Avec le succès de la Switch 2 et la sortie prochaine de Kingdom Hearts 4, Square-Enix et Disney donnent enfin aux fans de Nintendo une vraie version des compilations Kingdom Hearts, au lieu des ignobles versions Cloud. Plus d’excuses, il est temps de replonger ou de plonger tout court dans les origines de la saga, et de savourer ces chefs-d’œuvres dans leur version ultime, en mode portable !
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Une série classique lancée avec un départ canon !
Le premier jeu Kingdom Hearts nous présente notre héros Sora. Alors qu’il vit sa vie avec ses amis amis Kairi et Riku en rêvant d’évasion, son île est attaquée par des créatures appelées les Sans-Coeurs, qui détruisent son monde et l’envoie tel un réfugié des étoiles dans un lieu inconnu appelé Ville de Traverse. C’est là qu’il va rencontrer Donald et Dingo, apprendre que son arme en forme de clé est en fait vitale à la survie de tous les mondes, et qu’il va devoir effectuer un voyage incroyable pour sauver le cœur de tous les habitants du monde de la lumière. Et non, vous n’hallucinez pas en lisant les noms de Donald Duck et de Dingo, car Kingdom Hearts est le mélange improbable de deux univers : Final Fantasy et Disney. Ainsi, on y côtoie Jack le Squelette, et Ariel la petite sirène, mais aussi Cloud ou Squall. Un mélange étonnant, mais qui fonctionne très bien grâce à une écriture un peu naïve et des thèmes universels, avec de vraies surprises.
Kingdom Hearts premier du nom est un Action RPG de l’ère PS2. Vous allez donc vous balader dans des environnements pas très grands, mais plutôt variés, et casser du Sans-Coeur par pelleté de douze à grands coups de clé géante et de magie. Heureusement, le système de combat est évolutif, et la raideur des premières heures fait vite place à un Sora très aérien, avec des techniques et des magies à lancer pour varier les combos, plus des parades et roulades et autres options de mobilité bienvenues. On sent bien l’évolution du personnage, et c’est un plaisir d’explorer les mondes Disney en compagnie de leurs héros tout en se sentant bien badass !
Mais Kingdom Hearts est un jeu varié, qui ne contient pas que de la baston. l’exploration sera de mise afin de trouver plein de trésors, ainsi que des mini-jeux variés, comme le pilotage du vaisseau entre les mondes, le colisée de l’Olympe et ses tournois, ou tout le monde de Winnie l’Ourson. Malgré son âge, le jeu est toujours très fun, et c’est un plaisir d’y retourner aujourd’hui, d’autant plus que les quelques ajouts de la version « Final Mix » aident à atténuer l’âge avec des commandes réactives mieux fichues, et de nouveaux super boss, ainsi qu’une bande-son remaniée et toujours aussi culte. Graphiquement, on sent bien la vibe de l'ère PS2, mais le tout est lissé et fluide, sans même un petit reproche technique à faire. Les choses qu’on pourra regretter seront le manque d’auto-save, et l’absence de la superbe VF doublée de l’époque, qui ramenait la plupart des voix des dessins animés de notre enfance.
Une semi-suite sur GBA, boostée à la 3D !
On enchaîne sur Chains of Memories, qui fait le pont entre le premier et le deuxième jeu. Dans cet épisode, Sora se retrouve enfermé dans un manoir étrange qui lui fait revivre ses souvenirs afin de retrouver quelque chose qu’il aurait oublié. Le piège ? Il devra se battre en utilisant un système de cartes. Si le jeu se présente toujours comme un jeu d’action, toutes vos commandes réunies dans un deck de cartes qu’il faudra collectionner, et dont il vous faudra faire des paquets. Certainement un coup à prendre, mais le système en vaut la peine une fois qu’il démarre, grâce à des suites qui débloquent des coups spéciaux, des invocations et autres petites tricheries et subtilités. Et une fois l’aventure de Sora terminée, un deuxième scénario vous attend, où vous jouerez Riku pour la première fois et découvrirez son côté de l’aventure.
