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Diablo IV: Age of Hatred Collection

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Diablo IV: Age of Hatred Collection

Par Lotario - Il y a 3 heures

Diablo IV débarque enfin sur Nintendo Switch 2 dans sa version Age of Hatred Collection, qui regroupe le jeu de base et les deux extensions majeures. Sortie mi-septembre 2026, cette édition célèbre les 30 ans de la licence tout en proposant l’expérience complète de l’action-RPG de Blizzard sur la console hybride. Le titre est toujours-online, lié à un compte Battle.net, et bénéficie du cross-play. Voici un tour d’horizon complet de ce portage.

30 ans de Diablo

Le premier Diablo, sorti en 1997, a posé les fondations d’un genre. Dans le petit village de Tristram, dans le royaume de Khanduras, le mal se réveille sous la cathédrale. Le roi Leoric sombre dans la folie sous l’influence du Seigneur de la Terreur, Diablo, l’un des Trois Maux Primaires. L’archevêque Lazarus, corrompu, libère progressivement le démon emprisonné dans une pierre d’âme. Le joueur incarne un héros (souvent le guerrier Aidan dans le canon) qui descend dans les profondeurs du labyrinthe. Il affronte hordes de démons, squelettes et boss emblématiques comme le Boucher ou le Roi Squelette. L’ambiance gothique, les donjons procéduraux, le loot et le combat isométrique en temps réel définissent immédiatement l’identité de la série. Le jeu se termine sur une note sombre : après avoir vaincu Diablo, le héros s’implante la pierre d’âme dans le front pour contenir le mal, un acte qui scelle son destin et ouvre la voie à la suite.
Diablo II, sorti en 2000 (avec l’extension Lord of Destruction en 2001), élargit considérablement l’univers. Le héros de Diablo I, devenu le Vagabond Sombre, voyage vers l’est sous l’influence de Diablo pour libérer ses frères Mephisto (Seigneur de la Haine) et Baal (Seigneur de la Destruction). Le joueur incarne un nouveau héros parmi plusieurs classes (Amazone, Barbare, Nécromancien, Paladin, Sorcière, puis Assassin et Druide). L’aventure traverse plusieurs actes : les terres des Sœurs de l’Œil Invisible, le désert de Lut Gholein, les jungles de Kurast, les Enfers eux-mêmes, puis le mont Arreat. On affronte Andarielle, Duriel, Mephisto, Diablo et enfin Baal. Le jeu affine le système de compétences, le loot, le multijoueur et l’endgame avec les runes et les sets. L’ambiance reste oppressante, l’histoire épique et tragique, et le titre devient une référence absolue du genre hack’n’slash.
Diablo III, sorti en 2012 (avec Reaper of Souls en 2014), se déroule une vingtaine d’années plus tard. Une étoile filante s’écrase sur la cathédrale de Nouvelle-Tristram. Le joueur incarne un Néphalem, descendant des unions entre anges et démons, aux côtés de Deckard Cain et de Leah. L’histoire suit le retour des Maux, la trahison d’Adria, la transformation de Diablo en Mal Primordial grâce à la Pierre d’Âme Noire, et l’assaut sur les Hauts Cieux. L’extension introduit Malthaël, l’Ange de la Mort, qui menace l’humanité. Le jeu modernise les graphismes, propose un monde plus coloré (parfois critiqué pour s’éloigner de l’ambiance sombre), un système de compétences plus accessible et un endgame centré sur les failles. Malgré des débuts chaotiques (notamment le système d’enchère), il s’impose grâce à ses saisons et à sa longévité.

