Nintendo Switch 2

Village in the Shade

Test Switch 2

Village in the Shade

Par ggvanrom - Il y a 1 heure

Déjà sorti au Japon sous le nom de Hono-gurashi no Niwa en juillet dernier, Village in the Shade s’apprête à sortir en Europe et nous propose une formule atypique : un mélange de simulation de vie à la ferme… et un jeu d’horreur (mais tout de même PEGI 12). Après de longues heures à arpenter ce curieux village perdu dans la montagne, l’heure est venue de donner notre avis.

Bienvenue à Kagatsu

Le début de l’histoire est assez cryptique. Nous y incarnons un jeune personnage en train de se balader dans une forêt très étrange, avant de le voir sauter volontairement dans un gouffre. Alors qu’on pourrait croire que cela signifie la mort de notre héros, ce dernier parvient pourtant à sortir de ce précipice et à revenir au village le plus proche : Kagatsu. Complètement amnésique, nous sommes recueillis par une jeune femme qui nous emmène à Rin, la cheffe du village. Alors que Rin prépare notre arrivée dans ce village, les habitants sont manifestement très gênés par votre présence et ne daignent pas vous adresser la parole. Heureusement, une fois votre intégration officiellement faite dans le village, vous serez considéré comme un villageois de Kagatsu à part entière.

Et cette intégration va passer par l’obligation de respecter 8 règles d’or du village. Ne pas sortir après 23 h. Participer aux efforts du village. Ne pas s’approcher des inconnus. Ne pas révéler les secrets des autres. Ne pas quitter le village. Ignorer les voix venant de la montagne. Ne pas chercher ce que l’on a perdu. Chaque souhait exige une compensation égale. Vous ne tarderez pas à enfreindre la première règle et à vous retrouver dehors la nuit, et comprendrez que quelque chose ne tourne décidément pas rond ici… Le village est infesté de Yokaï la nuit, qui vont tambouriner à votre porte de temps à autre le soir pour vous faire sortir, et qui vont vous faire passer un sale quart d’heure une fois dehors. Bruits peu rassurants, traces de sang, cris, course-poursuite, le tout combiné à un sound design efficace et une utilisation intelligente des vibrations HD. L’histoire évoluant de jour en jour pour éviter de finir l’intrigue trop tôt comme dans d’autres opus du genre comme Harvest Moon ou Story of Seasons, ici, Village in the Shade va prendre le temps de vous faire jouer et vous maintiendra au grand minimum une cinquantaine d’heures avant de vous délivrer sa conclusion. Vous êtes bien installé dans votre cabane en ruine ? Eh bien, nous avons du pain sur la planche !

Une vie à (re)construire

La cheffe du village nous fait don d’une maison pour habiter dans le village, couplée à une parcelle de terrain. Problème : la maison est en ruine, et le terrain est à l’abandon. Les premiers jours feront donc office de tutoriel pour nous apprendre les bases de la vie à la ferme. Vous allez ainsi défricher les mauvaises herbes, casser les cailloux et couper les branches pour ensuite labourer votre champ, faire vos premiers semis et bien penser à arroser chaque jour pour pouvoir récolter ainsi vos premiers légumes et les placer dans une boîte d’expédition pour toucher un petit pécule permettant d’acheter de nouvelles semences, mais aussi des animaux, des objets pratiques et autres joyeusetés. Vous l’aurez compris, pour ce qui est de la partie vie à la ferme, on est sur du vu et revu, mais la formule fonctionne parfaitement. Le jeu étant divisé en saisons, vous aurez l’embarras du choix pour vos cultures. Vous devrez aussi penser à ne pas tout vendre, afin de pouvoir utiliser des cultures pour avancer dans la quête principale et résoudre également quelques quêtes de personnages.

