Nintendo Switch 2

Nintendo Switch Sports Resort

Test Switch 2

Nintendo Switch Sports Resort

Par babidu - Il y a 1 heure

Près de vingt ans après les premières parties de tennis et de bowling sur Wii, Nintendo remet ses joueurs en claquettes-chaussettes sur Nintendo Switch 2. Avec douze disciplines, le retour de l'île Wuhu et des Joy-Con 2 particulièrement bien exploités, Nintendo Switch Sports Resort entend retrouver l'esprit des soirées devant Wii Sports, même si nous avons tous pris deux décennies dans les dents… Après une quinzaine d'heures, seul puis entre amis, le plaisir est bien présent, même si tous les sports ne se valent pas.

Test réalisé à partir d'une clé fournie par Nintendo France sans droit de regard sur le test.

Un petit air de vacances

J'ai passé mes dix premières heures sur Nintendo Switch Sports Resort en solitaire, avant de poursuivre l'expérience avec quelques proches. Et si je me suis plutôt bien amusé seul, il m'a suffi de quelques parties en joyeuse compagnie pour me rappeler pourquoi cette série fonctionne aussi bien depuis bientôt vingt ans. C'est toujours plus drôle de faire semblant de pratiquer un sport dans son salon quand quelqu'un est là pour se moquer de votre façon de tenir la raquette ou que l'on peut insulter son coéquipier qui vient de laisser un point à l'adversaire. Avec Nintendo Switch Sports Resort, Nintendo nous propose de retrouver l'île Wuhu, déjà explorée dans Wii Sports Resort, pour pratiquer douze disciplines différentes. Certaines sont directement héritées des précédents épisodes, d'autres font leur apparition, mais toutes reposent sur une prise en main immédiate et facile des Joy-Con 2.

On aurait évidemment pu espérer une compilation plus complète pour les 20 ans de la série, mais c'est déjà un très bon package. Nintendo Switch Sports Resort propose tout de même davantage de disciplines que Nintendo Switch Sports, sorti en 2022, mais il en abandonne trois au passage : le football, le badminton et le chambara. C'est regrettable, particulièrement pour ce dernier, tant les Joy-Con 2 semblaient adaptés à une nouvelle ère de combats au sabre. Le kendo de Wii Sports Resort manque lui aussi à l'appel alors qu'il y avait pourtant de quoi imaginer quelque chose de particulièrement amusant avec les nouvelles manettes. Difficile de ne pas regretter que Nintendo n'ait pas simplement réuni toutes ces activités dans une même compilation. Cela aurait donné à cette nouvelle itération un caractère bien plus définitif. Ne nous refaites pas le coup de Pass d'extension de Fire Emblem : Fortune's Weave et tout ira bien.

Les Joy-Con 2 entrent dans la danse

La première bonne nouvelle concerne les commandes. Après une quinzaine d'heures, je n'ai rencontré aucun bug notable ni véritable problème de reconnaissance des mouvements. Tout fonctionne remarquablement bien et c'est évidemment essentiel pour un jeu qui repose presque intégralement sur les gestes du joueur. Les Joy-Con 2 sont surtout exploités de manière très variée. On les utilise comme des raquettes, un arc, des gants de boxe ou encore un guidon avec une simplicité étonnante. Le mode souris de la Nintendo Switch 2 est même convoqué. Il y a presque un petit côté « Nintendo Switch 2 Welcome Tour : Le retour » dans cette volonté de démontrer les différentes possibilités des manettes, mais avec de vrais jeux autour.
J'ai également eu le sentiment que les commandes étaient moins flottantes qu'à l'époque de la Wii, avec des mouvements plus nets et des sensations moins vibrantes. Je n'ai toutefois pas ressorti Wii Sports Resort pour comparer directement les deux systèmes. Cela reste donc une impression, mais une impression particulièrement agréable.
L'autre bonne nouvelle concerne la convivialité. Une paire de Joy-Con 2 permet de profiter du jeu seul et de partager de nombreuses activités à deux. Même les balades en hydravion et en motomarine peuvent se pratiquer en compagnie. Voilà qui facilite l'organisation de parties improvisées, même sans disposer d'une collection entière de manettes.
Visuellement, Nintendo Switch Sports Resort propose une évolution naturelle de la formule. Les environnements sont agréables, colorés et souvent très jolis, particulièrement les parcours de golf et les paysages de l'île Wuhu. Ce n'est ni une claque graphique ni une démonstration spectaculaire des capacités de la Nintendo Switch 2, mais le résultat est propre et plaisant à regarder. Quant aux Sportsmates, ils continuent de me sembler moins typiquement Nintendo que les bons vieux Mii. Ces derniers restent heureusement disponibles. De là à détester leurs remplaçants ou à aller casser des abribus, il ne faudrait peut-être pas exagérer non plus. Reste à découvrir ce que valent les douze disciplines de cette nouvelle édition.