La haine (D4)

Dans Diablo IV, vous incarnez le Vagabond, un voyageur lié d’une manière unique à Lilith, la Fille de la Haine. Des décennies après les événements de Diablo III, Sanctuaire est un monde brisé, où la haine et la corruption se répandent. Lilith est revenue et rassemble des adeptes pour façonner l’avenir de l’humanité selon sa vision. Face à elle se dresse Inarius, l’ange déchu qui a co-créé Sanctuaire. Le joueur parcourt les régions glaciaires des Pics Fracturés, les forêts de Scosglen, les steppes arides, les marais de Hawezar et les déserts de Kehjistan. L’histoire explore les thèmes du libre arbitre, de la corruption et du prix de la survie dans un univers où ni le Ciel ni l’Enfer n’offrent de véritable salut. Le ton est sombre, tragique et mature, avec une narration soignée et des personnages mémorables.
La première extension, Vessel of Hatred, poursuit directement l’histoire. Elle emmène le joueur dans les jungles de Nahantu, une région déjà évoquée dans Diablo II. On suit Neyrelle, qui porte un lourd fardeau lié à Mephisto, tandis que la haine corrompt les terres sacrées. Une nouvelle classe, le Sacresprit, fait son apparition, tout comme de nouvelles activités et un système de mercenaires. La seconde extension, Lord of Hatred, pousse plus loin la confrontation avec le Seigneur de la Haine. Elle ouvre les îles anciennes de Skovos, berceau de civilisations oubliées, et introduit deux nouvelles classes : le Paladin et le Warlock. L’histoire culmine autour de la menace grandissante de Mephisto sans spoiler les événements clés. Les deux extensions enrichissent considérablement le monde ouvert et l’endgame.

Quand Sanctuaire devient ouvert

Diablo IV est un action-RPG isométrique en temps réel centré sur le combat, le loot et la progression. On choisit une classe, on monte en niveau en tuant des hordes de démons, on équipe de l’équipement toujours plus puissant et on affine ses compétences. Le combat est nerveux, avec des compétences actives et passives, des ressources de classe (fureur, essence, mana…) et des synergies fortes. Le système de loot a été retravaillé au fil des mises à jour : affixes, aspects légendaires, objets uniques, masterworking et systèmes d’amélioration offrent une profondeur importante. L’endgame repose sur des niveaux de difficulté croissants (Tourment), des donjons, des boss, des activités saisonnières et la chasse aux builds optimisés. Le jeu est conçu pour être rejoué avec différents personnages et saisons.
Le monde ouvert est l’un des grands atouts de Diablo IV. Sanctuaire est vaste et interconnecté, sans écrans de chargement entre les grandes régions. On y trouve des donjons (plus de 150), des places fortes à libérer, des autels, des événements publics (Vagues Infernales, Legions, World Bosses), des zones PvP et des activités dynamiques. Les régions ont chacune une identité visuelle et des familles de monstres propres. Explorer, découvrir des points d’intérêt, accomplir des quêtes secondaires et grimper le renom local font partie intégrante de l’expérience. Les extensions ajoutent Nahantu et Skovos, enrichissant encore la carte avec de nouvelles activités, donjons et événements.

La classe en toutes circonstances

Diablo IV propose désormais huit classes. Le Barbare est un tank/dps de mêlée brutal qui alterne les armes et accumule la fureur. Le Druide maîtrise les formes animales (loup, ours) et les éléments de la nature. Le Nécromancien invoque des sbires et manipule les os, le sang et l’ombre. Le Voleur (Rogue) est un assassin agile spécialisé dans les combos, les pièges et les attaques à distance ou au corps à corps. La Sorcière domine les éléments (feu, foudre, glace) avec des sorts de zone puissants. Le Sacresprit, ajouté avec Vessel of Hatred, canalise les esprits animaux pour des combats hybrides mêlée/distance très mobiles. Le Paladin, de retour avec Lord of Hatred, est un guerrier sacré qui utilise la lumière, les auras, le bouclier et des serments. Enfin, le Démoniste maîtrise les pouvoirs interdits, invoque des démons et utilise des rituels infernaux.
L’arbre de compétences est profond et flexible. Chaque classe dispose d’un large éventail de compétences actives et passives réparties en branches. On débloque des points en montant de niveau, puis on investit dans des améliorations, des variantes et des synergies. Au-delà, le système de Paragon (après le niveau maximum) ajoute des plateaux de compétences avec des nœuds de statistiques, de glyphes et de bonus de build. Les aspects légendaires extraits des objets permettent de personnaliser encore davantage les compétences. Les possibilités de builds sont très nombreuses : pure DPS, tank, invocateur, contrôle de foule, mono-cible ou clear de packs. Les mises à jour et les extensions ont régulièrement enrichi les arbres, rendant la création de builds l’un des plaisirs centraux du jeu.

