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Yomawari : The Long Night Collection

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Yomawari : The Long Night Collection

Par ggvanrom - Le 05 novembre 2018

Série estampillée NIS America ayant vu le jour en 2015, Yomawari nous propose de suivre les aventures de jeunes filles devant braver la noirceur de la nuit armées de simple lampe-torche afin d’accomplir leurs objectifs. 2018 est l’occasion pour NISA d’offrir aux joueurs Nintendo une compilation regroupant Night Alone et Midnight Shadows, de quoi doublement frissonner de plaisir.

Dans la noirceur de la nuit...

Comment définir en quelques mots la licence Yomawari ? S’éloignant des classiques de l’horreur en vue à la première personne ou au style graphique réaliste, les développeurs ont fait le choix d’une réalisation mélangeant la 2D et la 3D isométrique, pour un rendu visuel très élégant, dont l'esthétique n'a eu de cesse de s'améliorer au fil des ans. Mais contre toute attente, cette élégance est rapidement contrebalancée avec l’ambiance horrifique de la licence. Là où la protagoniste du premier opus cherchera désespérément sa sœur partie chercher le chien de la famille, percuté par un camion et tombé dans un ravin à l’orée de la ville, le second opus mettra en scène Yui et Haru, deux amies rentrant d’une soirée en montagne pour admirer des feux d’artifice, et qui ont été séparées par un esprit au visiblement malsain.

Chacun des deux épisodes proposera donc une même mécanique : s’engouffrer dans une ville plongée dans la pénombre, balayée par les quelques lampadaires environnants, et ce simplement armé d’une simple lampe-torche et de quelques cailloux pour vous défendre face à une ribambelle de créatures / esprits issus du folklore japonais. Mais est-ce que l’horreur est vraiment au rendez-vous ? A ce niveau-là, NIS America et Yu Mizokami en charge de la conception de la licence ont tenté de mettre les petits plats dans les grands.

Le trouillomètre à zéro ?

Axant sa communication sur l’aspect horrifique de la licence, le résultat final est mitigé une fois manette en main. Avec le premier épisode, hormis un léger jumpscare en début de jeu, la frayeur passera rapidement au second plan pour vous laisser seulement un jeu d’aventure. Le second épisode quant à lui est savamment plus dosé en terme de frayeur, mais reste tout de même supportable à visionner si vous n’êtes pas un fervent du genre (et pourtant la chiffe-molle qui est en moi est du genre à trembler dès l’écran d’accueil d’un jeu d’horreur). Le stress par contre sera omniprésent quel que soit l'épisode auquel vous jouez. Des esprits variés vous pourchassant, votre endurance chutant drastiquement à la vue de l'un d'entre-eux, avec une mort inévitable et sanglante si vous entrez en contact avec un de ces esprits. Pour leur échapper, vous n'aurez d'autres choix que de vous cacher, et apprendre les spécificités de chaque type à force d'observation.

En revanche, mention spéciale pour le sound design du titre. Si la musique est volontairement mise à l’écart la grande majorité du temps pour souligner le côté lugubre et oppressant des virées nocturnes, une attention toute particulière a été portée au niveau des bruitages. Les pas dans les feuillages, le bitume, le métal, les cris d’animaux en passant par le vent balayant les feuilles, et surtout, les sons des esprits tourmenteurs et tourmentés. Cris, halètement, grognement, toute la panoplie est là pour vous faire vous sentir en insécurité, y compris votre propre rythme cardiaque accélérant la cadence en cas de menace trop proche, le tout tentant d’apporter un côté horrifique à vos pérégrinations.

Une aventure monotone ?

Si le sound design est au beau fixe comme on a pu le constater, le gameplay en revanche est en deçà du reste malheureusement. Là où Night Alone vous faisait vadrouiller en ville à la recherche de notre sœur en allant du point A au point B en éviter les esprits, Midnight Shadows vous demandera de contrôler les deux protagonistes à tour de rôle, avec forcément des améliorations en comparaison au premier opus. Une ville plus grande, un bestiaire étoffé, et de nouvelles mécaniques de gameplay comme la possibilité d’entrer dans les maisons ou de bouger des objets comme des caisses pour permettre l’accès à de nouveaux passages. Bien que les deux titres disposent de secrets à dénicher aux 4 coins de chaque carte, la progression demeure monotone. Une des premières énigme du premier jeu par exemple vous demandera de récupérer la chaussure de votre sœur dérobée par un esprit canin à tête humaine au sein d’une école. Pour cela il faudra trouver un passage dérobé pour entrer dans l’école, et trouver un moyen de détourner l’attention du chien pour mettre la main sur cet objet. A noter également que vu la taille des villes, vous trouverez un peu partout des statuts de Jizo, vous permettant de sauvegarder votre progression, et serviront de point de téléportation pour vous déplacer plus rapidement.

Au final l’action n’en demeure pas moins mauvaise, on est en face d’un jeu d’aventure classique, dont l’habillage horrifique et l’esthétique graphique apportent une touche d’originalité à un genre qui à souvent du mal à sortir de sa zone de confort. Si l’on peut féliciter NIS America pour ce choix, on pestera tout de même pour quelques éléments comme le fait que nos personnages ont tendance à se coincer dans des angles de la carte ou derrière des obstacles suite à cet environnement en 2D, ou encore cette satanée jauge d’endurance qui vous permet de parcourir de longues distances rapidement, mais qui fond comme neige au soleil dès qu’un esprit s’approche de vous.

7.5
Permettant à un genre peu représenté de casser des codes instaurés depuis des années en proposant un design mignon, et un sound design de qualité, le gameplay de Yomawari : The Long Night Collection n’en demeure pas moins très standard. Bien que l’anglais soit la seule langue proposée, l’histoire reste très simple à suivre, et surtout le jeu vous propose contre une quarantaine d’euros de découvrir les deux opus de la licence sur une seule cartouche.

  • Le style graphique 2D / 3D Isométrique
  • Un sound design extrêmement convainquant
  • Deux aventures en une
  • Des introductions percutantes
  • Une version physique à la vente
  • De bonnes sessions de stress en perspective
  • Un gameplay au final très classique
  • Les jeux sont relativement courts
  • Quelques accrocs dans les déplacements des héroïnes
  • Textes en anglais uniquement
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