Tennis : la valeur sûre

Commençons par le tennis, sans doute la discipline qui symbolise le mieux Wii Sports depuis ses débuts. Vingt ans plus tard, la formule demeure pratiquement inchangée : on agite sa manette pour renvoyer la balle, on tente de placer ses frappes et on finit inévitablement par donner de grands coups dans le vide lorsque les échanges deviennent un peu trop intenses. Est-ce toujours amusant ? Absolument. Est-ce particulièrement nouveau ? Pas vraiment.
Le tennis bénéficie évidemment d'une réalisation plus jolie et de commandes efficaces, mais il ne cherche pas à réinventer ce que Nintendo proposait déjà sur Wii. Ce n'est pas nécessairement un problème puisque la formule continue de fonctionner parfaitement en soirée. Il suffit de passer une manette à quelqu'un pour que la partie commence, sans longue explication ni apprentissage particulier. C'est toujours un excellent sport pour lancer une soirée, même s'il ne constitue pas à lui seul une raison suffisante d'acheter cette nouvelle version.

Bowling : encore et toujours

Pour le bowling, le constat est encore plus simple : j'ai eu l'impression de retrouver exactement les sensations du premier Wii Sports. On prend sa manette, on accompagne son lancer, on tente de faire tomber les quilles et on recommence. La précision est toujours au rendez-vous et les parties restent agréables, particulièrement lorsque chacun commence à commenter les lancers de ses adversaires.
Mais difficile de ressentir un véritable enthousiasme face à une discipline dont la formule a si peu évolué dans ses fondamentaux. Certes, le bowling reste l'un des grands classiques de la série, et il aurait été dommage de le voir disparaître. Simplement, après toutes ces années, on aurait aimé être un peu plus surpris. Le plaisir est intact, la surprise beaucoup moins.

Tir à l'arc : en plein dans le mille

Voilà sans doute ma première véritable surprise du jeu. Je ne m'attendais pas à apprécier autant le tir à l'arc, et pourtant, il figure parmi mes disciplines préférées de Nintendo Switch Sports Resort. Tout commence par les sensations dans les mains : viser, tendre son arc puis décocher une flèche procure une satisfaction assez immédiate. La précision des Joy-Con 2 fait ici des merveilles, d'autant que le jeu ne se contente pas de demander au joueur de viser une cible immobile. Le vent joue un véritable rôle dans la trajectoire des flèches, obligeant à corriger son tir plutôt qu'à simplement placer son viseur au centre. Oui, le vent ascendant au-dessus de la lave est pris en compte. Et toc, Breath of the Wild !

Cette mécanique donne une profondeur bienvenue à une activité qui aurait pu devenir répétitive. Les environnements contribuent également beaucoup au plaisir. Les différents parcours sont agréables et certains proposent des cadres plus originaux, jusqu'à nous entraîner au milieu du volcan de l'île Wuhu. C'est exactement le genre de discipline que j'espérais trouver dans cette nouvelle édition : simple à comprendre, précise, suffisamment variée et surtout capable de donner envie de recommencer immédiatement après un tir raté. Une franche réussite que je salue bien bas.

Boxe : rendez-nous Punch-Out!!

La boxe fait elle aussi partie des bonnes surprises de Nintendo Switch Sports Resort, même si son retour est moins inattendu puisqu'elle figurait déjà parmi les disciplines du tout premier Wii Sports. Les affrontements demeurent accessibles, avec des coups à placer, des attaques à bloquer et des occasions de contre-attaquer. Mais j'ai trouvé cette nouvelle interprétation sensiblement plus stratégique que dans mes souvenirs. On ne peut pas simplement compter sur une agitation frénétique des bras pour espérer gagner. Il faut observer son adversaire, choisir le bon moment pour attaquer et penser à se défendre. Les premières rencontres peuvent donner l'impression d'une promenade de santé, mais les combats deviennent rapidement plus exigeants.
Les Joy-Con 2 répondent très bien et participent à cette sensation de maîtrise. On se prend facilement au jeu, particulièrement lorsque les échanges s'accélèrent et qu'il faut surveiller à la fois sa garde et les ouvertures adverses. J'ai pu y expurger mon aversion pour les sportsmates par les poings. Ce retour de la boxe m'a surtout donné une envie : retrouver enfin Punch-Out!! sur Nintendo Switch 2. Un nouvel ARMS pourrait aussi être intéressant, mais soyons clairs, ma préférence va largement au premier. En attendant, cette boxe constitue déjà un excellent moyen de se défouler entre deux disciplines plus tranquilles.

