre. Et surtout, la fixation rappelle que la caméra n’a pas été pensée pour la console.

Placée au-dessus de l’écran, bien centrée, elle donne presque l’impression d’une intégration naturelle. Comme si elle avait toujours été prévue pour cet usage. Mais dès que l’on s’en sert réellement, le décalage réapparaît malgré une sorte d'épiphanie lorsque je me suis rendu compte que Nintendo avait sciemment placé le second port USB-C de la Nintendo Switch 2 un poil décalé sur la droite de la console ce qui permet de la brancher facilement et de la laisser au centre de l'écran. Il n'en reste pas moins un sentiment de malaise en utilisation nomade, ce n’est pas une question de stabilité, ni même de compatibilité, c’est une question d’intention. D’autant plus que la caméra n’est pas particulièrement légère. Sur un écran, cela ne pose aucun problème. Sur une Nintendo Switch 2 en mode portable, le poids supplémentaire se fait sentir en haut de l’ensemble. Cela tient, mais l’usage n’est ni naturel ni réellement confortable sur la durée. En mode docké, à distance, sur un écran ou une télévision, tout devient immédiatement plus logique.

Mais il y a aussi la la vraie limite de ce test. La Nintendo Switch 2 bride la caméra. Clairement. Si l’objectif est uniquement de l’utiliser sur console, le produit perd une grande partie de son intérêt. Les capacités sont là, mais ne sont pas réellement exploitées. Dans ce cas précis, une solution plus simple suffit.

Mais dès que l’usage s’élargit, tout s’aligne. Parce que la Kiyo V2 remplace tout. Télétravail, appels Discord, capture, stream, console. Une seule webcam, capable de couvrir l’ensemble des besoins sans compromis majeur. Et c’est là que le prix commence à faire sens. Positionnée autour des 170 euros, capable de filmer en 4K 30 images par seconde, elle propose un niveau de qualité très cohérent avec son tarif. Ce n’est pas un produit d’entrée de gamme, mais ce n’est pas non plus un positionnement déconnecté de ses performances.

Mais il faut quand même être clair jusqu’au bout. Si la recherche se limite à une webcam pour la Nintendo Switch 2, ce n’est pas le bon produit. C’est trop cher, trop peu exploité, trop déséquilibré. En revanche, pour un usage plus large, hybride, entre console, PC et télétravail, la réponse change complètement. Parce qu’au fond, c’est exactement cela, ce n’est pas une webcam pour la Nintendo Switch 2. C’est une excellente webcam… que la Nintendo Switch 2 ne mérite pas vraiment mais qu’elle accepte malgré tout. Et dans cet écart, dans ce léger décalage entre ce que la caméra propose et ce que la console est capable d’en faire, se trouve une cohérence assez étrange, mais finalement très convaincante. Une seule caméra pour tout faire. Et pour une fois, ce n’est pas qu’une promesse marketing.

Test réalisé à partir d'une webcam envoyée par RazerSi vous souhaitez vous la procurer, la Razer Kiyo V2 est disponible sur le site officiel de Razer ainsi que chez la plupart des revendeurs habituels

Source : Razer