À l’entrée du village, vous trouverez effectivement un panneau de quêtes où vous aurez 3 missions proposées pour ramener des éléments à des villageois. Cela vous permettra de toucher un pécule nettement plus intéressant que de simplement mettre la marchandise dans la boîte d’expédition. Le temps s’écoule de 15 min en 15 min, et chaque personnage vaque à ses occupations. Kisuke est le charpentier qui vous aidera à réparer votre maison et à bâtir des serres, enclos et autres joyeusetés. Komako et Shijori vous apprendront à chasser le gibier, Sazanka gère la boutique du village, Rokkaku le restaurant du village, Chinana vous vendra le bétail, etc. Vous ferez rapidement connaissance avec les différents habitants et, au fur et à mesure de votre aventure, vous augmenterez votre niveau de relation, ce qui permettra d’obtenir des quêtes annexes additionnelles, d’en apprendre plus sur eux et de débloquer des bonus comme des recettes de cuisine.

Vous découvrirez qu’ils en savent bien plus que ce qu’ils en disent sur le secret du village et, au fur et à mesure de votre avancée dans le temps, vous comprendrez la raison de ces règles, pourquoi des personnes arrivées au village ne peuvent plus en repartir, mais aussi la notion d’offrandes qui sera rapidement mise en avant. Ce qui était expliqué comme une simple coutume locale va devenir quelque chose de beaucoup plus sérieux lorsque l’on va comprendre que cela est étroitement lié aux manifestations démoniaques apparaissant à partir de 23 heures. Vos sorties nocturnes vous permettront ainsi d’affronter de temps à autre des Yokaï « majeurs » qui auront des méthodes bien précises pour être vaincus, et qu’il va vous falloir apprendre à la dure.

Chasse et Pêche

Si l’agriculture est le premier élément de gameplay mis en avant, ce ne sera pas le plus lucratif, loin de là. Il vous faudra rapidement vous tourner vers d’autres activités pour remplir votre porte-monnaie et vous permettre d’acheter du bétail, du matériel et des plans pour concevoir machines et meubles depuis chez vous. Vous apprendrez ainsi à pêcher via de multiples points d’eau, ce qui déclenchera un minijeu de rythme pour remonter votre prise (plus ou moins rare en fonction de la manipulation à effectuer). La chasse est également un point intéressant et peu vu dans les jeux de simulation de vie. Nippon Ichi Software a évité une vision trop crue de la chasse, pour que les animaux abandonnent des certificats après les avoir mitraillés de flèches ou les avoir piégés. Pour avoir le droit de chasser de nouveaux animaux, il vous faudra payer des permis de chasse, ce qui vous ouvrira l’accès à de nouvelles zones. Mais attention, si vous vous risquez à attaquer un animal sans avoir le permis adéquat, vous serez rappelé à l’ordre.

Enfin, la mine vous ouvrira également ses portes. Cette dernière est divisée en plusieurs étages, eux-mêmes divisés en paliers de 10, avec un wagon à chaque 10e étage permettant de redémarrer à ce point pour une prochaine exploration. Chaque étage est rempli de plusieurs pierres et de faune locale (araignées, chauves-souris, souris, guêpes, etc.). L’objectif est donc de détruire les pierres pour obtenir des matériaux et minerais. Une pierre dissimule un trou menant à l’étage suivant. Le but est donc de tenter de faire au moins 10 étages par exploration, tout en faisant attention à sa jauge d’endurance. En effet, chaque action consomme la jauge d’endurance et, une fois à zéro, vous ne pourrez plus effectuer d’action. En plus de cela, vous avez également une barre de vie qui diminuera si les ennemis entrent en contact avec vous. Une fois la jauge à zéro, vous vous évanouirez et vous serez ramené à la surface. Les minerais ont un rôle important car, en plus de bien se vendre, ils permettront surtout de pouvoir fondre des lingots qui permettront d’améliorer vos nombreux outils. Une meilleure capacité pour votre arrosoir, la possibilité de piocher des rochers plus imposants ou de gros troncs d’arbres, travailler plus de cases de terre à la fois, etc.

Une activité nocturne intéressante ?