Volley-ball : spectateur de son propre match

Il fallait bien une discipline pour faire retomber l'enthousiasme, et le volley-ball s'en charge malheureusement avec une efficacité remarquable. Je n'ai pas grand-chose à reprocher à la reconnaissance des mouvements, qui fonctionne correctement. Le problème vient plutôt de la manière dont le sport a été conçu. Le joueur passe une bonne partie du temps à attendre que l'action arrive jusqu'à lui. Les déplacements sont extrêmement limités, les séquences sont très encadrées et les gestes demandés se résument souvent à intervenir au bon moment. Le jeu nous indique d'ailleurs régulièrement ce que nous devons faire, ce qui renforce encore cette impression de suivre une chorégraphie plutôt que de véritablement participer à un match.
Il y a presque quelque chose du jeu de rythme dans cette succession de réceptions, de passes et de frappes. Pourquoi pas, sur le principe. Mais le résultat manque terriblement de dynamisme et ne m'a laissé que très peu de place pour développer une stratégie personnelle. Là où les meilleures disciplines parviennent à faire oublier la manette pour donner l'impression de pratiquer un sport, le volley-ball rappelle constamment que nous sommes simplement en train d'exécuter des actions prédéfinies. C'est lent, trop dirigiste et, à mes yeux, franchement ennuyeux. On n'est pas loin du zéro pointé pour votre serviteur.

Tennis de table : petit terrain, grandes sensations

À l'exact opposé du volley-ball, le tennis de table m'a immédiatement convaincu. Et je dois reconnaître qu'il m'a même davantage amusé que le tennis traditionnel. On aurait pu craindre une simple déclinaison de ce dernier, avec une table plus petite et une balle plus rapide. Heureusement, il n'en est rien. Le tennis de table possède une identité bien à lui, notamment grâce à son rythme nettement plus soutenu. Les échanges peuvent devenir particulièrement nerveux. La balle revient vite, les réactions doivent être immédiates et le moindre relâchement peut coûter un point. Surtout, les Joy-Con 2 permettent de ressentir une véritable maîtrise de la raquette.

Celle-ci accompagne les mouvements de la main, et l'on distingue très bien les changements d'orientation entre les coups droits et les revers. La sensation de précision est remarquable. En soirée, le résultat a fait son petit effet. Les échanges sont spectaculaires, les retournements rapides et les joueurs finissent par s'investir physiquement bien plus que prévu. Car oui, le tennis de table est aussi étonnamment fatigant. Bien davantage que le tennis, en ce qui me concerne. C'est sans doute l'une des disciplines qui profitent le mieux des qualités des Joy-Con 2. Rapide, nerveuse, précise et immédiatement amusante, elle fait clairement partie des grandes réussites de cette compilation.

Basketball : rendez-nous nos jambes

Le basketball s'en sort mieux que le volley-ball, mais il souffre malheureusement d'un défaut comparable : la liberté laissée au joueur demeure trop limitée. Les différentes actions restent amusantes et les commandes répondent correctement. Le problème, c'est qu'on ne contrôle pas réellement les déplacements de son personnage comme on pourrait l'espérer. Au lieu de nous laisser évoluer librement sur le terrain, le jeu accompagne largement les mouvements de notre sportif et nous demande surtout d'intervenir lors des phases importantes. C'est d'autant plus frustrant qu'une solution paraît assez évidente. Puisque nous tenons déjà le Joy-Con de manière à pouvoir utiliser son stick, pourquoi ne pas nous laisser contrôler directement notre personnage avec celui-ci ?
Ce simple changement aurait probablement rendu les rencontres beaucoup plus intéressantes à mes yeux, en ajoutant un véritable travail de placement aux gestes demandés par le jeu. En l'état, le basketball reste sympathique, surtout pour quelques parties occasionnelles, mais j'ai souvent eu le sentiment de ne pas avoir suffisamment de prise sur les rencontres. Tout n'est pas raté, loin de là. Simplement, après un tennis de table aussi convaincant, difficile de ne pas regretter cette approche beaucoup trop encadrée.

