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Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk

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Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk

Par ggvanrom - Le 23 septembre 2018

Lorsque l'on parle de Nippon Ichi Software, on ne peut s'empêcher la plupart du temps de raccorder l'entreprise avec sa licence mythique de Tactical-RPG Disgaea, pourtant de nombreux autres titres sont sortis de leurs entrepôts : Liar Princess and the Blind Prince, The Longest Five Minutes, Yomawari : Midnight Shadows, Phantom Brave etc.. Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à l'une de leur nouvelle création sortie le 21 septembre 2018 sur Nintendo Switch entre autres : Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk. Oubliant l'aspect Tactical-RPG cher à leur cœur pour se concentrer sur un genre encore plus minoritaire dans le secteur qui est le Donjon-RPG, nous avons pu poser nos mains de longues heures durant sur le jeu, pour vous livrer notre ressenti.

Bienvenue dans la ville de Refrain !

Commençons déjà par une bonne nouvelle pour les anglophobes, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk dispose d'une traduction française, ce qui est étonnant compte tenu du marché de niche que représentent les Donjons-RPG en Occident, et du fait qu'il s'agisse également d'une nouvelle licence. L'histoire nous présente deux personnages principaux : La sorcière Dronya, ainsi que sa disciple Luca, faisant route à bord de leur carriole vers la ville de Refrain pour accomplir la mission d'un mystérieux commanditaire.

Cette mission ? Explorer le labyrinthe mystérieux de Refrain, situé dans un puit au cœur du village afin d'en extirper un maximum de richesses. Nos héroïnes vont donc s'installer au sein du village, en se faisant passer pour une troupe de marionnettistes ambulantes pour ne pas révéler leur véritable nature. Seulement les choses ne vont pas être faciles pour la petite bande, en effet, un miasme mystérieux chargé de mana parcours l'ensemble du labyrinthe, empêchant les humains lambdas de pénétrer en ces lieux. Et les rares personnes ayant réussi cet exploit, ne sont pour la plus grande majorité jamais remontées à la surface.

Mais comme vous l'aurez compris, Dronya et Luca ne sont pas des personnes ordinaires, et elles ont dans la manche une arme secrète pour pouvoir avancer dans ces lieux débordants de miasme. La nature de cette arme secrète ? Vous, le joueur. Au cour de leur pérégrination, nos héroïnes ont mis la main sur un livre mystérieux appelé le Tractatus de Monstrum, un livre rédigé par le seul homme ayant réussi à atteindre le fond du puit, et en être ressorti vivant. Insensible au miasme, ce livre sera donc jeté au fond du puit sans la moindre hésitation par Dronya, accompagné d'une paire de marionnettes appartenant à la jeune Luca.

Des marionnettes pour une vie de servitude

La particularité du Tractatus de Monstrum, surnommé Tractie par Luca et Dronya pour plus de commodité, vient du fait qu'il a une conscience, et l'âme nichée à l'intérieur de cet ouvrage à la couverture rouge vif, c'est la votre ! Une fois passé entre les mains de Dronya vous n'aurez plus qu'à vous contenter de suivre ses ordres, à savoir l'exploration des souterrains et des divers mondes qui le compose, et rapporter un maximum de richesses pour son bien-être personnel, car au final, il n'y a pas de raison de ne pas vouloir berner son propre commanditaire n'est-ce pas ?

 

Dénué de membres et ne pouvant pas se battre, Tractie pourra compter sur l'aides de marionnettes à laquelle Dronya aura insufflé la vie en y intégrant une âme. Afin de créer vos soldats pantins, vous aurez accès à un menu dédié pour choisir leur classe, sexe, apparence, et même mode de développement, comportement etc. Pouvant effrayer au départ car très peu détaillé par le tutoriel du jeu, on prend rapidement la main au bout de 2-3 pantins créés. Chacun de ses pantins peut au début de jeu choisir parmi 6 classes, taillé pour des rôles offensifs comme le chevalier Aster, défensifs comme la Forteresse des Pairs, et mixtes comme le Dédale marginal. D'autres classes se rajouteront également en cours de partie.

