Nintendo Switch 2

Resident Evil 4 Gold Edition

Test Switch 2

Resident Evil 4 Gold Edition

Par Lotario - Hier à 13:00

Resident Evil 4 Gold Edition débarque enfin sur Switch 2, et le simple fait d’écrire cette phrase fait sourire. Plus de vingt ans après sa sortie originale, le chef-d’œuvre de Shinji Mikami retrouve une nouvelle jeunesse sur la console portable de Nintendo. Entre nostalgie pure et performances modernes, cette version Gold a-t-elle encore les moyens de faire frémir ?

Vamos Tenemos

À sa sortie en 2005 sur GameCube, Resident Evil 4 a littéralement redéfini le survival-horror. Capcom a ensuite multiplié les ports : PlayStation 2, Wii, PC, Xbox 360, PS3, puis une version HD. La Gold Edition, sortie d’abord sur PS2, a rapidement été considérée comme l’édition de référence grâce à son contenu additionnel. Les critiques de l’époque ont salué un jeu quasi parfait, noté généralement entre 9 et 10 partout. Même les plus exigeants ont reconnu que Capcom venait de changer les règles du genre pour de bon. L’accueil fut unanime, rare pour un titre aussi ambitieux. Aujourd’hui encore, on parle de RE4 comme d’un tournant majeur de l’histoire du jeu vidéo. Le passage sur Switch 2 prolonge donc une légende déjà bien ancrée.

Leon S. Kennedy, agent du gouvernement américain, est envoyé en mission dans une région isolée d’Europe pour retrouver la fille du président, Ashley Graham. Ce qui devait être une simple extraction se transforme rapidement en cauchemar. Les villageois, possédés par un parasite appelé Las Plagas, n’ont plus rien d’humain. Le joueur découvre un univers rural inquiétant, des cultes obscurs et une organisation secrète prête à tout. Le pitch reste d’une efficacité redoutable : sauver la jeune femme tout en survivant à des hordes d’ennemis de plus en plus intelligents. L’atmosphère oscille constamment entre tension extrême et moments d’action pure. Chaque rencontre devient un puzzle de survie. Le scénario, bien que linéaire, multiplie les rebondissements et les révélations. On suit Leon dans une descente aux enfers où l’humour noir et l’horreur se côtoient avec brio.

Las Plagas

Le gameplay de Resident Evil 4 a marqué une rupture totale avec les épisodes précédents. La caméra d’épaule offre une précision inédite pour l’époque et reste encore aujourd’hui extrêmement agréable. Chaque tir compte, chaque cartouche est précieuse, et le système de visée demande une vraie implication. La gestion d’Ashley constitue l’une des plus grandes subtilités du titre : il faut la protéger, lui ordonner de se cacher ou de vous suivre, tout en restant vigilant. Elle peut être enlevée, blessée ou même tuer si l’on n’y prend pas garde. Les combats mêlent tir, esquive et utilisation de l’environnement de façon brillante. Les ennemis réagissent différemment selon les coups reçus, ce qui force le joueur à adapter constamment sa stratégie. Le feeling des armes et le poids des actions donnent une sensation de contrôle rare. Rien n’est laissé au hasard, chaque rencontre est pensée pour mettre la pression.

La progression est d’une fluidité exemplaire. Le village, le château puis l’île offrent des environnements contrastés et mémorables. Le game design repose sur une tension permanente entre exploration prudente et action frénétique. Le système d’amélioration des armes via le marchand est diaboliquement addictif : on vend, on achète, on améliore la puissance, la capacité et la vitesse de rechargement. Chaque décision d’investissement a un impact réel sur la suite de l’aventure. Le inventaire en forme de "cases" oblige à faire des choix constants. Les puzzles, bien que peu nombreux, s’intègrent parfaitement au rythme. On ressent toujours la progression de Leon, qui devient de plus en plus efficace au fil des heures. Tout est calibré pour récompenser la maîtrise et punir l’imprudence.

