Quand une compilation a un titre comme Kingdom Hearts 2.8 Final Chapter Prologue, soit on est face à un créateur fou, soit la hype pour le troisième épisode est telle qu’on compte les jours. Ici, les deux sont vrais, mais ne vous y trompez pas, cette « compilation » ne cache qu’un seul jeu. Oops…
Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur
Une fausse compilation pleine de fausses promesses
Que se passe-t-il avec Kingdom Hearts 2.8 Final Chapter Prologue ? Que signifie ce titre ? Creusons un peu. Sous cette dénomination capillotractée se cache Kingdom Hearts : Dream Drop Distance, un jeu 3DS qui est la suite directe de Kingdom Hearts Re:Coded, lui même épisode suivant Kingdom Hearts 2, mais pas encore le troisième épisode numéroté. En plus de ça, il y a Kingdom Hearts 0.2 Birth by Sleep : A Fragmentary Passage, un épisode terminant le pont entre Birth by Sleep et le premier épisode de la saga, mais qui n’est en fait qu’une courte démo jouable du moteur destiné à Kingdom Hearts 3, et un ultime os à donner à ronger aux fans qui avaient tellement attendu. Finalement, le dernier « jeu » est une compilation de cinématiques des nombreux jeux mobiles exclusifs au Japon auxquels il est compliqué de comprendre quoi que ce soit tant ils introduisent vite nombre d’éléments nouveaux, et au vu de notre manque d’implication personnelle.
Nous avons donc une démo, des cinématiques et un jeu console portable réunis dans un seul menu, formant une déception qui préfigure celle de Kingdom Hearts 3. Passons vite sur les cinématiques des jeux mobiles, qui nous balance des hectolitres de lore et des feuilles de lecture sur un background complexe qui n’a pas grand-chose à voir avec l’aventure de Sora. Nous passons officiellement d’une série qui mélange deux univers pour s’amuser à une fanfic de lycéen des années 2000 qui pense que mettre 2 apostrophes et trois X dans un nom, c’est trop cool. Le coup de grâce ? Nous n’avons jamais eu accès à ces jeux, et on voudrait quand même nous faire avaler que leur lore est hyper important. Dommage, l’investissement des joueurs est primordial, surtout quand on construit des histoires aussi terriblement complexes à partir de « Et si Donald et Dingo tapaient sur Cloud ? » en se prenant au sérieux.
Quant à la démo avec Aqua, il n’y a rien à redire niveau gameplay, et le jeu est beau, il annonce de bonnes choses à venir, mais l’histoire ne raconte rien, les environnements sont répétitifs, et on s’ennuie vite malgré les trois pauvres heures de jeu. Oui, il y a des secrets à trouver, mais coller des oreilles de chat à Aqua ne vaut pas une jolie révélation sur le scénario, surtout quand Kingdom Hearts 3 oubliera la moitié de ses histoires annexes. Fragmentary Passage est un peu comme manger un burger basique de McDo : c’est bien, sucré et nostalgique, mais ça ne dure pas et on a encore faim après. Même si le burger a des oreilles de chat.
Dream Drop Distance, ça fait 3 « D ». Vous avez compris ?
Reste le vrai cœur de cette compilation, LE jeu qu’on achète. Et malgré ses défauts, on doit bien lui reconnaître plein de qualités, et c’est un vrai plaisir de le retrouver. A la base sorti sur la 3DS de Nintendo, Dream Drop Distance a du demandé un travail monstrueux pour être porté sur console de salon : refait entièrement dans un autre moteur, il se paye le luxe de garder toutes ses fonctionnalités malgré l’absence d’un second écran ou de fonctions tactiles, et ce sans trop de compromis. En fait, cela apporte une richesse qui le place au-dessus de Birth By Sleep en termes de gameplay, et qui donne lieu à de très bon moments.
Dans ce jeu, on incarne tour à tour Sora et Riku, alors qu’ils tentent de gagner le titre de Maîtres de la Keyblade. Tombés dans des « mondes endormis » et séparés dans des réalités parallèles, cela ne prendra pas longtemps avant qu’ils ne découvrent un vaste complot dont ils sont les victimes, et qui impliquent de vieilles connaissances. Une histoire plutôt intéressante qui fait la part belle au rival et ami de Sora, et qui nous conduit dans des mondes inédits ou alternatifs qui, s’ils ne sont pas toujours passionnants, ont le mérite de proposer de la nouveauté. Le « truc » est que vous n’êtes pas libres dans votre exploration : vous avez un temps limité. Inexorablement, Sora laissera sa place à Riku, puis inversement, les deux amis ayant des scénarios parallèles et vous n’avez pas vraiment votre mot à dire sur qui vous jouez, et quand. Alors, oui, techniquement vous pouvez forcer le changement, mais vous avez trop à y perdre pour que ça vaille la peine : les transitions naturelles s’accompagne en effet de gros bonus de stats pour la prochaine période à débloquer en jouant, et ceux-ci sont très bienvenus, en plus des quelques ressources à débloquer de cette façon.
En termes de système de jeu, 3D se construit sur la base de Birth by Sleep, avec un jeu de commandes à éditer, mais elles n’évoluent plus. A la place, vous devrez compter sur vos compagnons : les Mange-Rêves. Ceux-ci, une fois « fabriqués », combattront à vos côtés et vous donneront accès à de puissants mouvements de « fusions » leur étant unique afin de changer de vos combos basiques. Ce sont également eux, lors de leur montée en puissance, qui vous donneront accès à vos boosts de stats et de compétences. Mais hors combat, vous pouvez aussi vous occuper d’eux, comme des petits Tamagotchis, en jouant avec ou en les caressant, ce qui boostera leurs stats et vous donnera même de l’expérience pour apprendre des compétences. De quoi éviter un farming laborieux à chaque nouveau compagnon. Car oui, il faudra régulièrement les remplacer, jouer avec des Mange-Rêves plus puissants, et devenir le meilleur dresseur ! Une autre très bonne surprise est le système de « Fluidité » qui permet de traverser les environnements à toute berzingue en volant, en grindant sur les barrières, et en fonçant tel un skin de Sora dans Fornite, mais en mieux, et sans flingue. C’est un système de déplacement grisant dont on aurait du mal à se passer dans les suites. N’EST CE PAS, KINGDOM HEARTS 3 ?

