Phoenix Wright pour les nuls :
Avant toute analyse préalable il convient tout d’abord de présenter aux non-initiés la série des Phoenix Wright si il s’agit de votre cas (honte à vous !) je vous prierais de lire ce paragraphe, sinon vous pouvez directement passer à la partie suivante, ou lire celle-ci pour le plaisir ^^
La série des Phoenix Wright est, il faut le savoir avant toute autre chose, une trilogie de jeux sortis sur GBA entre 2001 et 2004, exceptée la cinquième affaire du premier épisode. Les trois épisodes DS ne sont donc ni plus ni moins que des portages compatibles avec le stylet sans que celui-ci ne soit réellement indispensable, ceci expliquera donc l’aspect “ old-school ” de la bande-son et une animation des personnages un peu raide. Ce minimalisme n’est toutefois aucunement une gêne et contribue même à l’ambiance du soft !
Les jeux en eux-mêmes peuvent donc se définir comme un jeu d’action-enquêtes à la première personne avec des phases au tribunal, d’où le nom de “ simulation d’avocat ”, prôné à tort et à travers un peu partout (car la simulation induit une tentative de ressemblance avec la réalité, réalité dont les Phoenix Wright s’affranchissent pour un meilleur confort de jeu), les phases dites jouables seront donc divisées en deux grands axes :
- La partie au tribunal ou vous devrez, sous l’œil moyennement impartial du juge et face à un procureur (ou avocat de l’accusation), faire subir à des témoins plus ou moins douteux des contre-interrogatoires impitoyables.
Lors de ceux-ci vous pourrez soit presser le témoin (“ Un instant ! ” ou “ Hold It ” en anglais) pour obtenir des compléments d’information en gueulant dans le micro si ça vous chante, soit émettre une “ Objection ” (prononcer “ Objaikchieun ” en anglais, ce qui a beaucoup plus de style) en présentant une pièce à conviction contredisant les dires du témoin.
Bien sur au début les objections seront d’une facilité déconcertante du genre : “ Oh oui je me souviens de l’heure de sa mort il était 17h ”, alors que le rapport d’autopsie de la victime montre que celle-ci est décédée à 13h - mais plus on avance dans l’aventure, et plus cela se corse, en virant parfois au grand n’importe quoi. Dans ces cas-là on se retrouvera même peut-être à sauvegarder puis à placer des objections au hasard en espérant que ça passe, cela peut paraître frustrant (et ça l’est !) mais la satisfaction de l’objection réussie n’en sera que plus forte.
Le troisième épisode amplifiant encore davantage cette tendance, à vous de voir si ce défaut vous paraît insurmontable ou pas…
-La seconde phase et pas la moins importante pour autant (même si à la fin tout se règle au tribunal) est la phase d’investigation, dans celle-ci, vous déambulerez plus ou moins librement dans un espace restreint fait d’écrans fixes (tous esthétiquement réussis au demeurant), à la première personne.
Lors de vos promenades, vous pourrez discuter avec des individus plus ou moins délirants, de l’increvable inspecteur Dick Tektiv (Gumshoe en VA) toujours fidèle au rendez-vous, à un cuisinier efféminé (le mot est faible) en passant par un grand-père ronchon, le casting des Phoenix Wright surprendra toujours par son coté délire et ne laissera personne insensible. Vous pourrez donc à la manière de la commère du quartier discuter avec tous ces individus pour leur soutirer des anecdotes et informations plus ou moins importantes. Le Psyche Lock introduit dans le deuxième épisode est évidemment toujours de la partie, ces “ cadenas de l’esprit ” vous seront rendus visibles grâce au magatama de votre assistante Maya Fey (medium de métier) et vous permettront, à l’aide de pièces à convictions, de percer les secrets que votre interlocuteur tente de vous cacher.
Un bouton “ examiner ” sera également à votre disposition et vous permettra à l’aide la croix ou du stylet de traquer les pièces à convictions dans les écrans fixes.
Notons également ici que, à la manière du tribunal ou les objections sont parfois peu évidentes à placer, la progression reste très linéaire et ne vous autorise aucun écart : tant que vous n’aurez pas cassé le psyche lock de M. X vous ne pourrez pas trouver la pièce à conviction sur l’écran Y qui vous permettra d’obtenir de nouvelles informations sur la personne Z etc...
5 Avocats, 4 Procureurs let’s fight !
Là où Phoenix Wright 3 dénote de ses prédécesseurs, c’est dans son abondance de personnages : tous les personnages importants des deux épisodes précédents seront présents, et occuperont une place non négligeable dans un casting fabuleux, doté d’un nouveau protagoniste de taille : Godot…
Ce mystérieux procureur aux lunettes insensées sera donc votre principal adversaire dans la plupart des procès, de plus, il semble nourrir une haine profonde envers vous et a créé un vent de panique à l’office des procureurs, confrontés à cet avocat de l’accusation surdoué venu de nulle part.
“ Je suis revenu des ténèbres pour combattre avec vous Trite ”
Le ton est donné d’entrée, et l’homme ne se laissera pas faire lors des procès, les joutes verbales, les Objections avec des gros plans sur le visage en veux-tu en voilà, et des musiques plus dynamiques que jamais feront monter l’adrénaline du joueur subjugué par le duel aux conclusions toujours plus insensées (car il faut le savoir les criminels dans Phoenix Wright ont toujours des idées tordues pour rejeter la culpabilité sur ce qui sera votre futur(e) client(e)).
Que dire d’autre ?
Cinq affaires avec une dernière affaire tout bonnement énorme, sans doute la meilleur de la série à ce jour, trois avocats de la défense différent à incarner, plus deux qui vous accompagneront lorsque vous incarnerez M…. , oups no spoiler, trois avocats de l’accusation différents ( !) l’inusable Victor Boulay (Winston Payne en VA) et... un autre ^^‘
Plus dur, plus jouissif, plus long, plus intense, plus de musiques, plus de personnages, plus plus, encore plus, toujours plus, les fans de la série seront aux anges, que dis-je jouiront d’un plaisir de jeu orgasmique - si vous me permettez le néologisme - les autres bouderont peut-être l’une des meilleures séries de jeux vidéo qui épate par sa maitrise et son scénario grandiose, pouvant même nous arracher quelques larmes…
Phoenix Wright 3 ce n’est pas un très bon jeu, c’est un must-have, si vous ne l’essayez pas, alors vous êtes un bien piètre gamer. Ce n’est pas de l’arrogance de testeur, c’est simplement de l’objectivité : peu de jeux peuvent se targuer de posséder un tel scénario, et ce malgré une sobriété graphique et sonore à toute épreuve, relique d’un ancien temps. Le titre a été développé par une dizaine de personnes (il suffit de voir les crédits) ne se posant pas des questions idiotes comme “ est-ce que ça va plaire aux casuals? ” (et oui je tenais à la caser celle-là), “ est-ce que ça va se vendre? ”, non, ce jeu a tout simplement été créé pour être bon, et malheureusement ce genre de titres, c’est une espèce en voie d’extinction…