Golf : une petite pause bien méritée

À l'image du bowling, le golf ne m'a pas particulièrement surpris. On retrouve les sensations habituelles de la série, avec une manette utilisée comme un club et des coups à ajuster pour espérer envoyer la balle au bon endroit, ou dans les arbres et les lacs, au choix. Là encore, la formule fonctionne toujours aussi bien, mais son évolution ne saute pas aux yeux. Le principal intérêt de cette nouvelle version réside plutôt dans son cadre. Les parcours sont très jolis et profitent bien des paysages de l'île Wuhu pour proposer des environnements agréables à parcourir.

Contrairement au tennis ou à la boxe, j'ai d'ailleurs davantage apprécié le golf en solitaire qu'à plusieurs. Son rythme plus posé permet de souffler entre deux disciplines intensives, de prendre son temps et de profiter tranquillement des décors. Ce n'est certainement pas le sport qui m'a donné le plus envie de réunir des amis, mais c'est l'un de ceux que j'ai le plus volontiers pratiqués lorsque je cherchais simplement un moment de détente. Comme quoi, une discipline n'a pas besoin de se renouveler complètement pour conserver son intérêt. Encore faut-il accepter qu'elle ne soit pas une grande nouveauté ni d'une grande originalité.

Bataille de pouces : un petit jeu entre amis

Sur le papier, organiser une bataille de pouces avec un Joy-Con 2 peut sembler assez ridicule. La plupart de vos connaissances disposent de pouces et vous pourriez y jouer directement. Dans les faits, c'est justement l'usage des Joy-Con 2 qui rend cette nouvelle discipline amusante. Je dois cependant reconnaître que mes premières parties en solitaire ne m'avaient guère convaincu. La mécanique paraît assez limitée et l'on en comprend rapidement les principes. Mais dès qu'on affronte quelqu'un dans la même pièce, l'intérêt devient beaucoup plus évident. La bataille de pouces repose largement sur l'anticipation, le bluff et la capacité à surprendre son adversaire. On essaie de deviner ce qu'il compte faire, on hésite, on tente de provoquer une réaction et l'on finit par retrouver quelque chose d'assez proche d'un pierre-feuille-ciseaux plus élaboré.
C'est simple, mais beaucoup plus stratégique qu'il n'y paraît au premier abord. Il ne faut toutefois pas lui demander davantage que ce qu'elle peut offrir. Après une quinzaine de minutes, j'avais généralement envie de passer à autre chose. C'est donc une petite curiosité réussie, particulièrement recommandable pour quelques affrontements entre amis, mais qui manque de profondeur pour devenir l'une des attractions principales du jeu. Sa place aurait été dans Nintendo Switch 2 Welcome Tour, dites-vous ?

Hydravion : le plaisir de ne rien faire

Je crois que l'hydravion est l'une des disciplines qui résument le mieux mon attachement à Wii Sports Resort. À l'époque, j'adorais déjà me promener librement au-dessus de l'île Wuhu, sans chercher nécessairement à réaliser un exploit ou à battre un record. Nintendo Switch Sports Resort retrouve parfaitement ce plaisir assez particulier. On décolle, on prend de l'altitude, on survole les paysages et l'on part à la recherche des différents secrets disséminés sur l'île. Les occasions de découvrir des lieux cachés ou de photographier certains endroits donnent un objectif à ces excursions, mais elles ne constituent pas forcément leur intérêt principal. Ce que j'aime, c'est simplement me balader en tenant mon Joy-Con comme une baguette. Simple, intuitif, efficace.

L'île m'a paru plus vaste à parcourir que dans mes souvenirs de la version Wii, tandis que les déplacements plus rapides permettent d'explorer ses différents secteurs avec davantage de liberté. On retrouve bien entendu le volcan et les paysages familiers de Wuhu, ce qui donne immédiatement l'impression de revenir dans un endroit que l'on connaît depuis longtemps. La possibilité de jouer à deux est également bienvenue, au moins sur le principe. En pratique, je trouve toutefois que cette activité perd une partie de son intérêt en compagnie, tant son plaisir repose sur une exploration tranquille et personnelle. Même le mode bataille de ballon ne vous tiendra pas vous et votre compagnon de vol en haleine. Je préfère donc largement profiter de l'hydravion seul, en prenant le temps de découvrir un nouveau recoin de l'île ou simplement d'admirer le paysage. Certaines disciplines donnent envie de battre des records… et d'autres de simplement poser le cerveau.