Malgré un effet « clip-show » dur à avaler, et une structure rigide, Chains of Memories est un jeu plaisant quand on atteint enfin sa vitesse de croisière. Le côté collection de cartes est prenant, et l’histoire du Manoir Oblivion se révèle importante pour la suite. Malheureusement, le jeu met vraiment longtemps avant d’être agréable à jouer, et les premiers mondes, plus le système de progression, sont difficiles à avaler, voire carrément frustrants ! On évolue dans des salles générées au hasard avec des combats fréquents où les adversaires interrompent nos combos, et le tout va contre nos instincts si on connaît la série. En dehors de salles désignées dans lesquelles on doit aller dans un ordre prédéfini, l’histoire n’avance pas, et elle se répète bien trop souvent par rapport à KH1. C’est une expérience qui ne sera pas au goût de tous, mais qui révèle son potentiel sur la durée.
A noter que la raideur du jeu vient de son origine sur Game Boy Advance, et que cette version est un portage PS2 qui était à l’époque exclusif au Japon. Une belle version, toute en 3D avec des dialogues doublés et des scènes créées exprès, juste pour que les fans de la série aient accès à cet épisode dans les meilleures conditions. C’est plutôt louable. Mais on n’échappe pas à ses racines, et le manque d’ambition et de clarté du jeu vient de ses modestes débuts. Donnez-lui tout de même sa chance, Chains of Memories met juste plus longtemps avant que ça « clique. »
Le joyau de la couronne, le grand Kingdom Hearts 2
Que se passe-t-il quand une suite fait tout mieux que son premier épisode, à tel point qu’elle l’efface presque, et après décale sa propre suite encore et encore tant son aura ne peut être surpassée ? C’est le cas de Kingdom Hearts 2, trésor de cette compilation. Dans cet épisode, après une intro mémorable, on retrouve Sora qui quitte enfin le Manoir Oblivion et recommence son tour des mondes à la poursuite d’une nouvelle menace : les Simili. Ces êtres vides à la recherche d’un cœur à voler sèment le chaos la sinistre Organisation XIII qui les contrôlent sont indubitablement des méchants, avec leurs grands manteaux noirs et leurs capuches. C’est donc parti pour une revisite de certains monde, et une flopée de nouveaux à la chasse aux fauteurs de troubles, mais avec une tonne de nouveaux pouvoirs et des enjeux toujours plus grands !
Kingdom Hearts 2 reprend la formule du premier jeu, et est un Action RPG nerveux dont l’évolution du personnage est rapide et débloque vite de nombreuses options de combat très funs ! Transformations, nouvelles magies, commandes de réactions au contexte et coups spéciaux avec les héros locaux, Sora n’a jamais été aussi fluide et agréable à jouer, et c’est tant mieux car il y en a des fesses à botter : les Simili et les Sans-Coeurs sont partout et cette fois ils sont bien plus nombreux ! Heureusement, vous allez bien vite pouvoir choisir votre façon de jouer et régler votre Sora à votre guise afin d’aller sauver le monde ! Et cette fois-ci, les enjeux escaladent, avec une histoire plus poussée et de nouveaux personnages tous très mystérieux. Ah, les années 2000...
Comme le premier épisode, KH2 est rempli à ras-bords de mini-jeux, mais cette fois-ci ils sont très travaillés et sont pour certains de véritables jeux dans le jeu, notamment les jeux de Winnie, ou les phases en vaisseau spatial. L’exploration est également plus poussée, et opère de paire avec l’évolution de Sora et de sa mobilité qui se développe avec vos transformations. En bref, on prend tout ce qui est bien, et on l’améliore. Et vu que nous sommes dans la version Final Mix du jeu, vous avez même le droit à des nouvelles scènes, ainsi qu’à pas moins d’une dizaine de nouveaux boss ! Mais que demande le peuple ? Kingdom hearts 3 ? Nous y reviendrons. En attendant, ce deuxième épisode est un bijou dont les quelques défauts ont été largement corrigés par ce portage très qualitatif. On regrettera encore, cependant, l’absence de la VF originale.