Une autre voie

Le mode Separate Ways, centré sur Ada Wong, constitue l’un des plus gros atouts de la Gold Edition. On y découvre le point de vue de l’espionne pendant les événements du jeu principal, avec ses propres objectifs et ses propres contraintes. Ada dispose d’un gameplay légèrement différent, plus agile, et de missions exclusives particulièrement réussies. Ce contenu offre un éclairage nouveau sur l’intrigue et enrichit considérablement l’univers. Les bonus liés à Ada, une fois débloqués, permettent de rejouer certaines sections avec des avantages supplémentaires. L’écriture de ce scénario parallèle reste d’un très bon niveau et prouve que Capcom avait encore des choses à raconter. On y retrouve la même exigence de mise en scène et de tension. Separate Ways n’est pas un simple bonus, c’est une véritable extension narrative et ludique.

Le mode Mercenaries, quant à lui, est une pure orgasmique session d’action. On incarne différents personnages dans des arènes bondées d’ennemis, avec un temps limité et un système de combo ultra gratifiant. Chaque personnage possède ses propres armes et particularités, ce qui change radicalement l’approche. Le but est de survivre le plus longtemps possible tout en enchaînant les kills spectaculaires. Le ranking et les records poussent à rejouer encore et encore. C’est un mode parfait pour les sessions courtes ou pour tester sa maîtrise pure du gameplay. Les cartes sont variées et bien pensées. Mercenaries prolonge la durée de vie de façon exponentielle et reste, encore aujourd’hui, l’un des meilleurs modes additionnels jamais créés dans un survival-horror.

Du Gold sur Switch 2

Techniquement, Resident Evil 4 Gold Edition s’en tire très bien sur Switch 2. Les effets de lumière sont beaux, les ombres correctement gérées et la fluidité quasi constante dans la très grande majorité du jeu. On sent que le port a été soigné pour tirer parti de la puissance de la nouvelle machine. Les textures tiennent correctement la route, même si l’on reconnaît évidemment le jeu de 2005. Seules deux zones proches de la région du lac connaissent quelques baisses de framerate ponctuelles. Ailleurs, le titre tourne vraiment bien, que ce soit en mode portable ou sur téléviseur. La stabilité globale est impressionnante pour un jeu de cet âge. On peut enfin profiter de cette version Gold dans de très bonnes conditions techniques.

La durée de vie reste excellente. L’aventure principale, le mode Ada, les Mercenaries, les défis et le contenu à débloquer offrent déjà de nombreuses heures de jeu. Le système de challenges et les costumes secrets motivent fortement à rejouer. Le New Game Plus, avec ses armes spéciales et ses avantages, rend chaque nouvelle partie encore plus addictive. Les qualités intrinsèques du jeu – sa direction artistique, son rythme, son feeling – n’ont presque pas pris une ride. On ressent toujours ce plaisir unique de dominer progressivement les situations les plus stressantes. La rejouabilité est l’un des plus grands atouts de cette édition. Même après plusieurs playthroughs, on revient volontiers pour affiner ses techniques ou battre ses records.

9
Resident Evil 4 Gold Edition sur Switch 2 n’est pas qu’un simple port nostalgique. C’est la confirmation que certains jeux transcendent leur époque. Vingt ans plus tard, il continue de dicter ses lois, de faire monter l’adrénaline et de procurer ce sentiment rare d’être totalement absorbé. Une réussite absolue qui mérite largement sa place dans toute bibliothèque Switch 2.

Points positifs

  • Un gameplay toujours aussi jouissif et tendu
  • Le contenu Gold (Separate Ways + Mercenaries) excellent
  • Très bonne performance technique globale sur Switch 2
  • Rejouabilité exceptionnelle grâce au New Game+ et aux défis
  • Ambiance et direction artistique intemporelles

Points négatifs

  • Quelques baisses de framerate isolées près du lac
  • L’inventaire en grille qui peut encore agacer certains