Comme dit plus tôt, les activités nocturnes se divisent en deux phases. Certaines sont obligatoires d’un point de vue scénaristique. Mais la plupart du temps, vous serez réveillé et aurez le choix de partir ou non à l’extérieur pour effectuer quelques activités annexes. En sortant à l’extérieur armé de votre lampe torche, vous aurez l’occasion de voir une belle variété du folklore des Yokaï. Face à eux, la fuite sera la meilleure option. En cas de contact, cela amènera à des effets visuels sur votre écran, des cris désagréables, une augmentation de votre rythme cardiaque (avec des vibrations plus fortes, manette en main). Mais le jeu en vaut la chandelle : on peut ainsi trouver sur le sol des magatamas qui pourront être utilisés pour débloquer du contenu additionnel à l’autel de la divinité du coin. Un esprit renard apparaîtra également pour vous permettre, en échange d’offrandes, de débloquer des objets qui amélioreront votre endurance. Enfin, certains mini-événements permettront de débloquer des « recettes » de fabrication et autres objets uniques à ce monde nocturne.

Évoqués plus tôt également, les « boss » ont aussi leur propre mise en scène. Voir se lancer une partie de 1, 2, 3 Soleil écrite en lettres de sang, pour les plus jeunes, cela pourra avoir son petit effet. Ne vous reste plus qu’à faire la chasse aux matériaux en survivant jusqu’à 5 h du matin, heure à laquelle les esprits rentrent chez eux, ou bien rentrer vous coucher une fois votre mission terminée. Enfin, si vos points de vie passent à zéro durant la nuit, pas de panique, vous vous relèverez simplement le lendemain matin. Même si le jeu est affiché PEGI 12, certaines scènes avec la vue du sang seront peut-être un peu fortes pour les âmes les plus sensibles.

Yomawari à la ferme

Si vous êtes un amateur de jeux d’horreur au style chibi et que vous connaissez le catalogue Nippon Ichi Software, Village in the Shade vous rappellera forcément une certaine licence dénommée Yomawari. Et ce serait tout à fait normal puisque nous retrouvons Yu Mizokami comme conceptrice et réalisatrice des deux licences. Même si l’on est dans un style minimaliste, il faut avouer que le village de Kagatsu est de toute beauté avec ses nombreux effets de lumière. Les personnages sont attachants, chacun a son propre style, et on a la chance d’avoir le droit à une traduction française de qualité. Si l’ambiance est relativement grave le long de l’aventure, cela n’empêche pas d’avoir également quelques moments assez drôles (mention spéciale au laideron cupide). La faune et la flore sont vivantes et donnent un charme indéniable à notre terrain de jeu, le tout porté par une bande-son apaisante en journée et absente le soir, laissant la place à un sound design très efficace.

Enfin, côté ergonomie, on a quelque chose de très correct. Si l’on commence avec un inventaire ridiculement petit, il pourra grossir en achetant de plus gros sacs au village du coin. Une grande carte du village est également accessible, où l’on peut voir l’emplacement des personnages, et surtout les lieux où se déclencheront les événements liés au scénario principal, ou encore les événements qui amélioreront les liens sociaux. Seul bémol, en dehors du scénario, les activités annexes se résument à un festival et un concours par saison, on aurait peut-être apprécié un peu de variété en plus.

8.5
Village in the Shade est une agréable surprise en cette fin d’année. Proposant un mix intelligent entre simulation de vie et horreur, les joueurs vont apprécier se perdre de longues heures dans les bois du petit village de Kagatsu et découvrir les mystères qui se dissimulent derrière les 8 règles que doivent respecter ses villageois. Attention toutefois, prévoyez une bonne cinquantaine d’heures minimum si vous espérez en voir le bout : le rythme est assez lent et vous poussera à enchaîner les jours pour faire avancer son scénario petit à petit afin de pouvoir percer les secrets les plus sombres du village.

Points positifs

  • Un mélange original et réussi entre simulation de vie et horreur
  • Une ambiance horrifique particulièrement efficace la nuit
  • Une histoire qui prend le temps de se dévoiler
  • Une bonne variété d’activités
  • Une direction artistique charmante et une excellente traduction française

Points négatifs

  • Un rythme global assez lent
  • Des activités agricoles finalement très classiques et peu originales
  • Peu de quêtes annexes en dehors du scénario principal