Chacune de ces classes possède des caractéristiques qui leur sont propre, et il ne tiendra qu'à vous de trouver le juste milieu entre attaque et défense pour pouvoir aller au bout de chaque étage qu'il vous faudra explorer, pour trouver le chemins vers le point le plus profond du labyrinthe et y découvrir ce qu'il s'y cache. Le chemin est long et parsemé d'embuches car si les humains lambdas ne peuvent survivre dans ce lieu débordant de mana, les monstres quant à eux ont fait de ce labyrinthe un grand espace de jeu.

Une nouvelle façon d'explorer les donjons

Les joueurs Nintendo ont pu découvrir les Donjons-RPG avec des licences comme Etrian Odyssey, Pokémon Donjon mystère (qui se rapproche plus du rogue-like), ou plus récemment sur Switch avec The Lost Child (édité par NIS America). Dans sa forme, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk n'est pas plus différend qu'un autre, vous composez une équipe de cinq cabales (on y reviendra), et vous devrez avancer dans les couloirs pour en dévoiler les moindres recoins, et trouver l'escalier vous conduisant vers l'étage suivant, avec des monstres pouvant vous tomber dessus de manière aléatoire. Les déplacements se font case par case, et chaque action ou déplacement équivaut à une tour. Très vite, vous vous rendrez compte qu'être accompagné de soldats ne suffira pas à vous faire avancer, vous pourrez être confronté à des culs-de-sac, des autochtones parlant une langue étrangère, ou encore un nuage de miasme impossible à passer.

Après être rentré bredouille et lui avoir passé un savon, Dronya pourra apporter à Tractie un tas d'améliorations grâce aux objets ramenés, et au mana que vous aurez collecté durant vos combats ou débordant du sol et des murs. Ces améliorations vous permettront par exemple de pouvoir voir vos ennemis se déplacer dans les dédales lors de vos explorations, ou encore bénéficier de bonus magiques qui vous demanderont des points de renforcement (RF) pour être utilisé (au nombre de 100 chaque fois que vous lancez une exploration). Mais le plus utile des pouvoirs qui vous sera confié par Dronya, est celui de briser les murs pour vous permettre de créer vos propres chemins dans le labyrinthe. Extrêmement utile, cette capacité n'en demeurera pas moins déroutante au début, car des passages vitaux pour avancer dans le jeu ne sont atteignables qu'à condition d'exploser des murs, et étant une coutume que l'on n'a pas l'habitude de rencontrer dans ce type de jeu, il m'est arrivé personnellement de buter sur un étage pendant 2 heures avant de comprendre bêtement que si j'explosais un mur précis, j'aurais accès à une salle secrète me permettant d'avancer.

Une fois cette logique de destruction acquise, nous circulons de plus en plus rapidement dans les étages. Le reste des donjons se composent ensuite de divers pièges comme les zones remplies de miasme vous infligeants des dégâts ainsi que des altérations, ou encore des trous vous faisant chuter et baisser drastiquement vos PV. A vous de trouver les bons chemins, actionner les interrupteurs et éviter les pièges pour continuer dans votre progression. Lors de cette exploration du labyrinthe, vous serez très fréquemment confronté à un obstacle vous rendant impuissant. C'est là que vous aurez généralement un message du jeu pour vous dire de remonter à la surface pour faire votre rapport à Dronya, afin de faire avancer l'histoire. Rien ne vous empêche en revanche de remonter à la surface autant de fois que vous voulez ! Chaque remontée vous permettra de récolter des points d'XP bonus pour continuer de faire monter de niveau vos personnages, et des points de mana nécessaire pour les pétitions occultes ou pour synthétiser des objets. A noter qu'il y a d'autres moyens pour remonter à la surface que de revenir au premier niveau, mais que certains d'entre-eux vous demanderont de sacrifier une partie du mana récolté, ou l'expérience accumulée via une capacité de stockage. Autre composante à prendre en compte, chaque étage à un niveau de mana spécifique, si vous transportez plus de mana que le seuil indiqué dans un étage, des éléments fâcheux peuvent vous tomber dessus comme l'apparition d'un ennemi imbattable par exemple.

