Nintendo Switch 2

Tales of Eternia Remastered

Test Switch 2

Tales of Eternia Remastered

Par ggvanrom - Il y a 6 heures

Sorti initialement en 2000 au Japon sur PS1, l’histoire de Tales of Eternia n’est malheureusement pas celle qui a eu le plus de succès en Occident de par les soucis de localisation à l’époque. Renommé Tales of Destiny II aux USA, il a fallu attendre la version PSP éditée par Ubisoft en 2006 pour pouvoir poser nos mains sur le jeu en Europe, et encore sans traduction française officielle. Pour 2026, Bandai Namco corrige enfin le tir en nous proposant une version « remasterisée », avec notamment une traduction française incluse pour les consoles modernes. Mais 26 ans plus tard, est-ce que la magie est toujours au rendez-vous ?

Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur

Un voyage épique pour sauver 2 mondes

Tales of Eternia se déroule dans le monde atypique d’Eternia. Derrière ce nom se cachent en réalité deux mondes isolés, Inféria et Célestia, séparés par une barrière magique et que l’on peut apercevoir dans leur ciel respectif. C’est sur Inféria, dans le village de Rasheans, que nous faisons la connaissance de Reid et de Farah, deux amis d’enfance. Alors qu’ils vaquaient à leurs occupations, un vaisseau volant manque de se crasher sur eux. À l’intérieur se trouve une jeune fille à la peau sombre, avec un joyau incrusté dans le front, et au dialecte incompréhensible pour nos deux héros. Bien décidés à ne pas la laisser seule, ils décident de trouver quelqu’un susceptible de comprendre cet étrange dialecte. Après avoir appris au moins son nom, Meredy, ils se rendent compte que leur bonne action va avoir des conséquences bien plus importantes que ce à quoi ils s’attendaient. Meredy vient de Célestia, et a fait le chemin jusqu’à Inféria pour éviter une collision entre les deux mondes, connue sous le nom de « Grande Chute ».

Leur objectif est clair, nos compagnons vont devoir voyager entre les deux royaumes pour tenter de débusquer les méta-elferias, les esprits élémentaires de ce monde qui seraient la seule solution permettant de prévenir cette catastrophe. Ils feront la connaissance de nouveaux compagnons sur la route, et verront que la relation entre les deux mondes cache manifestement beaucoup de choses pour deux mondes qui ne sont pas censés pouvoir coexister. Une histoire somme toute assez classique dans l’univers de Tales of, mais que l’on peut découvrir pour la première fois dans la langue de Molière.



Un système de combat plus aléatoire qu’agressif

Si vous êtes un amateur des anciens Tales of, vous retrouverez lors des affrontements avec les différents ennemis du jeu le système de combat dénommé Aggressive Linear Motion Battle System (A-LMBS). Derrière ce nom se cache en réalité un concept très simple : un combat sur une seule ligne fixe où sont déployés alliés et ennemis. Après avoir sélectionné la cible de votre choix, vous vous dirigez vers cette dernière pour lui asséner un coup avec A, ou une technique avec B + une des 4 directions du pad. Chaque technique utilise des PM, et ces derniers ne se récupèrent qu’en consommant des gelées oranges et en dormant dans des auberges, donc attention à bien gérer vos stocks entre deux villes et deux donjons.

Côté armement, nos héros ont chacun une arme dédiée avec quelques déclinaisons (Reid peut manier Dague, Épée et Hache par exemple). À force de taper avec un type d’arme, Reid développe son niveau de tranchant ou d’estoc, et à force d’utiliser des techniques, il débloquera de nouvelles techniques de plus en plus puissantes. Ses compagnons principaux, Farah, Keele et Meredy, pourront quant à eux utiliser également de la magie. Enfin, Keele et Meredy possèdent également une cage élémentaire leur permettant de transporter les méta-elferias, ce qui leur permettra d’utiliser de puissants sorts élémentaires. Chose que l’on n’avait pas beaucoup vue dans les autres opus, les ennemis ont une résistance assez élevée contre certaines armes, il ne faudra donc pas hésiter à switcher d’armes en plein combat. Les ennemis ont également des affinités et faiblesses élémentaires, il vous incombe de trouver lesquelles, et d’éventuellement vous équiper avec les armes aux bonnes affinités pour causer un maximum de dégâts.

Si ce système de combat sur une seule ligne est là depuis Tales of Phantasia, premier opus de la série, il n’en reste pas moins assez confus. Lorsque vous avez 4 ou 6 ennemis, dont plusieurs volants et d’autres attaquants à distance, vous aurez régulièrement l’occasion de pester à cause de l’impossibilité d’avancer correctement pour dégrossir les rangs. Il y a notamment un passage à Célestia assez frustrant pour débloquer le navire, où l’on se retrouve avec une multitude de robots attaquant à longue portée qui auront raison de vos nerfs. Heureusement, les combats ne sont pas spécialement compliqués dans l’ensemble. Chaque victoire nous permet de récolter des Gald, la monnaie du jeu, et surtout de l’expérience pour monter de niveau. Nos héros peuvent également récolter des gelées, des matériaux et des pièces d’équipement sur les ennemis.

