Nintendo Switch

Scarlet Wolf

Test Switch

Scarlet Wolf

Par Miki-Daisuki - Le 12/06 à 14:00

Issu de l’imagination du studio Graven Visual Novels, Scarlet Wolf nous embarque aux côté d’un jeune homme en quête de réponse dans un labyrinthe mental hanté par des créatures sauvages. Une bonne idée sur le papier, mais est-ce le cas une fois le jeu lancé ?

Loup y es-tu ?

Amanda la psychologue a l’habitude d’entendre toutes sortes d’histoire à longueur de journée. Mais celle d’Alex Bishop, elle ne l’avait sans doute pas anticipé. Hanté par un cauchemar qui l’empêche de trouver le sommeil, le jeune homme est prêt à tout pour découvrir ce qui se cache dans ce labyrinthe où il se retrouve chaque nuit enfermé et où une voix semble réclamer son aide. Seule solution : user de la « technique de l’ancre », qui plonge le sujet dans un état hypnotique lui permettant d’intégrer son rêve, à condition de posséder un objet permettant de se raccrocher à la réalité.

Autant ne pas y aller par quatre chemins : l’histoire n’est clairement pas le point fort de ce titre, ce qui est tout de même un comble pour un Visual Novel. Si les premières minutes sont intrigantes, les suivantes sont aussi invraisemblables que sans intérêt.  Entre les « combats » qui se résolvent en trois paragraphes, les scènes d’action ubuesques où les compagnons du héros le regardent se battre sans rien faire, les dialogues creux et les révélations venues de nulle part expédiées en deux minutes montre en main, on a davantage l’impression de suivre une démo de début de développement qu’un véritable jeu abouti. Et ce n’est malheureusement pas la narration qui va sauver le jeu de la noyade. On ne vous conseille ainsi pas de jouer en français malgré sa disponibilité, le passage dans la langue de Molière ayant visiblement été assuré par un site de traduction automatique qui multiplie les coquilles et rend la lecture aussi pénible que la prose, superficielle.

La durée du jeu, d’approximativement 45 minutes voire une heure si vous réalisez les deux fins proposées, y est sans doute pour beaucoup dans le manque cruel d’âme qui se dégage du titre. Les personnages eux-mêmes sont d’une platitude affligeante, et ce malgré des traits de personnalités clichées normalement inratables comme le héros courageux, la doctoresse sévère, la jeune fille réservée ou la mascotte rigolote, laquelle a finalement l’écriture la plus réussie. Car outre la traduction littérale faisant tomber les dialogues à plat, leur quasi absence du jeu couplé à des interactions fugaces empêche le joueur de ressentir quoi que ce soit envers ces protagonistes qui se parlent à peine.

Et pourtant, lorsque l’on voit tout de même les efforts déployés pour parvenir à constituer une ambiance inquiétante, on ne peut que se sentir frustré de ne pas avoir un fond à la hauteur. D’autant plus que la révélation finale aurait pu être marquante si seulement le titre nous en avait donné l’envie.

Au moins, c’est pas moche 

En effet, le jeu possède une vraie identité visuelle avec ses chara design façon manga européen rétro et ses décors variés. L’ambiance horrifique du titre fonctionne réellement, la musique angoissante se mêlant à des monstres qui nous sautent au visage sans prévenir, soutenus par quelques CG peu ragoûtants qui lui vaut sa restriction d’âge. Les quelques scènes de combat aussi auraient pu changer la donne si seulement il y avait eu un doublage pour pallier l’absence totale de tension qui se dégage de ces évènements composés uniquement de bruitages.

3.5
Malgré les efforts de mise en scène pour nous proposer une histoire horrifique sur fond de drame familial, aucune émotion ne se dégage de ce titre qui s’engage dans un sprint de 45 minutes d’enchevêtrement maladroit de séquences inintéressantes, de personnages clichés et de révélations venues de nulle part. Difficile donc de vous recommander ce titre, d’autant que pour dix euros vous trouverez bien mieux sur la scène indépendante.

  • Une ambiance horrifique réussie
  • Beaucoup trop court
  • Des personnages clichés
  • Une histoire inintéressante et chaotique
  • La VF Google traduction
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