Cabale et compagnie

Comme nous avons pu le voir plus haut, nos marionnettes engrangent des points d'XP afin de grimper de niveau. Ces points sont acquis en combattant les monstres après les combats, et en remontant à la surface sous forme de point bonus. Mais dans le jeu, vous ne placez par vos marionnettes comme vous le voulez, loin de là. Dans la formation de votre équipe, vous devez utiliser un système de pactes, qui vous permettra de créer des cabales, à comprendre groupes de combattants, qui pourront bénéficier de bonus en appartenant auxdites cabales, et surtout la possibilité d'utiliser des Donums, les sorts du jeu. Par exemple, le Pacte des Guerriers ne peux être composé que d'un seul membre, lui apporte un bonus d'attaque de 25%, mais ne permet pas d'utiliser de magie. Le Pacte de l'Escouade en revanche permet d'avoir 2 personnages dans la cabale bénéficiant d'un bonus sur leur PV, et peut également avoir deux personnages de soutien qui ne combattront pas mais qui influenceront les stats de précision des combattants de la cabale.

Au total, votre formation de combattant peut avoir jusqu'à 5 cabales, et ces cabales peuvent être composées au maximum de 3 membre actifs, et 5 membres passifs. Soit un maximum de 15 personnages sur le champs de bataille et 25 personnages de soutien pour booster leurs stats. La question que vous vous poserez du coup est de savoir pourquoi ne pas prendre que des cabales de 3 membres pour aller retourner le labyrinthe ? Tous simplement parce que la plupart des Pactes sont a trouver dans les coffres et sur le sol à différents étages du labyrinthe, et surtout, chaque Pacte demande un certains nombre de point de renforcement pour être utilisé. Un Pacte des Guerriers vous demandera 0 points, là où un Pactes des Mages vous en demandera 3, et celui de L'Escouade 10. Vous devrez donc apprendre à savamment gérer vos points de renforcement au nombre de 100, étant donné que vous devrez également en utiliser pour explorer les donjons. Exploser un mur coûte par exemple 5 points, et faire apparaitre un point de téléportation en demandera 8.

En plus de ce principe de pacte, vient également d'autres données importantes à prendre en compte. Commençons par la Formation. Vous pouvez choisir de placer vos cabales en Avant-Garde et Arrière-Garde. Ces positions sont pratiques pour mettre les défenseurs et attaquant à l'avant tandis que vous mettrez les mages et healers en retrait. En fonction du nombre de Cabale et de leur position, vous obtiendrez un bonus de formation, déclenchant des effets aléatoires. Ces placements peuvent être modifié à tout moment dans le menu du jeu, et même durant les combats, pratique en cas de coup dur pour une de vos équipes.

Concernant les combats justement, il faut prendre en compte les coups écho et résonance. La résonance est un bonus d'attaque qui s'opère lorsque vous enchainez plusieurs fois une attaque physique. L'écho consiste en la même chose, mais lorsque vous utilisez vos donums. le jeu prend également en charge la notion de coups critiques, et introduit un élément plus embêtant : les coups critiques gores (CCG). ces derniers consistent en des coups plus puissants que les coups critiques, qui peuvent arracher des membres de vos ennemis... mais aussi ceux de vos marionnettes. Si vous perdez un de vos membres, vous ne pourrez plus utiliser l'objets y étant équipé, et votre barre de vie baissera son seuil maximum à la manière d'un Dark Souls par exemple. Pire, si la tête est arrachée, la marionnette sera tout simplement inutilisable. Pour remédier au soucis, vous devrez remonter à la carriole pour que Dronya vous rafistole à l'aides de matériaux ramassés dans le donjon, ou en les achetant directement au magasin du coin. Et bien sur comme tout bon RPG qui se respecte, chaque personnage est à habiller de la tête aux pieds, et à armer avec différentes armes que vous trouverez dans le labyrinthe afin de booster leurs stats. Toutes ces notions peuvent de prime abord faire peur, voire décourager les moins déterminés, mais une fois assimilées au fur et à mesure de vos expéditions, vous vous surprendrez de la "simplicité" de tous ces paramètres à prendre en compte.

