Nintendo Switch

Aggelos II

Test Switch

Aggelos II

Par Ex-Nihylo - Il y a 18 heures

Huit ans après un premier épisode qui avait su séduire les amateurs de Wonder Boy et des jeux d’action-aventure à l’ancienne, Aggelos fait son retour avec une suite simplement dénommée Aggelos 2. Toujours développé par Wonderboy Bobi, ce nouvel opus reprends les bases de son prédécesseur tout en apportant son lot de nouveautés. Ainsi, exit l’esthétique 8 bits du premier épisode : cette fois le pixel art employé provient de l’ère 16 bits, nous rappelant la bonne vieille époque du duo Mega Drive/Super Nintendo. Au cœur du royaume de Lumen, alors que les forces des ténèbres menacent de faire tomber les dieux de la lumière, on incarne de nouveau un Aggelos pour y faire face. Cette nouvelle menace est-elle prétexte à une aventure encore plus plaisante que celle du premier opus ? C'est ce que nous allons tâcher de voir dans ce test !

Test réalisé à partir d'une clef de jeu fournie par l'éditeur

Deux transformations et deux mondes.

Le principal changement introduit par Aggelos 2 réside donc dans la possibilité de passer librement entre une forme angélique et une forme démoniaque. Les deux transformations ne constituent pas un simple changement esthétique, puisqu’elles modifient directement les possibilités du héros. La forme angélique privilégie une approche plus maîtrisée et permet notamment de profiter d'une attaque à l'épée bénéficiant d'une meilleure portée, tandis que la forme démoniaque se montre plus agressive et mobile. Certaines attaques ennemies doivent également être absorbées avec la bonne forme, ce qui oblige le joueur à rester attentif et à alterner régulièrement entre ces deux états. Cette mécanique fonctionne particulièrement bien pendant les affrontements et apporte une véritable dimension stratégique à une formule pourtant très accessible dans ses premières heures.

Les combats gagnent progressivement en richesse à mesure que l'on débloque de nouvelles capacités. Au départ relativement limité, notre Aggelos peut rapidement compter sur de nouveaux mouvements, des attaques spéciales et différentes compétences facilitant aussi bien les affrontements que les déplacements. Le jeu encourage ainsi le joueur à rester constamment dans l'action et le combat, d'autant que les ennemis n'hésitent pas à multiplier les attaques au corps à corps et les projectiles. Il suffit la plupart du temps d'observer leurs paternes pour ne pas être trop mis en difficulté, et d'attaquer au bon moment. Les commandes répondent parfaitement et offrent une précision bienvenue dans les moment les plus délicats. Quant aux boss, au nombre de treize, ils pourront vous poser des problèmes mais dans l'absolu, rien d'insurmontable. Tout passera par votre capacité à maîtriser les différentes capacités que vous acquérez au fur et à mesure de votre progression.

De l'exploration en veux-tu en voila.

Là où le premier Aggelos proposait une aventure relativement contenue, Aggelos 2 se montre beaucoup plus ambitieux. Le jeu repose désormais sur l'exploration de deux mondes parallèles qui se superposent et communiquent grâce à différents portails. Cette idée permet d'élargir considérablement la carte et de multiplier les secrets, les passages cachés et les zones inaccessibles lors de la première visite. Comme dans tout bon metroidvania, l'acquisition de nouvelles compétences vous poussez à revenir dans des régions précédemment explorées afin d'atteindre de nouveaux emplacements, et donc d'y dénicher de nouveaux trésors. Vol, double saut, déplacements plus rapides ou encore nouvelles attaques viennent ainsi renouveler progressivement la manière d'aborder les environnements, et on prend immédiatement plaisir à utiliser nos nouvelles capacités. L'exploration constitue clairement l'une des grandes réussites de cette suite et procure une sensation de progression particulièrement satisfaisante, c'est simple on ne voit pas le temps passer et on a toujours envie d'avancer, d'explorer et de voir jusqu'où on peut aller.

