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[Dossier] Les 120 ans de Nintendo - Première Partie

Par creagamer - Le 14/10/2009 à 16:45

PREMIERE PARTIE

Happy Birthday to you, Nintendo ! Voici maintenant 120 ans que la firme japonaise existe. Avec plus d’un siècle de vie au compteur, l’entreprise nippone s’est vu transformer et agrandir, mais elle est toujours restée dans son objectif de divertissement grand public. Notre constructeur nippon préféré a vu de grands événements et a failli fermer boutique par moment, mais n’est jamais tombé. Dans ce dossier nous reviendrons sur ses succès et ses échecs, mais aussi sur ces hommes qui ont fait de Nintendo l’empire vidéo-ludique que nous connaissons aujourd’hui. Des hanafuda aux Game & Watch en passant par la Nintendo 64 et en finissant avec la Wii, nous allons faire un petit tour de ces quelques années d’histoire. Prenez place, nous allons commencer par remonter le temps en direction de Kyoto, année 1889 !

                             locaux nintendo

Tout commence le 23 septembre 1889 dans la ville de Kyoto. A l’époque Fusajiro Yamauchi ouvre une boutique de cartes à jouer à la japonaise, dite hanafuda. Cette boutique prit le nom de Nintendo et passa un demi-siècle à fabriquer des cartes. Durant cette période la mascotte sur les cartes Daitôryô n’est autre que notre empereur Napoléon. En japonais Daitôryô veut dire président, ce qui fut donc un amalgame avec George Washington qui était le premier président des Etats-Unis. Les hanafuda étaient un concept différent des cartes occidentales. Dans ces dernières, il y a le roi, le valet, la dame et les dix chiffres. Dans les cartes hanafuda, ils sont remplacés par les saisons et les douze mois de l’année. Au fur et à mesure, la firme, encore petit artisan, grossie pour devenir en 1902, le premier fabricant de cartes occidentales au Japon. Yamauchi eut alors une idée de génie pour rendre ces cartes populaires à travers tout l’archipel. Durant les années 1920, Nintendo décide de distribuer un paquet de carte neuves avec des cigarettes, pour ainsi toucher la clientèle des salles de jeu. C’est ainsi que la petite boutique devient le plus grand fabriquant de carte à jouer de tout le pays nippon. Mais un changement de rennes ce fit sentir et c’est le gendre de Fusajiro Yamauchi qui devra diriger ce petit empire dès 1929. Alors que Sékiryô Yamauchi est aux commandes, l’entreprise familiale change de nom et devient Yamauchi Nintendo. Rien de grave, puisque les cartes à jouer ont toujours la cote auprès des japonais. Et ce, jusqu’en 1942 avec le début de la Seconde Guerre Mondiale où le gouvernement ralentit la pratique des jeux d’argent. Pour rester dans la course, Nintendo envoie des paquets de cartes aux soldats sur le front, pour leurs moments de répits. Pour ce qui est du pays, toutes les entreprises doivent participer à l’effort de guerre, Nintendo fabriquera des cartes patriotiques. Mais cet événement dramatique portera un coup dur aux sociétés japonaises, Big N décidera de créer une nouvelle marque de cartes pour les pays occidentaux. En 1949, c’est l’intransigeant Hiroshi Yamauchi qui prend le trône de la firme à seulement 22 ans.

hanafuda                      hanafuda 2

Il fera changer le nom de la société, pour devenir Nintendo Playing Cards & Co. Il fera aussi construire de nouveaux locaux et fabriquera les premières cartes en plastiques au Japon. Tous cela en quatre ans ! Le succès effréné de Nintendo continue, avec la visite de Hiroshi Yamauchi dans les usines de l’US Playing Card Compagny aux Etats-Unis, où il en ressortira plein d’idées innovantes, dont une prévue en 1959. En cette année, monsieur Yamauchi décide de fabriquer des cartes avec son premier collaborateur et non pas des moindres : Walt Disney ! Les nouvelles cartes à jouer Nintendo viseront les enfants, avec Mickey et d’autres héros Disney, affichés dessus. Pour le Japon c’est une première, aucune autre entreprise n’avait fait cela auparavant. Nintendo vient d’ouvrir le commerce des produits dérivés au pays du soleil levant. Pour espérer vendre, il faut faire un bon coup marketing, c'est pourquoi Nintendo diffuse son premier spot publicitaire sur la télé nippone en 1960, pour ces cartes Disney Trump. Succès commercial sur la jeunesse japonaise et richesse pour la société. Pour profiter de ce tremplin, Hiroshi Yamauchi décide en 1962 de faire rentrer en bourse d’Osaka son entreprise familiale. Après cet enchaînement de réussites, le président de Nintendo ne va pas s'en arrêter là, avec encore un nouveau changement de nom : Nintendo Co.Ltd. Il en profitera pour ouvrir deux nouvelles filiales, une basée sur l’exportation étrangère et l’autre sur la fabrication de produits agro-alimentaires. Nintendo en profite également pour changer de voie ou plutôt approfondir le côté divertissement, avec la création de jeux et de jouets. Avec une ambition si développée, Hiroshi Yamauchi achète une entreprise de taxi et même un love hôtel. Mais pas d’inquiétude, les deux n’auront aucune affiliation avec Nintendo. Mais ces achats resteront les anecdotes les plus connues sur la firme !

