C’est quand même chouette qu’aujourd’hui, avec tous les jeux indés qui sortent, on puisse retrouver des genres un peu oubliés, comme le point and click. Et non content de se montrer efficace dans ce qu’il fait, The Drifter se permet même de nous proposer des choses inattendues. Allez, il est temps de se faire peur et de se triturer les méninges, comme dans les années 90.
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Du rétro tout moderne bien il faut
L’histoire de The Drifter nous met dans la peau de Mick Carter, titulaire vagabond qui revient dans sa ville natale pour l’enterrement de sa mère. Ayant embarqué clandestinement dans un train, il a à peine le temps d’en sortir qu’il se fait agresser par groupe armé. Tentant de fuir, Mick voit alors ses amis clochards mourir, une journaliste se faire kidnapper, puis il est lui-même jeté à l’eau et laissé pour mort… jusqu’à ce qu’il se réveille et puisse retenter de s’échapper. Se tirant de son mauvais pas, Mick est alors seul, sans ressources, accusé des meurtres près du train, et poursuivi par des entités mystérieuses alors que sa ville est en proie à une série de crises de panique et de meurtres. Et c’est sans compter sur le passé de Mick qui viendra le rattraper, entre son ex-femme qui lui en veut et toutes les autres raisons qui l’ont poussé à devenir un vagabond.
The Drifter est donc un point and click très porté sur sa dimension narrative, avec une ambiance de thriller horrifique et stressant. Chose pas très habituelle, certaines phases du jeu sont sensibles au temps et donc vous devrez avoir un bon timing pour vous tirer des situations compliquées qui vous sont présentées. Mais pas d’inquiétude, si vous échouez (et mourrez), Mick se verra ramené à la vie… mais à quel prix ? Comptez-vous vraiment tirer sur la corde jusqu’à en trouver le bout ? Est-ce même vraiment un facteur dans tout cela ? C’est qu’il va falloir commencer à se montrer paranoïaque. Pour le reste, The Drifter garde les conventions du genre, entre dialogues, objets à montrer, à utiliser sur d’autres objets, à combiner, le tout dans des tableaux variés à travers la ville. Le tout reste plutôt terre à terre et n’exige pas de sauts de logique par contre, ce qui est agréable, mais vous n’avez pas non plus d’aide au cas où vous seriez coincé. Heureusement vous ne devriez pas être bloqué très longtemps au vu du rythme très rapide du jeu: en effet, vous avez tendance à être jeté d'une scène à une autre.
Beau et efficace
On pourra regretter que The Drifter n’offre pas de jouabilité en mode souris sur Switch 2, mais la façon de jouer à la manette est bien plaisante, et ne compte que sur votre stick et des commandes contextuelles qui viennent très naturellement. Mick est entouré d’un rond vous montrant la direction des différents points d’intérêt, et vous pourrez alors en choisir un facilement, sans avoir à trainer un curseur virtuel. Des fois, ces points sont un peu proches et dans le feu de l’action il faudra bien faire attention, mais le système fonctionne globalement très bien et se révèle pratique et immersif. Des résumés des mini-arcs narratifs sont disponibles à tout moment et se mettent à jour tous seuls histoire de savoir où vous en êtes après une petite pause, ce qui est bien pratique également, mais ne vous guidera pas vers la prochaine étape à accomplir pour terminer votre chapitre en cours.
Visuellement, The Drifter propose un superbe pixel-art qui vient renforcer l’atmosphère du jeu, avec de très très belles animations et un niveau de détails très satisfaisant. La très bonne VA intégrale des voix aide également votre immersion dans cet univers sombre et inquiétant, et une très bonne traduction française viendra vous épauler pour tout comprendre. D’ailleurs, cette compréhension n’est pas forcément toujours claire, car on ne nous propose jamais de « lore dump » mais elle fera plaisir aux amateurs de bonnes histoires qui aiment deviner des choses avant de les voir confirmées grâce à des petits détails.