Un environnement très "Disgaesque" 

Comme bon nombre de jeux estampillés Nippon Ichi Software, les dialogues ont un rôle dominant dans Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk. Nous sommes loin d'une ambiance enfantine et faisons ici face à des échanges qui passent par tous les ressentis possibles, mais qui restent très mature dans la forme. Ainsi la sorcière Dronya est une personne colérique, qui ne manque jamais une occasion de se défouler sur le crâne de la pauvre Luca, ou qui use de manipulation mentale sur les habitants du village pour arriver à ses fins. Luca quant à elle est toujours vue comme une petite fille guillerette qui fait ami-ami avec tout le monde et à la parlotte un peu trop facile au grand dam de Dronya. Mais au final le duo se complète bien et l'avancée dans l'histoire vous permettra de découvrir ce que cache le cœur de chacune.

La ville de Refrain est également très animée avec des personnages secondaires intrigants comme un duo de soldat qui n'hésite pas à se moquer d'estropiés, la nonne Marietta "très attachée" à Dronya et qui adore les sous-entendus explicites et les pommes de terre, ou encore Nemto l'homme à tout faire du village muet, et son apprenti qui n'hésitera pas à mettre une "olive" à Dronya pour rigoler. Malheureusement, Refrain possède également un autre secret, chaque soir lorsque la cloche sonne 3 fois, les habitants sont priés de rentrer chez eux et s'enfermer à double tour, car d'étranges créatures rôdent dans les allées et font disparaître les habitants qui se retrouvent sur leur passage. Les personnages et éléments sont amenés à se développer au fur et à mesure de votre progression, et le jeu arrive à trouver le juste milieu entre le tragique, le sadique, le comique et toute autre forme d'émotion. 

 

En terme de réalisation, que ce soit au niveau de la bande-son ou au niveau des traits de certains personnages, on retrouve à certains moment la patte graphique des équipes derrière Disgaea, ce qui n'est pas pour déplaire aux fans de la licence. Les étages du donjons dans la formes restent simples, mais les différents mondes restent tout de même assez variés et colorés pour éviter l'impression d'avancer toujours dans un seul et unique endroit. Quant au bestiaire, il demeure correcte sans pour autant proposer une grande diversité. Dans un monde spécifique, chaque étape passé se verra accompagné d'un monstre complémentaire, et chacun des mondes aura ses propres monstres. A de nombreuses reprises vous aurez à combattre contre divers boss au look varié et à la force colossale. Certains seront placé de sorte à vous faire comprendre qu'avant d'atteindre une nouvelle zone de jeu, il va falloir monter de quelques niveaux pour espérer les vaincre.

8
En commençant à rédiger ce test, je me suis surpris à réaliser le nombres d'éléments et de paramètres qui composent le jeu et en font ce qu'il est. L'essence du jeu se rapprochant de Disgaea est une bonne chose pour les fans, et NIS a réussi à adapter sa formule pour proposer un Donjon-RPG de qualité. Les personnages sont charismatiques, on s'attache rapidement à nos marionnettes, de nombreux éléments de jeu sont tirés de Disgaea comme la réincarnation des marionnettes, et le gameplay, bien qu'il puisse faire mal au crâne au lancement de la partie, se révèle au final plutôt simple d'accès une fois que l'on a fait l'effort de se pencher sur ses mécaniques. Le tout combiné avec une traduction des sous-titres intégralement en français, un doublage japonais de qualité (ou anglais si vous préférez) couplé à une bande-sonore de même facture, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk arrive à faire d'un genre se voulant répétitif une aventure agréable à suivre, où l'on ne compte plus les heures à déambuler dans les couloirs.

  • Une ambiance délicieusement "Disgaesque"
  • Nouvelle mécanique d'exploration des donjons
  • Des personnages charismatiques
  • Un gameplay complexe et dense, mais maitrisé
  • Le principe des cabales
  • Une ambiance différente dans chaque donjon
  • Le sous-titrage en français combiné aux voix japonaises
  • Les quêtes annexes pour gagner de nouveaux items
  • Quelques pics de difficultés pour certains boss
  • Une exploration pas vraiment intuitive avant d'intégrer le fait de pouvoir exploser des murs
  • Le temps de jeu qui continue de tourner quand la console est en veille
Pas d'images pour ce test.

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