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The Caligula Effect : Overdose

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The Caligula Effect : Overdose

Par ggvanrom - Le 16 mars 2019

Après une sortie discrète en 2017 et présentant quelques défauts plus ou moins dérangeants, The Caligula Effect, titre de Furyu édité par NIS America dans nos contrées revient en ce mois de mars 2019 dans une version remaniée dénommée The Caligula Effect : Overdose. Plus de contenu, un moteur remanié. divers correctifs appliqués, est-ce que cela suffira à faire de ce titre un bon cru de en ce début d’année ? La réponse ci-dessous.

Bon retour au lycée !

Faisant fi de toute introduction, l’histoire de The Caligula Effect : Overdose nous plonge dans la peau d’un lycéen (dont le sexe est à définir) lors de la cérémonie d’ouverture de votre nouvelle année de lycée. Devant prendre la parole devant vos camarades, vous vous rendez compte d’un élément bizarre : certains étudiants et même adultes semblent avoir des bugs, vous faisant prendre conscience que quelque chose ne tourne pas rond…

Fuyant cette menace, vous tomberez nez à nez avec l'Idol Virtuelle Mew, qui vous annoncera que vous êtes dans le Moebius, un monde virtuel créé par elle-même, où les personnes présentes revivent inlassablement les meilleures années de leur vie (donc ici les années de lycée). Ne souhaitant pas vous laisser partir puisque vous êtes une des rares personnes à savoir qu’elle se trouve dans un monde virtuel, Mew va tenter d’effacer votre mémoire. Heureusement, vous serez sauvé par deux personnages : Aria, une autre Idol ayant co-conçu le Moebius avec Mew, ainsi que Shogo, un homme conscient également d’être dans un monde virtuel. Ce dernier vous introduira dans le Go-Home Club, un groupe de lycéens désirants retourner dans le monde réel.

Un système de combat étonnamment efficace.

Conscients d’être dans un monde virtuel, et devant tuer Mew pour repartir dans le monde réel, cette approche n’est pas du tout du goût des autres habitants du Moebius. Si la plupart d’entre eux ignorent être dans un monde virtuel, un autre petit groupe dénommé Ostinato Musicians compose de son côté de la musique pour maintenir l’équilibre du monde virtuel et empêcher les habitants de se réveiller. Suite à un afflux de remords et de ressentiments, vous, comme les habitants hostiles développeront le Catharsis Effect, un état où votre corps va subir des modifications, et vous octroyer des armes afin d’éliminer vos adversaires. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le gameplay des combats est assez novateur dans le genre.

Une fois entré en contact avec un adversaire, la zone autour de vous se dégage pour laisser place à une arène circulaire. Votre équipe pouvant être composée de 4 membres maximums, vous avec le choix entre des attaques de mêlée, des contres, l’utilisation d’objets etc., comme dans un J-RPG classique. Mais le jeu propose également une mécanique permettant de voir l’avenir. A chaque action, vous voyez quelles seront les actions de vos adversaires, vous permettant de placer des attaques pour répondre à la menace. Certaines capacités ne marchent qu’à des moments bien précis, lorsque les ennemis sont dans les airs ou à terre. Pouvant effectuer 3 actions par personnage, cela vous fait un total maximum de 12 actions par tour à configurer. Et pour que les coups soient raccords et se synchronisent pour pouvoir faire des combos, vous pouvez choisir quand démarrer telle ou telle action pour être sur de pouvoir profiter d’un bonus d’attaque par exemple.

Extrêmement bien trouvé dans le jeu de base sur PSVita, le gameplay de cette version Switch se retrouve néanmoins extrêmement simplifié. Car si dans la première version du jeu il vous fallait  déclencher manuellement au bon moment vos actions pour effectuer des combos, ici les synchronisations sont automatisées pour éliminer le plus efficacement vos adversaires. Pire (ou mieux c'est selon), les points de vie et de technique sont automatiquement restaurés à chaque fin de combat. Difficile donc d'être mis en difficulté, et le challenge n'est pas non plus du côté des boss qui se trouveront à chaque fin de donjon. Si vous espérez un peu de difficulté, quelques ennemis à gros niveau seront disposés à vous attendre derrière des coffres. A vous de choisir de prendre le risque ou non de les affronter.

Une écriture maitrisée

Qualifié de Persona-Like, The Caligula Effect : Overdose nous permet de vivre notre vie d'étudiant lorsque nous ne cherchons pas à fuir le Moebius. Il est possible d'interagir avec nos camarades du Go-Home club avant chaque mission, on augmente notre niveau de relation en discutant et en combattant avec ces derniers, et nous avons également accès à des chapitres dédiés nous permettant de mieux les comprendre, savoir quels traumatismes/vie ils essayaient de fuir en se projetant dans le Moebius, et comprendre par là même pourquoi le Catharsis fait adopter telles tenue et arme à tel personnage. 