cartes disney trump                           cartes disney trump 2

En 1965, Nintendo embauche un des hommes qui sera très important pour le futur, il s’agit du créatif Gunpei Yokoi ! Dès son arrivée, il ne s’occupa que de la réparation des machines de fabrications des cartes à jouer. Mais son penchant pour la création ce fit vite remarquer par Hiroshi Yamauchi, qui un jour rentra dans son local sans prévenir. Au moment de la visite surprise du président, Gunpei Yokoi était en train de réaliser l’ébauche d’un des plus grands succès de la firme : l’Ultra Hand ! Ce jouet permettait d’attraper des objets à distance. Conscient de ses ventes, Hiroshi Yamauchi demanda au créatif de réaliser un autre jouet aussi ingénieux. Gunpei Yokoi sortit l’Ultra Machine, un petit appareil en plastique qui lançait des balles de base-ball. Comme les japonais urbains n’ont pas beaucoup de place dans leurs appartements pour jouer et ni le temps de pratiquer un sport régulier, ce jouet se vendit très vite et  avec un succès certain. Près de deux millions d’exemplaires vendus à travers le Japon en 1968. L’ère du grand Nintendo continue en 1970, avec un renforcement dans les usines de conception et l’arrivée des loisirs électroniques. Gunpei Yokoi ne loupera pas le coche, en inventant  les Pistolets Optoélectroniques SP. Ces jouets permettaient aux enfants de tirer avec un pistolet sur une figurine ou un objet de décors (cow-boy, lion, tableau…). Si le faisceau invisible du pistolet touchait le point d’impact de l’objet, ce dernier avait une interaction (cow-boy qui tombe, roulette qui tourne, lion qui ouvre sa gueule…). Ces jouets seront, là aussi, un succès incroyable pour la firme. Une idée qui vient d’une collaboration entre Gunpei Yokoi et Masayuki Uémura, un représentant de chez Sharp. Durant les années 1970, Hiroshi Yamauchi fit une petite crise de la quarantaine. Ce cher président recommença à fabriquer des produits qui n’avaient rien à voir avec le divertissement. Nintendo fera des poussettes, des chaises balançoires et d’autres produits pour bébé. Et ce n’est pas tout ! La société se mettra à réaliser des photocopieurs, des étagères, des stylos… tout ce qui a un rapport avec la bureautique. Une phase incroyable, mais pas aussi rentable que le loisir !

