Tout d'abord, petit rappel historique. Souvenez-vous, nous sommes en 1991 (pour ceux qui ne peuvent pas s'en souvenir, visualisez), le premier Final Fantasy de la SNES fait son apparition... c'est bien évidemment le quatrième volet. Forcément, le changement de support apporte son lot d'améliorations graphiques : le jeu est plus beau que ses prédécesseurs sur NES (si si, regardez bien !), et l'apparition du mode 7 rend les déplacements sur la carte du monde plus agréables, et accessoirement plus crédibles (ben oui, la terre est ronde).
Mais les chamboulements ne s'arrêtent pas là : eh oui, chose incroyable en 1991, et grande première dans la jeune (à l'époque) histoire des Final Fantasy : on a droit à un VRAI scénario ! L'absence totale de narration qui caractérisait les premiers épisodes (surtout le premier...) laisse place à une vraie intrigue menée par des personnages vivants, qui ont chacun leur propre histoire. Sans trop vous en dévoiler, le héros, Cécil, est à l'origine le capitaine d'une escouade spéciale d'un roi, qui effectue des missions où il est bien souvent question de tuer des innocents par dizaines... Il va donc se lancer en quête de rédemption, accompagné de quelques coéquipiers, et tenter de mettre fin aux agissements maléfiques du roi. Bon, malheureusement, le scénario est tout de même encore axé sur les fameux cristaux, qu'il vous faudra récupérer, sous peine de voir votre cher monde aux mains d'un psychopate... Les râleurs diront que ça n'embaume pas l'originalité, mais mettez-vous à la place d'un gamer de 1991 !
Je fais un petit saut en avant dans le temps pour nous placer en juin 2006. Hourra, vous étiez là, pas besoin d'avoir recours à votre imagination. Final Fantasy IV est réédité sur Game Boy Advance (les plus perspicaces remarqueront que j'ai passé sous silence la réédition sur PS, en effet, elle n'apporte pas grand-chose à l'original et ne vaut pas la peine qu'on en parle plus que ça ^^). Les quelques nouveautés n'ont rien de transcendant : des donjons optionnels en plus (sympathiques tout de même, avec une arme ultime à récupérer pour quasiment chaque personnage), un bestiaire, un sound test (pour les incultes, cela permet de réécouter, via le menu principal, les musiques des lieux que l'on a visités), et une légère amélioration graphique. Cette réédition avait surtout le mérite d'être intégralement en français, ce qui a permis à bon nombre de joueurs (dont votre serviteur) de découvrir ce singulier RPG.
Bon, après ce « petit » rappel des faits, venons-en à la version du jeu qui nous intéresse : celle sur DS ! Là, on ne rigole plus : de gros changements arrivent. Allez, partons du plus évident : les graphismes. Il fallait s'en douter, le jeu suit le modèle de son aîné en affichant une magnifique 3D qui nous montre que la portable de Nintendo n'accueille pas que des jeux hideux. Voyez-vous même l'évolution :

Cela dit, comme je suis quelqu'un de particulièrement chiant, et que je n'ai jamais le même avis que tout le monde, je vais le dire clairement : la 3D sur FF IV, j'aime pas. Je reconnais évidemment qu'elle est de toute beauté, mais je préfère vraiment les bons vieux sprites de la version GBA. Je ne l'explique pas, mais après avoir joué aux deux versions, je trouve la 3D inadaptée au jeu. De là à dire que je suis un gros c** de nostalgique, il n'y a qu'un pas...
Ce que je ne peux vraiment pas critiquer, en revanche, c'est que, comme pour FF III, on a droit au lancement du jeu à une magnifique cinématique en images de synthèse ! Ca arrache bien les mirettes, et sincèrement, cette cinématique à elle toute seule donne envie de se plonger dans le jeu.
Une fois dedans, justement, l'écran supérieur affiche l'action (notez d'ailleurs que le perso visible sur la map et dans les villes/donjons est paramétrable, ce qui est appréciable) ; l'écran tactile affiche quant à lui la carte du lieu où vous vous trouvez. Ce qui est particulièrement intéréssant, c'est que dans les villes, cette carte affiche l'emplacement des commerces, et dans les donjons, elle se dessine au fur et à mesure que vous traversez l'endroit. Et si vous explorez suffisamment un niveau pour en afficher la totalité, vous recevez des objets très utiles pour la suite de votre aventure, tels que des potions, des plumes de phénix (qui servent à ressusciter), etc...
