Nintendo Switch

Schrödinger's Call

Test Switch

Schrödinger's Call

Par Miki-Daisuki - Le 10/06 à 18:36

Développé par le studio japonais Acrobatic Chirimenjako, ce visuel novel entièrement en anglais base son titre sur la fameuse expérience de pensée que l’Histoire retiendra sous le nom du « chat de Schrödinger », du nom de ce scientifique en physique quantique qui cherchera à démontrer les paradoxes de cette science en 1925. De cette expérience, ne retenons que ce qui nous intéresse ici : la vie et la mort peuvent se superposer. Il ne tient qu’à Mary de le démontrer. 

Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur

La confidente de la fin du Monde

Des appels restés en suspend. Des non-dits qui rongent l’esprit. Des regrets qui enchainent les âmes à un passé irrémédiable. Cet afflux de sentiments contradictoires, c’est la lune qui en est à l’origine. Celle-là même qui, en ce jour d’Apocalypse, mit fin à l’humanité en une fraction de seconde. Les Hommes, morts, vraiment ? Pas encore. Tout du moins pas avant les 21 nanosecondes fatidiques qui les séparent du trépas. Changés en particules, les humains veulent encore croire. Croire qu’il est possible de réparer ces erreurs avant que cette fin devienne la leur. La lueur de salut se trouve au bout du fil de ce téléphone que tient Mary, la dernière confidente du Monde. Si la jeune fille a tout oublié de son passé, sa mission, elle, est claire : sauver les âmes de cette vie d’avant qui les enchaînent… jusqu’à ce que ses souvenirs reviennent.

Simple dans son histoire et complexe dans sa représentation de l’être humain, Schrödinger call interroge sur un sentiment que chacun craint de ressentir une fois son heure venue : le regret. Arrachés brutalement à la vie, chacun des protagonistes que nous rencontrons souffre chacun à sa façon de n’avoir pas su aider, aimer, protéger, être là quand il le fallait. Du long de ces quatre chapitres où le jeu aborde des thématiques bien distinctes, nous rencontrons des personnages à l’aspect animal qui nous livrent sans fioritures leurs pensées les plus intimes sans jamais chercher à les travestir. Comme s’il était enfin temps d’être soi-même face à cette jeune fille qui prend le temps de comprendre ces gens qu’elle n’a jamais connus.

Certes, les histoires ne sont guère originales, la plupart d’entre nous devineront assez vite le fin mot de l’histoire avant la révélation finale, mais elles savent brillamment insuffler l’empathie et la sympathie grâce à un remarquable travail d’écriture qui place les émotions au premier plan. Quelles que fussent leurs erreurs, ces humains qui ne savent plus qui ils sont touchent par leur envie de faire face à leur passé, quel qu’il fut. Et s’il en ressort une vision du monde assez naïve, l’on se plait à imaginer que face à l’imminence de la Mort, nous serions nous aussi capables de faire preuve d’autant de passion pour changer une dernière fois les choses.

Sur ce point, notre héroïne n’est pas en reste car si nous ne savons rien sur elle en début de jeu, le puzzle s’assemble petit à petit, et l'on ne peut que vouloir connaitre ses origines, le pourquoi du comment s’est-elle retrouvée affublée de ce rôle qu’elle n’a jamais demandé. Apathique au premier abord, sa personnalité se dessine petit à petit, tout comme ses souvenirs qui resurgissent au compte-gouttes. Elle sera aidée dans sa quête par Hamlet, un petit chat noir qui semble en savoir bien plus qu’il ne veut bien le dire. Un duo fort étrange qui fonctionne à la perfection et qu’on suit avec plaisir le temps d’une quinzaine d’heures.

Call me Mary

Du long des quatre chapitres nous amenant à suivre quatre histoires bien différentes, la boucle de gameplay restera sensiblement la même. D’abord, il faut comprendre son interlocuteur. Frappé d’amnésie, celui-ci ne sera jamais apte à répondre à nos questions et parler à ses proches, les « Tierces parties », est souvent le meilleur moyen de commencer à déterrer ce passé compliqué. Deux armes seront alors indispensables pour ce travail d’enquête : le carnet de Marie, où elle consigne tout ce qu’elle juge important ; et le téléphone par le biais duquel l’on composera les numéros correspondant à un personnage spécifique.

Poser des questions et confronter les uns et les autres grâce à ses notes permettront d’accéder à la deuxième phase : mettre un terme à la « spirale de pensées sans fin ». C’est là qu’il faudra user de toutes les informations glanées au cours de la première phase pour aider la personne à reconstituer son passé et faire face à la vérité. Nulle véritable extravagance donc dans ce visual novel où il s’agit uniquement de faire défiler le texte et sélectionner les « bonnes réponses » lorsque cela est nécessaire. Et si le jeu nous laisse quelques fois la liberté de choisir entre plusieurs propositions, cela n’affectera pas véritablement l’histoire à part quelques dialogues tout au plus.

En noir et blanc, j'exilerai ma peur

Sublimé par une esthétique tout en noir et blanc agrémenté de couleurs lors de moments savamment choisis, Schrödinger’s call est un petit bijou visuel qui nous offre des moments de poésie intenses notamment lors des séquences finales, où de magnifiques images en crayonnés surplombe une musique de toute beauté. Celle-ci est particulièrement réussie, d’autant plus que chaque personnage, principal comme secondaire, a droit à son propre thème musical ! 

9
Porté par une superbe esthétique et des messages universels et poignants, Schrödinger’s call offre une histoire nous amenant à découvrir différentes facettes de la personnalité humaine face à l’imminence de la Mort. Là où le désespoir aurait pu l’emporter, le titre propose une alternative à cette fin toute tracée : et si nous en profitions pour enfin faire preuve d’honnêteté ? Un beau message pour une histoire simple mais captivante soutenu par des personnages profondément humains.

  • Une esthétique sublime
  • Des musiques envoutantes
  • Une histoire émouvante
  • Des choix sans réel impact
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