Bienvenue sur les routes ensoleillées d’Hawaï, cette fois directement dans vos mains grâce à la Nintendo Switch 2. Trois ans après son lancement initial sur les plateformes concurrentes, The Crew Motorfest d’Ubisoft Ivory Tower débarque enfin sur la console hybride de Nintendo, apportant avec lui tout le contenu accumulé depuis 2023. Ce portage arrive à point nommé, en plein milieu de la Season 11, et propose une expérience open-world de course arcade ambitieuse sur un hardware jusqu’ici peu pourvu dans ce genre. Voici mon test complet.
Hawaï sous stéroïdes
The Crew Motorfest s’inspire clairement de l’esprit festif et libre de Forza Horizon. Le principe est simple et efficace : vous êtes invité à un festival permanent de la culture automobile installé sur les îles hawaïennes. O’ahu sert de base principale, avec ses routes côtières, ses montagnes et la ville d’Honolulu, tandis que les saisons suivantes ont élargi le terrain de jeu. Contrairement aux jeux de course purement linéaires, ici la liberté est reine. Vous explorez un monde ouvert sans chargements, collectionnez des véhicules, personnalisez-les et enchaînez des playlists thématiques qui racontent différentes facettes de la passion automobile. Le ton est léger, coloré et accessible, avec un handling arcade fun plutôt que simulation ultra-réaliste. Le jeu mise sur le plaisir de conduire, la variété et l’immersion dans un cadre paradisiaque.
Depuis son lancement en 2023, le contenu a explosé grâce à un live-service régulier. On compte désormais plus de 800 véhicules, des voitures classiques aux hypercars, en passant par les motos, bateaux, avions et même des RC cars. Plus de 30 playlists thématiques ont été ajoutées, couvrant le street racing japonais, le muscle car américain, le drift, le rallye, les légendes du passé et des collabs spéciales. La Season 11, sortie en même temps que le portage Switch 2, apporte l’île libre de Kauai (plus sauvage et orientée exploration off-road), un système de treuil, de la faune à photographier, et un DLC Tomb Raider payant sur Ni’ihau. Des mises à jour saisonnières, des Summits, des événements limités et le TrackForge pour créer ses propres circuits maintiennent le jeu très vivant. Sur Switch 2, on récupère donc un package déjà extrêmement riche, sans contenu coupé.
Du bitume aux nuages : un feeling de conduite qui change avec chaque véhicule
Le gameplay est le grand point fort. Chaque type de véhicule possède sa propre identité. Les voitures de street et hypercars offrent un feeling agile et nerveux, parfait pour les routes sinueuses. Les muscle cars sont plus lourdes et spectaculaires en drift. Les véhicules de rallye et off-road gèrent très bien les terrains accidentés, surtout avec le nouveau système de treuil sur Kauai. Les motos sont ultra-manœuvrables et addictives. Les bateaux et avions apportent une vraie respiration : voler au-dessus des îles ou naviguer le long des côtes change complètement le rythme. La qualité de conduite reste agréable et accessible, avec une assistance bien calibrée. Le feeling n’atteint pas forcément le niveau d’un Forza Horizon sur machine plus puissante, mais il est suffisamment précis et fun pour ne jamais frustrer, même en portable.
L’open world est vaste et agréable à parcourir. Les îles regorgent de découvertes : points de vue, défis secondaires, coffres, animaux à photographier, routes secrètes et events aléatoires. On peut simplement se balader pour le plaisir, tester un nouveau véhicule ou chercher les meilleurs shortcuts. Les courses proposées sont très variées : playlists story avec enchaînement d’épreuves thématiques, Grand Race chaotiques jusqu’à 28 joueurs, courses de drift, time trials, demolition, challenges photo, et événements live saisonniers. Le TrackForge permet de créer et partager des circuits, ce qui prolonge encore l’expérience. La liberté de choisir son rythme (solo calme ou compétition intense) fonctionne très bien et donne une vraie sensation de festival permanent.
Crew, courses et continuité : le multi qui suit…
Le multijoueur reste au cœur de l’expérience. Vous croisez d’autres joueurs dans le monde ouvert (pool Switch 2 principalement, avec cross-play limité sur certains modes), vous pouvez former un crew, participer aux Grand Races, aux Summits et aux événements live. Les courses en ligne sont dynamiques et le sentiment de communauté est bien présent grâce aux classements et aux défis hebdomadaires. Ubisoft Connect est obligatoire : connexion permanente au compte Ubisoft pour jouer. C’est contraignant, mais le service apporte le cross-save et la cross-progression. Ma partie Xbox a repris parfaitement sur Switch 2, avec toute ma collection de véhicules et ma progression de carrière. C’est une excellente surprise qui rend le portage particulièrement intéressant pour ceux qui ont déjà joué ailleurs. Les Year Pass payants ne se transfèrent pas entièrement, mais le contenu de base et les véhicules acquis le sont. Le multijoueur nécessite aussi un abonnement Nintendo Switch Online, ce qui ajoute une couche de contraintes, mais l’intégration reste fluide une fois connecté.
Portage réussi, liberté limitée : le vrai visage technique de Motorfest sur Switch 2
Sur le plan technique, le portage est honnête et surprenant pour une console hybride. Le jeu cible le 1080p à 30 images par seconde stables, aussi bien en mode TV qu’en portable. Les graphismes sont un cran en dessous des versions PS5/Xbox Series, avec des textures un peu moins définies et un upscaling visible sur grand écran, mais le rendu reste très correct. Les reflets, l’éclairage et la densité de l’open world tiennent bien, et les ralentissements sont rares. En mode portable, l’expérience est particulièrement agréable : l’écran de la Switch 2 met bien en valeur les paysages hawaïens colorés, et la fluidité à 30 fps suffit pour le type de jeu. Ubisoft a clairement optimisé pour que ça tourne de façon constante, ce qui est un vrai exploit compte tenu de la taille du monde.
La durée de vie est excellente grâce à l’énorme quantité de contenu déjà présent et aux mises à jour continues. On peut facilement y passer des dizaines d’heures, voire plus si l’on collectionne tout et participe aux saisons. Le gros point noir reste l’obligation de connexion permanente à Internet, même en solo. Cela retire une grande partie de l’aspect nomade de la Switch 2 : impossible de jouer en avion, en train sans Wi-Fi ou en zone blanche. C’est frustrant sur une console conçue pour le déplacement. La bonne surprise, cependant, vient du cross-save via Ubisoft Connect. Pouvoir reprendre sa partie Xbox directement sur Switch 2 sans perte de progression est un vrai plus et rend le portage beaucoup plus attractif pour les joueurs multi-plateformes.

