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Demetrios : The BIG Cynical Adventure

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Demetrios : The BIG Cynical Adventure

Par C-Ptique - Le 01 décembre 2018

Quand la Switch fût venue, Cow Cat a saisi l’opportunité d’y sortir son dernier jeu, Demetrios, initialement sorti sur PC en 2016, puis sur PS4 et Xbox One en 2017. Vendu pour 9,99€ sur l’eShop, ce titre se veut inspiré des Chevaliers de Baphomet mais en ajoutant son humour bien à lui. Il invite également dans son annonce à faire plein d’actions stupides. Reste à voir si le jeu lui-même n’est pas stupide.

Un jeu qui nous met dans la m....e.

Lorsque Demetrios est lancé, on ne peut pas dire qu’il fasse une bonne première impression. Les dessins et le design sont en effet corrects, mais sans plus. Un œil aguerri voit que cela manque de finition et de détails, ce qui donne l’impression que l’on joue à un jeu flash. Cela ne poserait aucun problème si Demetrios était sur un site Internet, mais cela en pose parce que nous sommes sur console. Passé ces détails, le jeu se rattrape très vite. Le décor est planté dès le démarrage d’une nouvelle partie. On doit alors répondre à la question : « Aimez-vous l’humour pipi-caca ? », choix qui permet d’alléger plus ou moins les scènes montrant ce genre d’humour. Voulant faire un test sérieux et professionnel, votre serviteur a choisi : « Oui, je veux tout voir ».

Le héros est rapidement présenté. Bjorn est un antiquaire, et en-dehors de son métier, il est un vrai cliché sur pattes. Il est bête, il est prétentieux, il est célibataire et il vit seul dans son appartement sale et mal rangé. Même la souris qui s’est installée chez lui est son amie. Il a le béguin pour sa voisine de palier qui n’est pas non plus insensible. Comme il vit à Paris, il est aussi le cliché du parisien ignorant tout de la Province, pensant par exemple que Clermont-Ferrand est un petit village de campagne paumé. L’histoire commence par une nuit où Bjorn est revenu d’une soirée bien arrosée, il reçoit un appel l’avertissant d’un danger, mais il l’ignore. Il ne se rend pas compte pendant la nuit qu’on s’est introduit chez lui. Le lendemain, après une rapide vérification, il constate qu’une seule chose a été volée : la tablette que portait une vieille statue qu’il stocke chez lui. Après ce mystérieux appel et un fait divers informant que plusieurs antiquaires possédant la même statue sont morts dans d’étranges circonstances ces derniers jours, ce pauvre Bjorn a de quoi s’inquiéter, il prévient la police et mène sa propre enquête. Le début de l’intrigue est à l’image de l’intrigue toute entière : bien ficelée, avec son lot de rebondissements, de l’humour saupoudré de clichés mais qui reste plutôt original. On prend plaisir à suivre les aventures de Bjorn qui commenceront à Paris, puis l’emmèneront vers de nouvelles destinations.

Un humour soigné qu’on redemande.

Le point fort de Demetrios est son humour. Chaque action, chaque dialogue est sujet à une boutade. La bêtise de Bjorn aide aussi. Entre deux actions relativement sérieuses, on peut se demander ce que ça fait lorsqu’on met les doigts dans une prise électrique, sous prétexte qu’on n’a jamais cru les cours de prévention à l’école, on le fait et on a droit à un game over dû à l’électrocution. Et on peut recommencer avec la prise de la salle de bain sans que rien ne se passe cette fois-ci. On peut aussi provoquer certains personnages. Au commissariat, il est interdit au public de monter à l’étage mais on peut essayer quand même. Le policier nous interpelle pour nous empêcher de monter. Si on recommence, on met sa patience à rude épreuve et en s’y reprenant plusieurs fois, on se retrouve avec un game over où on finit en prison pour dissidence.

Bjorn y met également de son petit commentaire. Comme tout point and click, il a tendance à d’abord décrire les objets que l’on pointe, puis à exprimer son avis. On a ainsi droit à des dialogues savoureux tels que : « Le placard où je range mon aspirateur, mon fer à repasser et mes produits de nettoyage. Que des trucs inutiles. ». Même les enchaînements d’actions sont drôles. On trouve une lampe mais qui ne peut pas être utilisée parce qu’il manque des piles. En cherchant dans l’appartement, on ouvre des tiroirs et on finit par en trouver… Dans le vibromasseur. On trouve d’autres sous-entendus sexuels du même genre dans le jeu. Ajoutées aux références vidéo-ludiques parsemées ici et là, ces situations comiques incitent à cliquer n’importe où pour écouter la prochaine vanne. Et on ne redoute pas le game over, bien au contraire, on le cherche tant les chutes sont uniques à chaque fois. Il s’agit probablement d’un des seuls jeux où le joueur voudra perdre afin de les découvrir.

Demetrios, les plus et les moins du point and click.

Comme tout point and click qui se respecte, il arrive ce moment fatidique où on ne sait plus quoi faire. Demetrios a une façon originale de nous aider. Sur chaque écran du jeu sont cachés trois cookies, ils sont même très bien cachés. Il faut ouvrir l’œil car cela tient du détail qui, à l’écran, paraît insignifiant. C’est en mangeant un cookie que le cerveau de Bjorn s’active et nous aide à trouver une solution. C’est une idée bien exploitée qui aide le joueur mais l’oblige à utiliser ses méninges, et quand il ne le veut pas, ce sont ses yeux qu’il doit mettre à contribution. Le joueur n’a donc qu’à en vouloir à lui-même s’il ne trouve pas la solution.

Demetrios a bien un défaut, mais qui est typique des point and click : la logique parfois tirée par les cheveux. On a par exemple un chat énervé qui nous bloque le passage, on trouve une souris d’ordinateur qui est déguisée comme une vraie souris (ne vous demandez pas pourquoi, vous l’avez trouvé ainsi), on pense que ça suffit et qu’il faut la lui montrer. On se rend alors compte que ça ne marche pas puisqu’il faut en fait ajouter une ficelle de sac poubelle. Une simple ficelle. Dans ce genre de situation, on peut se retrouver à vider toute notre réserve de cookies jusqu’à ce que Bjorn crache le morceau. Malgré ces défauts, Demetrios est très plaisant à parcourir, notamment comme on l’a dit grâce à son humour bien senti. On regrette donc que la musique soit souvent trop banale et répétitive. Elle n’arrive pas à créer une ambiance immersive qui invite à la détente et la réflexion et qui nous plonge dans l’univers du jeu. Elle ne se montre pas digne du reste du titre.

8
Demetrios est un bon jeu qui fait passer un excellent moment. Son humour bien rôdé, son contenu très complet, son système d’aide qui incite à se débrouiller et son intrigue invitent à une bonne aventure. Malgré la musique et les graphismes qui auraient tout deux mérités plus de finition, l’humour suffit à lui seul à justifier l’achat du titre tant il joue un rôle central. On s’attache à Bjorn malgré son idiotie. Mention spéciale doit être accordée pour les game over, il s’agit du seul jeu où j’ai cherché à en faire tant les situations qui y amènent sont comiques et souvent hilarantes. La note finale est bien méritée et doit être prise comme un encouragement. Pour peu d’être sensible à son humour, les joueurs qui se procureront Demetrios ne le regretteront pas.

  • L’humour, subtil (souvent) et diversifié (tout le temps)
  • L’histoire bien racontée et accrocheuse
  • Le système d’aide avec les cookies, original et incitant à préférer la réflexion
  • La musique, trop simple pour créer une atmosphère.
  • Des ralentissements en mode portable
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