Si l'objectif initial était bien de quitter le Moebius, vous aurez la possibilité un peu plus tard dans le jeu de vous rapprocher des Ostinato Musicians. Il s'agit là du gros ajout de cette version Overdose. Car si dans le jeu principal vous vous remettrez en question sur le fait de savoir s'il est bien ou non de vouloir détruire ce monde fictif, se rapprocher de ceux qui étaient catégorisés comme vos ennemis vous permettra cette fois ci d'oeuvrer pour maintenir le Moebius sur les rails, et donc tourner le dos à vos compagnons de départ.Si vous pouvez à loisir accomplir les chapitres de chaque clan sans avoir à choisir un parti de manière définitive en premier lieu, la fin de l'histoire dépendra du camp pour lequel vous vous sentirez le plus concerné. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le titre saura vous faire cogiter sur un sujet d'actualité : la dualité entre le monde réel et le monde virtuel, les bons et les mauvais aspects de chacun.

En parallèle de l'histoire, vous aurez également l'occasion de vous lier d'amitié avec les autres élèves du campus. Bénéficiant d'une barre de relation, il vous suffit de leur parler pour atteindre le niveau 3, afin de débloquer une quête annexe à effectuer pour eux. Cela vous permettra d'engranger des bonus supplémentaires, et même de les enrôler dans votre équipe. Si cette dernière option paraît sympathique, il est à noter que ces élèves "lambda" sont tous calqués sur les personnages principaux de l'aventure. A ce stade alors pourquoi utiliser une copie lorsque l'on peut profiter de l'original ?

Mais une technique qui se casse les dents...

C'est le point noir du titre et nous ne pouvons pas y échapper. Déjà peu élégant dans sa première version, Furyu a retravaillé sa copie en re-développant The Caligula Effect : Overdose sous Unreal Engine 4 sur Nintendo Switch et PS4. Si l'idée pouvait paraître bonne, nous nous retrouvons en jeu dans des décors certes un peu mieux détaillés, mais le chara design laisse toujours autant à désirer. Des personnages flous, aucune synchronisation labiale durant les dialogues, et le jeu peine à avoir un framerate constant et un rendu net que ce soit en mode portable ou en mode salon. 

L'autre point extrêmement négatif est la conception du level design du jeu. Chaque chapitre sera l'occasion de visiter un donjon en thématique avec le boss que vous devrez affronter, mais n'espérez pas le moindre challenge ou encore des énigmes plus corsées que d'aller enclencher un interrupteur. Les donjons se limitent à faire d'innombrables allers-retours dans des couloirs qui n'en finissent pas, en affrontant les ennemis qui croisent notre route si nous entrons en contact avec eux. Le tout entrecoupé de beaucoup (trop) de mini-séquences pour faire avancer l'histoire. C'est d'autant plus dommage qu'à l'inverse de l'esthétique du jeu, les cinématiques animées rendent extrêmement bien en jeu, et la bande-son vocaloid rend également très bien et reste raccord à la représentation d'idol virtuelle qu'est Mew.

7
The Caligula Effect : Overdose fait partie de ces jeux amenant des éléments bien maitrisés, ici en l'occurence le gameplay et l'histoire, mais qui sont au final éclipsés par les nombreuses lacunes du titre. Si le principe de dualité Réalité / Monde Virtuel et les différents personnages que nous rencontrons sont extrêmement intéressant à suivre, l'expérience est gâchée par une réalisation technique datée. Outre le semi-lifting du jeu nous donnant une impression constante de flou à l'écran en mode portable ou en mode nomade, c'est clairement le level design du jeu qui sera amené à vous faire décrocher, tant les donjons couloirs sont longs, répétitifs et dénués d'intérêt. Mais si vous arrivez à faire fi de ces défauts, l'histoire vaut vraiment le détour tant elle s'ancre bien dans notre quotidien.

  • Une histoire passionnante
  • Des personnages attachants
  • Une bande-son composée avec des Vocaloid
  • Possibilité de rejoindre les Ostinato Musicians
  • Un gameplay en combat qui apporte de la nouveauté
  • Des donjons couloirs dénués d'intérêt
  • Une réalisation technique datée
  • Le jeu est extrêmement simplifié par rapport à la version originale
  • Anglophobes s'abstenir
Pas d'images pour ce test.

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