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The Raven Remastered

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The Raven Remastered

Par C-Ptique - Le 10 février 2019

Remaster du jeu originel sorti en 2013 sur PC, le point and click The Raven Remastered sort maintenant sur Switch, l’un des trois jeux promis par THQ Nordic avec Sphinx et la Malédiction de la Momie et The Book of Unwritten Tales 2. Une annonce qui n’a pas fait grand-bruit. The Raven promettait une enquête à la sauce Agatha Christie avec différents clins d’œil parsemés tout le long du jeu. Il est temps de voir si la reine du crime a un bon hommage. À noter que le jeu n’est pas disponible en français, il a été testé sur la version anglaise sous-titrée française.

Les Alpes suisses, une beauté massacrée.

Nous sommes en 1964. En Angleterre, l’œil du Sphinx, une pierre précieuse, est dérobée par un cambrioleur au nez et à la barbe des gardiens. Une plume est laissé derrière le vol, tout le monde pense qu’il s’agit du Corbeau, le plus redoutable cambrioleur de toute l’Europe. Mais le doute plane, le Corbeau avait été tué quelques années plus tôt et pour la première fois de sa carrière, ce Corbeau a eu recours au meurtre.

L’aventure commence dans un train dans les Alpes suisses. L’inspecteur Legrand, le même inspecteur qui avait tué le Corbeau plusieurs années plus tôt, surveille le deuxième œil du Sphinx jusqu’à un musée au Caire. On dirige l’agent Zellner, un contrôleur de train suisse et quinquagénaire qui rêve de devenir inspecteur de police et d’enquêter sur des meurtres. L’occasion va lui être donné en parlant à l’inspecteur Legrand. On comprend vite que le doute est partagé par tous, même Legrand ignore à qui il a affaire.

Et avant d’aller plus loin, on voit un gros problème du jeu : les graphismes. Le jeu est super moche, et ce n’est pas un euphémisme. Les graphiques sont très laids et les animations sont mal faites. Qu’on n’ait pas les meilleurs graphismes au monde, d’accord, mais quand il s’agit d’un remaster, fait par un studio et un éditeur qui ont des moyens (THQ Nordic a sorti Darksiders 3 récemment), que le jeu n’est pas si complexe dans sa conception visuelle (ce n’est pas un monde ouvert), que le jeu original est sorti en 2013 et qu’en plus, l’esthétique reste très orientée cartoon, ce n’est pas pardonnable. Plus d’efforts auraient dû être faits !

Pour ne rien arranger, les déplacements du personnage sont une véritable plaie. Marcher en ligne droite est un véritable exploit, on se retrouve bloqués dans des recoins dont il est difficile d’en sortir. Ajoutez des bugs qui font planter le jeu et nécessite donc de redémarrer le logiciel, des temps de chargements trop longs par rapport à ce qui est chargé à l’écran et vous comprenez que rien qu’affronter les problèmes techniques du jeu est une tâche éreintante. Même dans le menu, on retrouve des bugs, les sous-titres ne sont affichés que si l’on met « Sans » dans la ligne correspondante.

10 petits morts dans l’Orient-Express.

Pour peu que l’on surmonte les lacunes techniques et graphiques évoquées, The Raven présente une histoire intéressante. Les premières enquêtes commencent en devant retrouver des valises perdues et des portemonnaies égarés par les passagers. On apprend qu’on est dans l’Orient Express et que la plupart des passagers se rendent à Venise. On rencontre par exemple Lady Wesmacott, qui n’est clairement pas une référence à Agatha Christie puisqu’il s’agit d’une romancière ayant rencontré le succès grâce à son héros détective et qui a écrit des best-sellers comme Dix Petits Indiens, Meurtre en Égypte, la Mort sur les rails ou encore Le Presbytère dans le miroir.

On rencontrera aussi un violoniste maudit, une américaine célibataire ayant toutes les peines du monde à assurer l’avenir de son enfant, un archéologue français, un policier écossais, une baronne et son serviteur flegmatique ou encore un capitaine de bateau italien. Ils ont tous un certain charme car ils ont leur accent bien prononcé et leurs petites manières.

Peu de temps après, une bombe explose dans le train et on devine que c’est pour tenter de voler l’œil du Sphinx transporté dans le coffre. Legrand et Zellner ont un doute, ouvrent le coffre et constatent qu’à la place du rubis se trouve une dynamite, ils ne doivent leur salut qu’à la réactivité de Zellner qui balance la dynamite le plus loin possible. On se retrouve peu après sur un navire de croisière partant pour Le Caire où on découvre que la baronne a été assassinée. Bref, l’histoire ne manque pas de remous. L’histoire est suffisamment bien ficelée pour donner envie d’en savoir plus. Mais malgré tout, la narration reste très classique. Ce n’est pas mauvais, mais il n’y a rien d’extraordinaire. C’est d’autant plus frustrant après avoir essayé Demetrios il y a quelques semaines qui proposait un humour bien senti.

Un point and click qui ne s’envole pas.

Malgré quelques instants pas évidents, l’enchaînement d’actions reste logique et les moments où on ne sait pas quoi faire pour avancer sont rares. Plus que dans d’autres point and click. Il est donc assez rare de bloquer dans The Raven, sauf si on a affaire à un bug. Il faut trouver des indices, combiner des objets, faire des déductions à certains moments, etc… Une bonne enquête qui fait bien le boulot.

Il est dommage que l’ambiance du jeu ne soit rythmée que par une ou deux musiques tout le long du jeu. Durant les phases d’enquête et plusieurs cinématiques, on entend systématiquement le même air joué à la flûte traversière et aux violons, même lorsqu’on change de lieu et d’atmosphère. Cela gâche l’immersion. Seul regain d'intérêt, quand on pense avoir fini le jeu, l'histoire est reprise depuis le début mais du point de vue d'un autre personnage, ce qui est une bonne surprise et permet de découvrir de nouvelles facettes de l'histoire. Mais cela ne suffit pas pour connaître des moments inoubliables.

3
The Raven Remastered laisse un goût amer, le jeu avait tout sur le papier pour plaire, mais tout est gâché par un trop grand nombre de problèmes techniques, entre les bugs, les graphismes brouillons et l’ambiance qui ne marque pas. Seule la narration sauve les meubles, mais elle ne vole pas haut pour autant. Il y avait de la bonne intention mais les moyens ne sont pas là et font cruellement défaut. Difficile de recommander le jeu.

  • La narration qu’on suit avec intérêt
  • Les clins d’œil à l’univers d’Agatha Christie
  • Les graphismes et les animations atroces
  • L’ambiance qui manque de finition
  • Les bugs nombreux
Pas d'images pour ce test.

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