ultra hand              ultra machine               pistolet optoélectronique

En 1973, l’arcade commence à naître et Nintendo s’engouffre dans ce nouveau système de jeu. La société crée une filiale concentrée sur ce divertissement : Nintendo Leisure System. Le premier essai de l’entreprise dans le milieu de l’arcade sera le Laser Clay Shooting System. Ce dernier est une sorte de ball-trap virtuel utilisant la technologie Optoéléctronique, qui était déjà utilisée sur certains jouets de la firme. Les commandes pour ce concept se bousculent au portillon, Nintendo réalise encore un nouveau succès dans le monde du loisir japonais. Mais cette fois l’histoire va mal se terminer, à cause du choc pétrolier de 1973 ! Les pays arabes ayant augmenté leurs prix et le Japon étant un importateur à 98%, l’archipel aura droit à une crise économique. Les sociétés de divertissement seront touchées de plein fouet et les spécialistes conseilleront aux familles de ne plus faire d’achats inutiles. Les commandes pour le nouveau Laser Clay sont annulées et les dettes commencent à pleuvoir, à tel point que les banquiers comptent le nombre de jours qu’il reste à Nintendo pour survivre dans ce guêpier économique. Mais cet événement qui aurait pu sonner le glas, ne va que renforcer la combativité d’Hiroshi Yamauchi, qui sortira sa société de ce méandre. Il décidera de réattaquer l’arcade dès l’année suivante avec le recyclage du Laser Clay. En 1975, ils fabriqueront avec l’aide de Mitsubishi Electronic une borne d’arcade EVR. Ce partenariat continuera à travers la première console électronique de Nintendo, le TV Game 6 et son successeur, le TV Game 15.  Cette machine était un petit boîtier jaune qui se branchait à la télé et avec lequel, toute la famille pouvait s’amuser sur des petits jeux. Il réalisera de très bonnes ventes dès sa commercialisation en 1977, date à laquelle le génie de Nintendo est embauché. On parle bien sûr de Shigeru Miyamoto ! Ce grand personnage de Nintendo entre dans l'entreprise pour réaliser des designs de boîtiers de jeux et de bornes d’arcade. Son potentiel se révélera donc un peu plus tard. Pendant ce temps en 1978, la firme sort Computer Othello qui utilise un microprocesseur, une première pour Nintendo. S’en suit la sortie en magasin de la nouvelle console domestique, la Color TV Game : Block Kuzushi. Réalisé par Nintendo de A à Z ! En 1979, Nintendo distribue les jeux d’arcade appartenant à des studios ou à des éditeurs de jeux, qui n’ont pas les moyens de le faire eux-mêmes.

wild gunman           tv game 15           game & watch

En 1980 c’est l’arrivée des Game & Watch, réalisé par Gunpei Yokoi. Son succès sera fulgurant pendant 3 ans au Japon et près de 15 ans en Europe. Il faut savoir que la croix multi-directionnelle a été créée pour le Game & Watch de Donkey Kong et fut par la suite, un standard pour toutes les consoles à venir. Cinquante-neuf consoles électroniques seront fabriquées durant de nombreuses années dans les locaux de Nintendo à Kyoto, avec l’aide de Sharp pour les écrans LCD. Durant la même année que le début des Game & Watch, Nintendo of America, basé à New York, fut créée. Malheureusement, Minoru Arakawa, le gendre d’Hiroshi Yamauchi, ne comprend pas le public américain après l’échec de Radar Scope en arcade et demandera de l’aide à la maison mère. A Kyoto, ils développeront pour ce public, un jeu cartoon au concept hypnotique et qui restera gravé dans la mémoire de nombreux joueurs. Nous sommes en 1981 et Donkey Kong sort dans les salles d'arcade. Succès retentissant aux Etats-Unis pour le jeu de Miyamoto, qui prendra du grade grâce à sa production. Il réalisera ensuite un nouveau jeu d’arcade, nommé Mario Bros. Dans ce soft, Jumpman sera en compétition contre son frère. Lors du développement du jeu, les américains de Nintendo avaient un propriétaire qui ressemblait comme deux gouttes d’eau au Jumpman de Donkey Kong. Il se nommait Mario ! Miyamoto fut informé de ce détail et trouva que le nom collait bien à son personnage. Mais en 1983, les américains font face à la crise du jeu vidéo. Toutes les entreprises tremblent et subissent de lourds dégâts. En cause, un tas de titres injouables proposés par les éditeurs. Le soft qui fera plonger toute l’industrie n’est autre qu’E.T. sur Atari 2600. L’éditeur fera enterrer les cartouches invendues dans un coin du désert américain. C'est alors que la  Famicom viendra au secours de cette industrie en perdition. La console cartonnera au Japon en 1983, puis en occident, sous le nom de Nintendo Entertainment Sytem (NES), en 1985. Le jeu Super Mario Bros. sera un succès planétaire et deviendra le jeu accompagnant une console, le plus vendu de tous les temps. Le plombier moustachu ne sera pas le seul héros de Nintendo à prendre du gallon sur NES, Link et Samus naîtront sur cette machine. The Legend of Zelda fera l’effet d’une bombe et révolutionnera les jeux d’aventures. Shigeru Miyamoto expliquera que l’idée de créer ce jeu est venue du film Legend de Ridley Scott. Ce réalisateur hollywoodien servira de base à un autre jeu NES de Nintendo, il s’agit de Metroid. Ce dernier reprend plusieurs points du film Alien : l’atmosphère oppressante, le personnage principal qui est une femme et un boss au doux nom de... Ridley ! Ce fameux jeu de science-fiction vient de la tête de ce cher Gunpei Yokoi, qui nous réalisera aussi Kid Icarus. C’est  près de 65 jeux qui seront sur les étales des magasins en 1988 ! Et le succès continuera jusqu’en 1990 avec de nombreuses productions, comme Excitebike, Duck Hunt, Punch-Out, Fire Emblem, Famicom Wars, Castlevania, Metal Gear, MegaMan, Final Fantasy, Dragon Quest, sans oublier le jeu le plus vendu de toute la sphère vidéo ludique : Super Mario Bros. 3 ! Ce jeu aura un tel impact que des produits dérivés débouleront, comme des gâteaux, des céréales, des t-shirts et tout un tas d’autres goodies. Mais le plus incroyable sur le succès de Mario, fut le combat de popularité entre le plombier de Nintendo et la souris de Walt Disney ! En gros, d’après une étude réalisée en 1990, Mario est plus populaire que Mickey pour les « Kids » américains. De là, naîtra une série animée Super Mario et l’effroyable film Super Mario Bros. dans les salles de cinéma en 1992.

