Castlevania peut-il renaître éternellement de ses cendres ? On peut légitimement se poser la question, tant la série apparait spéciale aux yeux des joueurs. D'abord jeu de plateformes à ses débuts, puis créatrice d'un genre dénommée Metroidvania aux yeux des joueurs de notre époque, avec quelques errances et des années sans opus, cette série mythique était quelque peux aux oubliettes avant que Konami ne se décide enfin de la ranimer. A l'instar d'un Dracula qui revient quasiment à chaque fois en tant qu'antagoniste principal, vous allez incarner la belle Rose Belmont dans sa quête contre les forces du mal, dans un Paris médiéval ensanglanté. Est-ce que ce retour au premier plan est réussi ? Le jeu mérite t-il toute votre attention ? C'est ce que nous allons tenter de voir dans ce test ! Soyez prêt à sortir votre fouet et à batailler sec !
Test réalisé à partir d'une clef de jeu fourni par l'éditeur.
Tout brûler pour mieux renaître.
Issu d'une famille héroïque mais maudite, Rose est la dernière née des Belmont. Cette famille combat le mal en général et le comte Dracula en particulier depuis 5 longs siècles, le comte revenant à la vie un petit peu quand ça l'arrange, pour notre plus grand bonheur à nous les joueurs. Cette fois, c'est à Paris que le mal a décidé de réapparaître, mettant la ville à feu et à sang, et il vous incombe, en tant que descendante du grand Trevor Belmont, de poursuivre le destin familial. Destin encore plus tragique puisque votre propre mère, Sypha Belnades, est morte en vous mettant au monde. C'est dans cette ambiance lugubre que le jeu se lance. Le contexte est posé, il a le mérite d'aider à faire le pont entre les évènement d'anciens opus se déroulant à une époque précédente - Castlevania 3 sur NES, ça ne nous rajeunit pas, on incarnait justement Trevor dans sa lutte - et d'opus plus récents chronologiquement parlant puisque l'on incarne un descendant de la lignée Belmont en la personne de Christopher, en 1576, dans le premier opus sur Game Boy. Toujours est-il que l'introduction, de courte durée, nous montre la séparation entre Rose et son père, qui a également ses propres affaires à traiter dans tout ce chaos.
L'aspect Metroidvania est bel et bien là, amplifié par les améliorations glanées par le genre en lui-même durant les 14 années que nous venons de vivre sans le moindre opus Castlevaniesque. Pour les puristes, le fouet est toujours de sortie pour vous aider à vaincre les monstres et à avancer, le jeu est toujours en 2D et la palette de mouvements de Rose s'apprivoise très facilement. D'ailleurs vous aurez 5 compétences à acquérir au fur et à mesure de vos pérégrination dans 7 immenses zones reliées les unes aux autres, avec toujours le même principe de devoir revenir en arrière sitôt une nouvelle compétence maîtrisée pour accéder à certains recoins auxquels vous n'aviez pas accès auparavant. De nombreux ennemis tenteront de vous en empêcher, piochant dans le bestiaire de la série tout en proposant de nouveaux monstres, le tout étant accompagné d'une bonne douzaine de boss, dont certains facultatifs. Et comme d'habitude, à force de vaincre des monstres, vous gagnez en expérience par le biais de niveaux qui augmentent au fur et à mesure et ce jusqu'au niveau 99 au maximum. Chaque niveau gagné vous rapporte 1 point d'attaque et 1 point de défense supplémentaire, ni plus ni moins ! Le jeu n'étant pas facile - mais jamais injuste non plus - ce ne sera pas de trop pour vous aider à progresser. Heureusement, même si vous mourrez - et vous mourrez - les points d'expérience sont conservés, vous êtes juste ramenés au précédent point de sauvegarde.
Un gameplay maîtrisé.