Le jeu propose également, contrairement à son prédécesseur, une véritable carte qui facilite grandement les déplacements dans un univers beaucoup plus étendu. Cette dernière permet notamment de repérer certaines améliorations découvertes mais encore inaccessibles, ce qui encourage clairement le joueur à effectuer des retours en arrière une fois la bonne compétence obtenue. Tout n'est cependant pas parfait, car sa lisibilité n'est pas optimale. Les cases sont relativement petites et les différents éléments affichés simultanément donnent parfois une impression de surcharge, la lisibilité de la carte étant peu optimale. Le système de balises aurait également gagné à être plus clair et plus pratique. Heureusement, le système de téléportation permet de limiter les longs trajets lorsque les différentes zones commencent à se multiplier, évitant ainsi la monotonie de plusieurs allers-retours dans des zones déjà maintes fois explorées. Malgré quelques défauts d'ergonomie, Aggelos 2 réussit donc à proposer une exploration nettement plus riche et plus gratifiante que celle du premier épisode.

Un bel hommage aux 16 bits

Visuellement, Aggelos 2 abandonne l'esthétique 8 bits de son prédécesseur pour adopter un pixel art beaucoup plus détaillé, clairement inspiré des productions 16 bits. Les environnements colorés, les sprites plus imposants et le bestiaire varié permettent au jeu de proposer une aventure agréable à parcourir. L'influence de titres comme Wonder Boy in Monster World est évidemment toujours présente, mais cette suite cherche davantage à mélanger ses différentes inspirations afin de proposer un univers plus vaste et plus varié. Les amoureux de ce Wonder Boy, à l'instar de votre serviteur, passeront donc un moment agréable mais vous voila prévenu, la comparaison avec ce jeu s'arrête là tant les différences entre les 2 titres sont nombreuses. Les différents lieux à explorer sont suffisamment diversifiés pour éviter une impression de répétition et l'ensemble se montre particulièrement propre sur l'écran de la Nintendo Switch, que l'on soit en docké ou en nomade. On est clairement dans un look rétro qui s'assume, sans ajouts d'effets supérieurs en qualité à ce qu'offraient nos 16 bits.

Techniquement, la version Switch se montre particulièrement réussie. Le jeu est fluide, les commandes répondent immédiatement et l'action reste lisible, aussi bien en mode portable que sur la télé du salon. Cela nous semble d'autant plus important qu'Aggelos 2 repose énormément sur la précision de ses combats et de ses séquences de plateformes, il était donc important que la lisibilité de l'action soit optimale. L'ensemble manque toutefois parfois d'une véritable personnalité, notamment au niveau de son univers et de certaines compositions musicales, qui ne restent pas spécialement dans nos esgourdes. Les boucles musicales finissent par être répétitives sans pour autant marquer les esprits des joueurs. Il s'agit sans doute du principal point à revoir pour un éventuel Aggelos 3. On pourra également regretter quelques imperfections dans la présentation des textes et certaines maladresses de traduction. Rien qui vienne réellement gâcher l'expérience, mais qui démontre que le jeu peut encore se perfectionner pour devenir un réel must-have.

8
Aggelos 2 constitue une évolution particulièrement réussie de la formule imaginée par Wonderboy Bobi. Plus vaste, plus riche et plus ambitieux que son prédécesseur, le titre réussit à conserver le plaisir immédiat des jeux d'action-aventure rétro tout en intégrant des mécaniques plus modernes. Le système de transformation entre les formes angélique et démoniaque apporte une véritable originalité aux combats, tandis que l'exploration des deux mondes parallèles offre une progression satisfaisante et une bonne durée de vie. Quelques rares défauts viennent néanmoins empêcher Aggelos 2 d'atteindre les sommets du genre, tels que le manque de lisibilité de la carte ou encore la bande-son qui manque de thèmes épiques. Mais on retiendra avant tout que le passage en mode 16 bits d'Aggelos est avant tout une franche réussite.

Points positifs

  • Un gameplay précis et très agréable
  • Le système de transformation
  • Une exploration beaucoup plus riche que dans le premier épisode
  • Une bonne durée de vie

Points négatifs

  • La carte peu lisible
  • Une bande-son peu marquante
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