NES

super mario bros           <a href= 
         metroid

Après le succès mondial des Game & Watch et de la NES, Nintendo réfléchit à une nouvelle machine portative. C’est à ce moment que Gunpei Yokoi est appelé pour réaliser une console qui plaira aux enfants comme aux adultes. De cette idée arrive le Game Boy, qui est commercialisé au Japon en 1989 et en 1990 par chez nous. Une console portable avec laquelle on peut changer les jeux à la manière d’une plate-forme de salon, une première dans l’industrie. Mais ce n’est pas tout, Yokoi a pensé à faire du multijoueurs avec le Câble Link. Ce câble, qui permettra de jouer partout jusqu’à quatre personnes en même temps, fera sensation et sera un atout pour Nintendo. De plus Gunpei Yokoi a su faire attention à l’autonomie de sa console. C’est pour cela que l’écran est resté en noir et blanc, ainsi que non-rétro éclairé. Sans oublier qu’elle n’utilise que quatre piles alors que sa rivale, la Game Gear, en utilise six. Un plus pour les enfants qui payent les piles. Côté catalogue, les licences reviennent à la chargent, avec un Super Mario Land réalisé par Gunpei Yokoi, tout comme Metroid II. Mais de nouvelles productions ont fait leurs apparitions et sont à l’heure actuelle de grandes franchises. La plus grande création pour Nintendo fut Kirby. Réalisé par Hal Laboratory, le jeune Masahiro Sakurai développera un jeu de plate-forme fait pour plaire aux plus de joueurs possible. Pour les attirer, rien de mieux qu’un héros simple et trognon. Une réussite qui verra deux opus de Kirby’s Dreamland sortir sur Game Boy. Un autre personnage Nintendo fut créé sur la console portable de Big N. Il s’agit du vil Wario ! Apparaissant en tant que boss final dans Super Mario Land 2, Wario a de suite été adopté par les joueurs. Miyamoto, qui a conçu ce personnage, ne pensait pas qu’il aurait ce succès. Il était fait à l’origine pour être un simple boss ou parasite pour Mario. Résultat, la Game Boy reçoit deux aventures de ce bonhomme, mal éduqué, sous le nom de Wario Land. Mais le plus gros succès de la Game Boy reste le très grand Tetris. Nintendo aura fait des pieds et des mains pour réussir à avoir les droits de pouvoir développer ce jeu sur sa console portable. Le concept est accrocheur, les musiques mythiques et le fait de pouvoir y jouer partout est alléchant. Avec cette production, Nintendo a vendu des Game Boy à une large tranche de la population. Des enfants auront vu leur père et leur mère jouer à Tetris. Ce jeu accompagna la console pendant des années et aura fait jouer beaucoup de personnes réfractaires aux jeux vidéo.

game boy

kirby's dreamland        wario land       tetris

Pendant ce temps, la NES se fait vieille face à une nouvelle MegaDrive agressive. Sega déclarera la guerre à Nintendo lors de cette génération des 16 bits. Le plan est simple : faire une console plus performante que la concurrence, créer une mascotte charismatique et faire passer Nintendo pour des ringards. Chose qui va se faire, en quelque sorte, lors de cette bataille épique et historique. Mais Big N contre-attaquera avec du lourd. Une période remplie de rebondissements et de jeux de qualités pour les joueurs. Mais qui a bien pu remporter la victoire au milieu des années 90 ? Est-ce Mario, Sonic ou un invité surprise ? Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des 120 ans de Nintendo, avec au programme : le succès de la Super Nintendo, l’échec de Gunpei Yokoi, la descente aux enfers de Nintendo, la folie Pokémon et tant d’autres événements !

mario

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