Skateboard : une bonne idée sur roulettes

Le skateboard constitue une autre nouveauté plutôt réussie, notamment parce qu'il exploite le mode souris des Joy-Con 2 d'une manière assez originale. La prise en main demande un petit temps d'adaptation, mais les commandes se montrent rapidement efficaces. Malgré la présence du mode souris, les sensations reposent aussi largement sur l'orientation et les mouvements de la manette. Surtout, Nintendo a eu la bonne idée de ne pas transformer cette discipline en concours d'agitation de poignets et de glisse sur bureau et sur jeans.
Les parcours proposent différents éléments permettant de gagner de la vitesse, notamment des accélérations qui m'ont parfois rappelé les circuits de Mario Kart. Il ne s'agit donc pas simplement de reproduire frénétiquement un mouvement pour avancer le plus vite possible, mais plutôt de suivre correctement sa trajectoire et de profiter des occasions d'accélérer. Le résultat fonctionne bien, y compris à plusieurs, et donne lieu à des courses assez amusantes. J'aurais peut-être apprécié un retour haptique un peu plus marqué pour renforcer certaines sensations, mais les commandes répondent suffisamment bien pour que cela reste un reproche mineur. Sans atteindre le niveau de mes disciplines préférées, le skateboard constitue donc une addition bienvenue et une utilisation intelligente des nouvelles possibilités de la Nintendo Switch 2.

Motomarine : autant prendre l'avion

Terminons par la motomarine, qui ne m'a malheureusement pas laissé un souvenir impérissable. À première vue, on pourrait croire qu'elle propose une sorte d'équivalent aquatique de l'hydravion. On profite des paysages, on explore les environs et l'on participe à quelques activités sur l'eau. Mais là où les déplacements aériens permettent d'admirer Wuhu sous différents angles, les balades en motomarine m'ont paru beaucoup moins intéressantes. On reste à la surface de l'eau et, forcément, le terrain de jeu semble immédiatement moins riche à explorer. Quelques courses viennent heureusement apporter un peu de variété et peuvent se montrer assez amusantes. Le principal problème tient cependant à la manière de contrôler l'engin. Il faut tenir les Joy-Con 2 comme un guidon de motomarine et reproduire les mouvements nécessaires pour tourner. Sur le papier, pourquoi pas. Dans les faits, je n'ai jamais trouvé cette position particulièrement naturelle.
J'en suis même venu à me dire qu'une simple barre sur laquelle fixer les deux Joy-Con aurait sans doute rendu la chose plus agréable. À force de gesticuler avec les manettes dans les mains, j'avais parfois l'impression de ressembler à un personnage de Malcolm plutôt qu'à un pilote de motomarine. J'aurais finalement préféré une discipline de motocross, quitte à conserver le principe d'un véhicule contrôlé par les mouvements des manettes. La motomarine n'est pas totalement dénuée d'intérêt, mais elle fait clairement partie des activités auxquelles j'ai le moins envie de revenir.

Hanson dans la série Malcolm (2000)

Des activités pour prolonger les vacances

Au-delà de ces douze disciplines, Nintendo Switch Sports Resort propose plusieurs fonctionnalités destinées à prolonger le plaisir. Le jeu en ligne permet notamment d'affronter d'autres joueurs, ce qui constitue une alternative intéressante pour ceux qui n'ont pas nécessairement la possibilité de réunir régulièrement leurs proches autour d'une console. Lors de mes essais, le fonctionnement ne m'a posé aucun problème particulier. Je ne prétends toutefois pas avoir suffisamment exploré cette facette du jeu pour juger de son équilibre compétitif ou de son intérêt sur la durée. À mes yeux, Nintendo Switch Sports Resort reste avant tout une expérience locale. C'est lorsque plusieurs personnes se retrouvent dans le même salon que les disciplines prennent véritablement tout leur sens.
Le jeu propose également différents objectifs et activités en solitaire, ainsi qu'un système de récompenses permettant de débloquer de nombreux éléments de personnalisation pour les Mii et les Sportsmates. La Foire aux articles offre ainsi de quoi renouveler régulièrement l'apparence de son personnage. Pour être franc, je ne suis pas particulièrement intéressé par la collection de vêtements et d'accessoires virtuels, mais les récompenses s'accumulent naturellement au fil des parties. Les joueurs les plus assidus auront donc de quoi s'occuper. Enfin, on trouve même un échauffement reposant sur la corde à sauter. C'est amusant, certes, mais je me demande bien combien de joueurs prendront réellement le temps de s'échauffer avant de lancer une partie de Wii Sports. Pardon, de Nintendo Switch Sports Resort. Quelqu'un s'est déjà fait un claquage sur Nintendo Wii ?