Un épisode zéro loin d’être oubliable
Birth by Sleep est un épisode sorti à la base sur PSP, et qui raconte une histoire antérieure à celle de KH1. On y suit trois histoire parallèles, celles de Ventus, Terra et Aqua, trois manieurs de Keyblade qui font tout pour déjouer les plans du traître Xéhanort (oh, ça va, c’est pas un spoil, il a vraiment une tête de méchant!) Séparés par le destin, ces trois amis vont connaître un destin qui les attachera à celui de Sora, et ce dans trois scénarios distincts. Oui, trois aventures durant lesquelles ils vont explorer différentes facettes de différents mondes, ce qui évite un effet redite. En plus, les mondes visités sont largement inédits et concernent le plus souvent les grands classiques de la vieille époque, pour une atmosphère qui reste tout à fait unique à ce jeu.
Si cet épisode est encore un Action RPG, le système de combat change quelque peu en plaçant toutes vos actions de combats sous forme de « commandes » qui doivent se recharger en quelques secondes. Libre à vous de constituer votre jeu de commandes selon vos préférences, mais les trois héros ont un style de prédilection avec lequel il est plus simple de jouer : Terra tape comme un sac, Ventus est rapide, et Aqua utilise la magie. De plus, en utilisant certaines commandes, ou certains combos de commandes, votre style de combat se tranformera temporairement, vous rendant beaucoup plus puissant. Et vous pouvez faire transformation sur transformation quand vous maitrisez le jeu, afin de devenir une véritable menace pour vos ennemis ! C’est un système souple, et très personnalisable, mais qui vous demandera un certain investissement de temps afin de monter en niveau et fusionner les commandes, comprendre les bonus associés, etc. Mais il vaut le coup une fois découvert et maîtrisé, et c’est ce système qui posera les bases pour KH3.
Niveau contenu, Birth by Sleep accuse beaucoup son origine PSP : les environnements sont petits, les scénarios courts, et les menus pas toujours clairs. On sent que la petite portable avait du mal à contenir toute l’ambition du titre. Pourtant, c’est un jeu rempli des qualités récurrentes de la série, avec notamment des mini-jeux (comme une sorte de monopoly à faire encore et encore pour débloquer des commandes facilement), un système de combat fluide et agréable, une bonne difficulté et une écriture agréable. Ne passez pas à côté de cet épisode origine malgré ses petits défauts.
Ceux-là vous n’y jouerez pas !
Reste les jeux Re : Coded, et 358/2 Days. Bien que présents dans le menu, ces épisodes DS ne sont pas jouables. A la place, vous pourrez voir leurs cinématiques et connaître leur histoire. C’est dommage car ce sont deux jeux qui auraient largement mérité un remake. Re : Coded raconte l’histoire de la récupération du journal d’aventure de Sora, effacé par accident après le premier épisode. En revisitant ses données corrompues à l’aide d’un Sora virtuel, c’était l’occasion de revisiter les mondes du premier jeu, encore une fois, mais aussi de faire face à des bugs et à des secrets introduits par une tierce personne dans le journal.
L’autre jeu, 358/2 Days, narre l’histoire de Roxas, garçonnet blond que l’on croise à plusieurs reprises dans KH2. Recruté par l’Organisation XIII, on y suit ses missions, ses amitiés, ses doutes, et des événements poignants qui mènent tout droit à KH2. C’est presque criminel de confiner cet épisode à ses cinématiques, car c’est bien en faisant l’expérience de la routine de Roxas que le reste semblait encore plus important. Enfin, prenez quelques M&Ms et regardez donc ces heures de cinématique si leur histoire vous intéresse !

