Les jeux d'exploration paisibles ont le vent en poupe depuis plusieurs années. Entre les productions contemplatives, les « cozy games » et les expériences centrées sur la découverte, de nombreux studios indépendants tentent de proposer des voyages sans pression, où le plaisir naît simplement de la curiosité du joueur. Sorti en avril 2026 sur l'eShop de la Nintendo Switch, Gecko Gods propose un concept original : nous faire vivre une aventure à travers les yeux d'un petit gecko capable d'escalader n'importe quelle surface. Avec la sortie de sa version Nintendo Switch 2, nous avons eu l'occasion de nous lancer dans cette aventure atypique.
Une aventure où il n'y a pas de lézard
Ne cherchez pas une aventure rocambolesque avec Gecko Gods. Le titre démarre par une présentation minimaliste mais pas dénuée de charme. Vous incarnez un petit gecko qui suite à un accident se retrouve à la dérive sur l'océan, et découvre un vaste archipel abandonné, autrefois habité par une ancienne civilisation désormais disparue. Votre mission consiste à explorer les différentes îles, à percer les mystères des ruines et à réveiller les Dieux Geckos en résolvant plusieurs énigmes. Le scénario reste volontairement discret et est principalement raconté à travers les décors, les fresques, les temples et les nombreux éléments de l'environnement.
Cette approche fonctionne plutôt bien et renforce le sentiment de solitude et de contemplation qui accompagne toute l'aventure. A noter que vous aurez l'occasion de "discuter' avec des oiseaux disséminés un peu partout sur la carte. L'univers possède néanmoins un charme certain. Les ruines baignées de soleil, les petites criques isolées et les temples oubliés créent une atmosphère presque méditative qui donne envie de poursuivre l'exploration.
Au pied du mur… ou plutôt dessus
Le principal intérêt de Gecko Gods réside dans son système de déplacement. Grâce à ses capacités de lézard, notre petit protagoniste peut : grimper au mur, marcher a plafond et se glisser dans de petits passages. Cette liberté de mouvement transforme chaque environnement en terrain de jeu vertical. On observe un temple, on repère une corniche ou une ouverture cachée, puis on cherche naturellement un chemin pour l'atteindre. En soit, c'est un peu lorsque l'on a redécouvrir la notion d'exploration dans The Legend of Zelda: Breath of the Wild avec l'implémentation de l'escalade.
Dans Gecko Gods, l'exploration procure une véritable sensation de découverte, d'autant que le jeu évite de trop guider le joueur. Il n'y a pratiquement jamais de mauvaise direction ni de véritable impasse. Quelques cinématiques mettent en avant des endroits précis, mais en règle générale rien ne vous empêche d'explorer les îles comme bon vous semble. Les énigmes environnementales, quant à elles, restent relativement accessibles. Il faut généralement activer des mécanismes, déplacer certains éléments ou trouver un chemin particulier pour progresser. Malheureusement ne cherchez pas spécialement un quelconque challenge dans leur résolution. Les puzzles servent davantage à rythmer l'exploration qu'à réellement mettre les neurones à rude épreuve.
Le jeu introduit également une petite embarcation permettant de naviguer d'île en île qui vous rappellera un peu un certain The Wind Waker. Ces séquences renforcent l'impression de voyage et apportent un agréable sentiment de liberté. En revanche, certains problèmes de maniabilité viennent parfois ternir l'expérience. Les déplacements lors des phases d'escalade peuvent manquer de précision, notamment lorsque l'on évolue au plafond ou sur certaines surfaces complexes, ce qui peut amener le petit gecko à tomber des parois et plafonds. La petite taille du protagoniste pose aussi des problèmes au niveau de la caméra trop proche du sol et des parois, ce qui peut occasionnellement provoquer des erreurs frustrantes.
Charmant, mais assez limité.
Visuellement, Gecko Gods adopte une approche minimaliste. Le jeu privilégie les grands espaces colorés, les ruines baignées de lumière et une direction artistique qui mise davantage sur l'ambiance que sur la démonstration technique. Les îles possèdent chacune leur propre personnalité et invitent constamment à l'exploration. Sur Nintendo Switch 2, l'expérience est globalement fluide et agréable. Les temps de chargement restent très courts et le confort de jeu en mode portable est particulièrement appréciable. On sent néanmoins les limites de la production indépendante. Certaines textures apparaissent peu détaillées, quelques éléments du décor manquent de finesse et l'ensemble peut parfois paraître un peu rudimentaire, surtout sur un grand écran. On peut également noter un popping des éléments et un chargement progressif des textures quand on s'approche de plus en plus d'une île.
La bande-son, en revanche, accompagne parfaitement l'aventure. Les mélodies discrètes et les sons de la nature participent pleinement à cette ambiance de voyage contemplatif. Le bruit des vagues, le vent et les petits bruits de déplacement du gecko renforcent l'immersion sans jamais devenir envahissants. Le résultat est un jeu qui se savoure davantage pour son atmosphère que pour sa réalisation pure. Si l'aventure peut se terminer en à peine 5 heures, vous avez toujours la possibilité de partir à la chasse aux reliques, aux insectes et détruire les poteries un peu partout pour pouvoir acheter des couleurs et motifs pour personnaliser votre gecko.