Vous entamez votre périple à travers Paris avec 100 points de vie et 100 points de magie au début du jeu. Pour les augmenter, il faudra trouver des fragments de cœurs braves ou sages, disséminés à travers le jeu, pour atteindre un total maximum de 220 points. Vous possédez également 3 potions pour restaurer votre vie, utilisable à tout moment sur simple pression d'une touche dédiée. Ces potions se récupèrent dès que vous atteignez un miroir de vie, qui fait office de point de sauvegarde, et qui vous rend également toute l'énergie et la magie perdue. Cela peut paraître peu pour progresser et vu le challenge qui vous attend, mais heureusement, vous avez en votre possession des cartes de tarot légués par votre défunte mère. Ces cartes magiques vous permettent d'utiliser peu à peu de plus en plus de sorts au fil de votre progression, sorts que vous pouvez renforcé en respectant certaines conditions indiquées dans le menu dédié, celui des arcanes. Vous disposez également de reliques, c'est à dire d'objets à équiper au nombre de 3 maximum à la fois, qui influeront bénéfiquement sur vos statistiques, parfois en en réduisant d'autres au passage. A vous de vous débrouiller pour les obtenir - il y en a 45 en tout - car ils vous seront d'une grande aide.
Et pour finir avec les équipements, sachez que vous aurez la possibilité de manier jusqu'à 7 types d'armes différentes, cela allant de l'épée au célèbre fouet en passant par la lance. Bien sûr, les armes les plus puissantes vous confèreront jusqu'à 100 points d'attaque donc vous avez tout intérêt à les obtenir. Toutes ces armes permettent une approche différente de l'adversaire qui vous fait face et je ne saurai trop vous conseiller de les utiliser toutes au moins une fois afin de choisir l'angle d'attaque qui vous correspond le mieux. Heureusement, la maniabilité de Rose est réellement aux petits oignons, la diriger est un plaisir de tous les instants et si vous échouez, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous même ! Et comme tous jeux du genre qui se respectent, il vous faudra faire particulièrement attention aux paternes des boss, car ceux-ci sont de véritables fléaux à combattre, et il n'est pas rare d'enchainer les défaites avant de trouver réellement comment les vaincre. Patience et observation sont ici les mots clefs de vos victoires à venir. La partie exploration n'est pas en reste, il vous faudra manier au mieux le fouet afin d'avancer à travers des passages parfois complexes, remplis de piques et/ou de zones de vide qui vous coûteront cher en points de vie.
Un plaisir de tous les instants.
La direction artistique est rudement bien travaillée, les développeurs ont fait des merveilles pour ressusciter la série en beauté. Quel plaisir de parcourir ce Paris là, graphiquement c'est splendide et on est tenté par moment de s'arrêter pour contempler les animations en arrière plan. Tout est savamment orchestré pour que l'on ait toujours envie de continuer notre progression, que ce soit pour le plaisir des yeux, mais aussi pour celui de nos esgourdes. Les musiques collent parfaitement à l'ambiance et permettent une immersion de tous les instants, les bruitages n'étant pas en reste. Ayant opté pour le doublage japonais, celui-ci s'associe à merveille avec les scènes que l'on vit petit à petit dans cette aventure qui n'est dénuée de dialogues, loin de là. Le jeu est plus bavard qu'un Castlevania "classique" et ce n'est pas plus mal ainsi. Là encore c'est un sans faute car autant le début du jeu sert quelque peu de tutoriel, autant on est également rapidement lancé dans le grand bain avec un premier boss qui nous donne rapidement nos premières sueurs froides. Et sans trop en dévoiler sur le scénario, sachez qu'il y a 3 fins différentes, une bien, une mauvaise et une idéale. Evidemment, la dernière demandera quelques conditions en plus pour pouvoir l'obtenir mais le jeu en vaut largement la chandelle, croyez-le.
Cependant, n'oublions pas que l'on est sur Switch "1". Le jeu est beau et fluide, sans perte de stabilité et c'est clairement ce que nous attendions de cette mouture. Alors oui, pour chipoter on pourra toujours le trouver un petit peu moins fluide que les versions des consoles concurrentes, mais à moins de faire une fixette sur les FPS, le plaisir de jeu sera clairement le même. Cependant le jeu nous paraît mieux passer en nomade qu'en docké sur la télé du salon. La plus petite taille d'écran de la Switch masque mieux les éventuels défauts… Les temps de chargement auraient gagné à être optimisés. Le sous-titrage en français nous a paru de qualité, quoique perfectibles mais rien de bien méchant. Au passage, pour l'anecdote, les studios chargés de développer ce nouvel opus sont français : il s'agit des studios bordelais Evil Empire et Motion Twin, responsables entre autres de Dead Cells, rien que ça ! A noter que de nombreux et parfois subtils easter eggs sont de la partie, faisant références à divers opus de la série de jeux des Castlevania : saurez-vous tous les reconnaître ?