Par contre, le jeu repose tout de même sur une base de farming. Si les combats contre les mobs seront une formalité si vous êtes un minimum préparé, les combats de boss risquent de vous faire souffrir. Le combat contre la première méta-elferia, Ondine, risque de vous demander quelques essais si vous n’êtes pas suffisamment préparé, et de vous pousser à rebrousser chemin pour aller gagner quelques niveaux. Il est également dommage que les informations découvertes grâce aux lunettes (loupe dans les opus suivants) ne restent pas apparentes lorsqu’on les réaffronte deux combats plus tard. Les ennemis à mi-hauteur peuvent aussi être assez frustrants avec une hitbox parfois casse-pied. Le gameplay avait ses aficionados à l’époque, disons qu’il a juste mal vieilli quand on compare avec les créations plus modernes. Cela n’empêche pas le titre d’être jouable.

Une exploration somme-toute classique

J-RPG début 2000 oblige, l’aventure de Tales of Eternia Remastered vous demandera entre 35 et 45 heures en moyenne pour en voir le bout en jouant de manière classique. Le jeu a une structure somme toute classique. Vous arrivez dans une ville, vous récoltez des informations sur un méta-elferia ou un incident majeur, vous vous rendez dans un donjon dédié pour solutionner le problème, et vous reprenez la route vers votre nouvelle destination. Les villes et villages auront des auberges pour vous reposer, et différents magasins pour faire le plein d’équipements et d’ingrédients pour effectuer la cuisine, qui sera votre meilleure alliée dans les donjons quand les gelées viendront à manquer. Il y a bien quelques quêtes annexes et mini-jeux qui sont proposés, représentés par des icônes vertes et bleues, mais rien de bien transcendant en finalité.

Niveau contrôle, on déplace notre personnage dans 8 directions, ce dernier est assez rigide, et il pourra de temps en temps déplacer des objets, et utiliser des anneaux du sorcier pour balancer des boules d’énergie élémentaire. Cela permettra de débloquer des passages en résolvant des petites énigmes. Les donjons sont également assez variés, et si certains seront une partie de plaisir, d’autres seront une purge. Je pense notamment à la grotte de Gnome, où l’on doit alterner entre dynamite et pelle pour débusquer tous les trésors, mais en ne pouvant porter qu’un seul objet à la fois (alors qu’on est 4 dans l’équipe…) avant de se rendre compte tout en bas qu’il faut un 3e objet à récupérer tout en haut pour accéder à la dernière partie. Des situations très old-school qui auraient pu mériter un petit réajustement à l’occasion de cette remasterisation…

Mais il y a quoi de « remastered » finalement ?

L’intérêt de cette édition « Remastered » est sujet à débat en effet. Sur le papier, le jeu nous propose d’alterner entre des graphismes remasterisés et les originaux. Si sur le papier cela sonne bien, une fois en jeu, la différence est minime, et joue davantage sur la palette de couleurs que sur la définition en elle-même. Le chara-design et les modèles des personnages ne bougent pas, et seuls les environnements sont un peu moins pixellisés, mais très sincèrement, la différence ne saute pas aux yeux.

On notera en revanche la présence des doublages anglais décriés à l’époque, mais aussi des doublages japonais. Désormais, on voit clairement les objectifs de quêtes s’afficher, simplifiant nos recherches, et on a également à disposition le mode boost qui permet de modifier pas mal de choses. Multiplicateur d’XP, de Gald, de dégâts… Augmentation de la vitesse de maîtrise des armes et de la cuisine. Taux de rencontre aléatoire, etc. En jouant avec ces réglages, il y a là de quoi se simplifier l’aventure assez facilement. On notera également la présence de 3 modes de difficulté, et d’un quatrième qui se débloque post-game.

Niveau chara-design enfin, on retrouve le travail de la regrettée Mutsumi Inomata. Je ne suis personnellement pas fan de sa patte artistique, avec notamment ses grands yeux et les visages très (trop) anguleux, mais là aussi, elle a ses partisans, et cela ne l’a pas empêchée de proposer moult personnages les années suivantes sur d’autres titres de la licence.

7
Difficile d’être dithyrambique sur Tales of Eternia Remastered. Pour le public japonais et anglophone qui a eu l’occasion de découvrir le jeu entre 2000 et 2006, l’effet madeleine de Proust sera sûrement au rendez-vous. Mais si, comme votre serviteur, il s’agit d’un des rares opus de la saga que vous n’avez pas fait, l’effet nostalgie ne permettra pas de balayer le fait que l’on est tout de même sur un Tales of très vieillissant. Une bonne pioche pour les amateurs de la licence qui voudront compléter leur collection, mais un épisode qui ne restera pas nécessairement dans les annales en 2026 en l’état.

Points positifs

  • Une histoire plaisante à découvrir
  • Un système de combat riche...
  • Une durée de vie conséquente (35 à 45h en moyenne)
  • Une traduction française officielle et la présence des doublages japonais
  • Les options d'amélioration de confort de jeu

Points négatifs

  • Une remasterisation au final très légère
  • ... mais qui a mal vieilli
  • Une structure et des donjons très old-school
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