Le retour d'une tradition Nintendo

Avec Nintendo Switch Sports Resort, Nintendo confirme finalement que sa série sportive est devenue l'un des rendez-vous réguliers de ses consoles, au même titre que Mario Kart ou Super Smash Bros. Depuis la Wii, les machines changent, les manettes évoluent, mais l'idée demeure : proposer des activités immédiatement accessibles capables de réunir autour d'un écran des joueurs aux profils très différents. Et il faut reconnaître que la formule fonctionne toujours.
Les Joy-Con 2 sont particulièrement convaincants et certaines disciplines, comme le tir à l'arc ou le tennis de table, montrent à quel point une bonne reconnaissance des mouvements peut enrichir un jeu pourtant très simple en apparence. Au point de donner envie de retrouver un jour ces possibilités dans d'autres productions Nintendo. Je ne dirais pas non, par exemple, à un nouvel épisode de Zelda exploitant pleinement les commandes par mouvements, dans l'esprit de Skyward Sword. Mais je peux probablement toujours rêver.

Le problème de Nintendo Switch Sports Resort ne vient donc pas de son concept, ni même de son exécution technique. Il vient plutôt des choix effectués autour de son contenu. Certaines disciplines n'ont presque pas évolué dans leurs fondamentaux, tandis que d'autres souffrent d'une approche trop automatisée. L'absence de plusieurs sports présents dans les précédents épisodes est également regrettable, particulièrement celle des combats au sabre.
Mais ces réserves ne doivent pas faire oublier l'essentiel : après quinze heures de jeu, j'ai passé de très bons moments sur l'île Wuhu. J'ai pris plaisir à découvrir les disciplines en solitaire, puis à les faire découvrir à mes proches. Et si je ne suis pas certain de relancer régulièrement le jeu tout seul, je sais déjà qu'il retrouvera sa place lors de prochaines soirées. À 49,99 €, Nintendo Switch Sports Resort ne s'adresse évidemment pas à ceux qui n'ont jamais apprécié Wii Sports. En revanche, si vous avez passé des heures à lancer des boules de bowling devant votre télévision, à disputer des matchs de tennis improvisés ou simplement à survoler l'île Wuhu pour le plaisir, vous devriez retrouver ici l'essentiel de ce qui faisait le charme de la série. On aurait aimé un peu plus de générosité, quelques disciplines mieux pensées et davantage de nouveautés. Mais vingt ans après ses débuts, Nintendo parvient encore à nous faire agiter les bras devant notre télévision avec un sourire aux lèvres. Et c'est peut-être bien le principal.

8
Avec ses douze disciplines, Nintendo Switch Sports Resort réussit surtout là où on l'attend : faire passer de très bonnes soirées entre amis, grâce à des Joy-Con 2 précis, une prise en main immédiate et une réalisation agréable. Le tir à l'arc, le tennis de table et la boxe font partie des belles réussites, tandis que les balades en hydravion permettent de retrouver le charme de l'île Wuhu. Tout n'est pas aussi convaincant : le tennis et le bowling ont peu évolué, le volley-ball manque cruellement de dynamisme, le basketball laisse trop peu de liberté et la motomarine peine à intéresser. L'absence de plusieurs disciplines des anciens épisodes est aussi regrettable. Après quinze heures, le plaisir reste bien réel, mais c'est surtout en local que le jeu donne le meilleur de lui-même. À 49,99 €, les amateurs de Wii Sports peuvent foncer sans trop d'hésitation ; les autres ne découvriront pas ici une formule radicalement nouvelle. 8/10.

Points positifs

  • Les Joy-Con 2 remarquablement bien exploités.
  • Le tir à l'arc et le tennis de table, excellentes surprises.
  • Le retour très réussi de la boxe.
  • Le plaisir de retrouver et d'explorer l'île Wuhu.
  • L'accessibilité et la convivialité des parties en local.
  • Une réalisation agréable et une expérience techniquement solide.
  • La possibilité de jouer en ligne

Points négatifs

  • Plusieurs disciplines qui évoluent très peu.
  • Le volley-ball trop lent et trop automatisé.
  • Les déplacements trop encadrés au basketball.
  • La motomarine et sa gestuelle peu naturelle.
  • L'absence du football, du badminton et surtout des combats au sabre.
  • Un intérêt en solo qui risque de s'essouffler plus rapidement.