Le système des saisons

Les saisons sont le cœur de la longévité de Diablo IV. Tous les trois mois environ, une nouvelle saison démarre avec un thème, des mécaniques temporaires, des quêtes saisonnières, de nouveaux objets et un parcours de saison (Season Journey) composé d’objectifs progressifs. Ces objectifs rapportent des points de compétence, des points Paragon, des matériaux, des objets et des cosmétiques. Les activités incluent des variantes de Vagues Infernales, de nouveaux événements, des boss saisonniers et des mécaniques propres au thème (par exemple des pouvoirs temporaires ou des zones spéciales). On recommence généralement avec un personnage saisonnier pour profiter pleinement des nouveautés, même si le Royaume Éternel conserve les personnages non saisonniers.
Le Season Pass (désormais sous forme de Reliquaires) propose une piste gratuite et des pistes premium. La piste gratuite offre déjà des cosmétiques (montures, armures de monture, portails de ville, parfois un peu de monnaie premium). Les Reliquaires premium, achetés avec du Platinum, débloquent des sets d’armure complets par classe, des montures, des familiers, des trophées et d’autres cosmétiques thématiques. Les récompenses sont purement cosmétiques : aucun avantage de puissance n’est vendu. Un pack Deluxe permet parfois d’obtenir instantanément certains sets. Le système reste équitable et récompense le temps de jeu.

Aspect artistique, technique, communautaire et durée de vie

Visuellement, Diablo IV est impressionnant. L’univers gothique sombre, les paysages variés (montagnes enneigées, jungles, îles anciennes), les effets de sorts spectaculaires et le design des monstres rendent vraiment bien. Sur Switch 2, le jeu propose un mode Qualité (30 ips, 1080p portable / 1440p docké) et un mode Performance (40 ips ciblés, 1080p). Les performances sont solides pour un titre aussi ambitieux sur console hybride, même si le mode portable reste plus limité. Côté sonore, la bande-originale orchestrale sombre, les effets sonores de combat et les dialogues bien doublés renforcent l’ambiance oppressante. Le portage tire correctement parti du matériel de la Switch 2.
Sur le plan communautaire, Diablo IV est un jeu live-service. Le multijoueur est fluide (jusqu’à plusieurs joueurs dans le monde ouvert et en groupe), le cross-play est présent, et le PvP existe dans des zones dédiées (Fields of Hatred). Les clans, le trading et les rencontres aléatoires enrichissent l’expérience. La durée de vie est excellente grâce aux saisons, à l’endgame profond et aux builds. Point important : toutes les données de votre compte Battle.net sont conservées. Si vous jouez déjà sur PC ou console, vos personnages, progrès et cosmétiques vous suivent (sous réserve des limitations techniques éventuelles du portage). Un abonnement Nintendo Switch Online est nécessaire pour certaines fonctionnalités en ligne (groupe, trading, PvP, rencontres dans le monde ouvert).

9
Diablo IV sur Switch 2 est une réussite ambitieuse. Il offre l’expérience complète (jeu de base + deux extensions) dans un format portable, avec un monde ouvert riche, un combat addictif et une longévité portée par les saisons. Le portage technique est honorable, même s’il fait quelques concessions, et le besoin d’une connexion permanente peut rebuter certains. Pour les fans de la licence ou les amateurs d’action-RPG, c’est une excellente façon de plonger (ou de replonger) dans Sanctuaire.

Points positifs

  • Expérience complète (base + Vessel of Hatred + Lord of Hatred)
  • Monde ouvert immersif et activités variées
  • Huit classes et une grande profondeur de builds
  • Ambiance sombre et narration soignée
  • Saisons régulières et durée de vie élevée
  • Conservation des données Battle.net et cross-play

Points négatifs

  • Toujours-online obligatoire
  • Performances et résolution en retrait par rapport aux versions PC/consoles next-gen
  • Courbe de progression et systèmes parfois denses pour les nouveaux venus
  • Quelques petits ralentissements à noter