Passons désormais à un point ô combien essentiel du jeu : le gameplay. Autant vous prévenir tout de suite, il a beau être un remake, FF IV reste quand même ce qu'on appelle un jeu de rôle à l'ancienne, avec rencontres alétoires hypra-fréquentes et combats au tour par tour. Mais comme ce volet de Final Fantasy se voulait, déjà à l'époque de sa sortie, non conventionnel, les combats introduisent une nouvelle composante : la barre Active Time Battle (ATB pour les intimes). En fonction de la rapidité de chaque perso, elle se remplit plus ou moins vite, et vous ne pouvez effectuer une action que lorsqu'elle est pleine. Bonne idée ? A mon goût, non. Quand on a 5 persos dans l'équipe, on se retrouve vite avec des décalages par rapport à ce qu'on voulait faire. Situation typique et rageante : on est obligé de passer le tour du soigneur parce que tout le monde est en forme ; entre temps, évidemment, on se prend une rouste, et quand le tour du mage blanc arrive, c'est déjà trop tard. C'est un détail, mais les boss étant déjà bien coriaces, on n'a vraiment pas besoin de ça...
Cela dit, la version DS présente quelques nouveautés qui sont appréciables en combat. On retiendra surtout le mode Automatique, qui permet de laisser tout faire par la console, mais avec la possibilité d'intervenir à tout moment. Des compétences spéciales à attribuer à un héros (via un objet) ont également fait leur apparition. Elles peuvent se révéler très pratiques, comme l'Auto-Potion, qui, si vous l'équipez, vous fait automatiquement utiliser une potion dans votre inventaire dès que vos PV baissent, et ce sans passer par le remplissage de la barre d'ATB. Un autre bon point concernant ce même inventaire : il n'est plus limité en quantité. Ca a l'air idiot dit comme ça, mais on se rend vite compte qu'on a jamais trop d'objets sur soi (et surtout jamais au bon moment ^^). Allez, une dernière petite nouveauté pour la route : Rydia, l'Invokeuse, a gagné un nouvel éon à son passage sur DS : Pochad. Il s'agit d'une invocation customisable (vous pouvez changer sa trombine via l'écran tactile), et dont les compétences s'améliorent via des mini-jeux, eux aussi sollicitant l'écran tactile. Le degré d'utilité est très faible, mais ça en amusera peut-être certains...
Pour finir, je vais passer en revue quelques points importants du soft (ce qui reste, en gros). Pour ce qui est du son, les musiques sont justes sublimes, elles collent parfaitement aux différents moments du jeu et ne sont jamais lassantes. Encore une fois, Nobuo Uematsu a fait du très bon boulot. Encore un bonus propre à cette réédition DS : les cinématiques qui apparaissent durant l'aventure (réalisées avec le moteur graphique du jeu) sont doublées par des acteurs. Leurs voix se prêtent très bien aux protagonistes, même si on sent qu'elles manquent parfois de conviction.
Question maniabilité, ça reste très basique, donc forcément, ça marche très bien. Les plus perspicaces (oui, les mêmes que tout à l'heure) mais aussi les plus attentifs (car je l'ai déjà dit) auront noté que l'action se déroule sur l'écran supérieur. Donc adieu les déplacements au stylet, on retourne à la croix directionnelle ! Cela dit, le fait de pouvoir utiliser le stylet pendant les combats de FF III ne manquera pas, tellement cela était imprécis.
Enfin, la durée de vie. Ca, même moi n'ai rien à dire là-dessus, car elle est tout à fait conséquente : l'aventure dure entre 30 et 40 heures (même si on peut déplorer la grande difficulté et le fait de devoir trop souvent faire du levelling) ; et le scénario est assez accrocheur pour que l'on puisse jouer pas mal de temps sans s'arrêter.
Alors, que retenir de ce test ? Tout d'abord que Final Fantasy IV est une valeur sûre du RPG, du moins si vous n'êtes pas trop allergiques aux rencontres aléatoires à outrance et au levelling forcé. Ensuite, qu'il est très particulier car votre regard sur lui va changer selon votre situation. Si vous n'avez jamais touché à un FF, et que vous connaissez les contraintes des RPG old-school, vous pouvez vous laisser tenter.
Si vous avez joué à FF III sur DS et que vous avez été déçu, vous êtes très probablement craintif. Rassurez-vous : le IV est bien meilleur, et ce sur tous les points.
Si vous avez joué (et normalement adoré) à Final Fantasy IV version GBA (ou même SNES, qui sait ?), vous risquez, outre le sentiment de déja-vu, de vous sentir frustré. En effet, les sprites 2D ont un certain charme, et les quelques nouveautés de cette mouture DS ne sont pas assez conséquentes pour compenser la suppression des donjons supplémentaires de la GBA.
Enfin, si vous ne jurez que par les RPG typés années 90, que la 3D vous a tapé dans l'oeil et que vous n'avez pas encore touché à celui-là, il ne vous reste plus qu'à foncer !






