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Our World is Ended

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Our World is Ended

Par ggvanrom - Le 24 avril 2019

Genre très peu répandu dans nos contrées, le visual novel tend à s’offrir un peu plus de visibilité sur Nintendo Switch depuis plusieurs mois. En avril, c’est PQube qui a fait le pari de porter le jeu Our World is Ended développé par Red Entertainment sur la console hybride de Nintendo, lui offrant même une sortie physique. Mais est-ce que Our World is Ended est un de ces titres à vous endormir dès le prologue, ou bien à vous plonger dans son histoire du début à la fin ? La réponse dans ces quelques lignes.

Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.

Les dérives de la Réalité Augmentée

Les conditions de ce test ont été faites de la sorte : votre serviteur est un néophyte total dans l’expérience du visual novel. Mon approche de ce genre de jeu se limitant à la base de la base, à savoir Steins Gates et ces trop nombreux jeux aperçus de loin où l’on incarne un héros dans un harem sans saveur qui se ressemblent tous. Our World is Ended a su m’interpeller de par sa mise en forme, mais également son scénario. Attention toutefois, le jeu est intégralement en anglais, ce qui peut être un sérieux frein pour un visual novel si vous êtes un néophyte pas très à l’aise avec la langue de Shakespeare.

Loin des standards du héros BG faisant tourner les têtes de toutes les personnes qu’il croise tous sexes confondus et dont tout lui réussi, Our World is Ended nous met dans la peau de Reiji, un lycéen travaillant à temps partiel pour un studio de développement de jeux vidéo dénommé Judgement 7. Accompagné de son amie et collègue Yuno Hayase, ce dernier teste dans les rues d'Asakusa un casque de réalité augmentée faisant tourner le nouveau logiciel de la société : W.O.R.L.D. Un programme permettant de modifier en temps réel le décor environnant pour créer des zones de jeu uniques.

Programme réalisé par Owari Sekai, patron de Judgement 7, on ne tarde pas à constater que ce personnage est aussi extrêmement pervers, mettant notre pauvre Reiji dans diverses situations embarrassantes. Après un bug survenu lors de sa session de test, lui faisant apercevoir les rues d’Asakusa dans un décor post-apocalyptique, ainsi que ses amis ligotés au-dessus d’un immeuble, l’heure est au retour dans les locaux du studio pour analyser le bug rencontré, ce qui va conduire les membres du studio dans une folle aventure.

Des personnages qui ne manquent pas de personnalité.

Comme dit précédemment, la principale difficulté d’un visual novel est de maintenir l’intérêt du joueur/lecteur sur le long terme, en lui proposant une histoire avec moult rebondissements, ainsi que des personnages profonds. De ce point de vue, Our World is Ended fait mouche. Nous allons suivre les déboires des membres de Judgement 7, qui par un concours de circonstances vont se retrouver piégés dans une simulation reproduisant fidèlement Asakusa. Avant cela nous débuterons avec un prologue nous présentant tour à tour les membres de l’équipe, dont le scénario s’étoffera au fur et à mesure des 17 chapitres qui composent l’histoire. Débutant par l’apparition de personnages fictifs issus des anciens jeux des studios, suivi de l’intervention d’autres personnages bien réels, le tout permettra de découvrir et apprécier les personnalités de chacun, à travers une histoire riche en rebondissements.

Rien que pour Judgement 7 nous sommes servis en matière de diversité. Owari Sekai le patron pervers petit prodige de l’informatique, Iruna no.2, le scénariste du groupe et ses exclamations sortant de nulle part, ou encore les soeurs Yuno et Asano Hayase portant de lourds bagages, tout en passant par Yuki Natsumi, l’illustratrice au look de diva gothique, ou encore Tatiana, la jeune génie venue de Russie. Loin du cliché du harem que l’on peut retrouver dans la plupart des jeux du genre, Reiji est le petit nouveau de la boîte, et à ce titre, est souvent la cible des railleries de ses collègues. Le scénario est suffisamment bien écrit pour apporter une part de crédibilité à chacun de nos héros, le tout étant renforcé par un style graphique du plus bel effet, et un doublage qui bien qu’uniquement en japonais, colle toujours au ton de chaque situation.

La vie n’est qu’une succession de choix

Si l’on pouvait craindre qu’une sur-accumulation de personnages pouvait nuire au bon développement de chacun, on se surprend à voir que chaque personnage est unique en son genre, trimballant déjà des bagages et autres casseroles derrière eux qu’ils partageront au fil de l'intrigue. La narration arrivant habilement à mêler flashback et action en cours sans perdre le joueur, se voit renforcée grâce à un système de choix dans nos réponses. Si une partie de ces choix est proposée sur un simple écran fixe, Our World is Ended présente également un système baptisé « Selection of Soul ». Il s’agira dans ce cas de sélectionner une réponse à fournir au personnage en face de nous, parmi une liste mobile le tout dans un temps limité. Système intéressant en soi, il est tout de même dommage que la vitesse de défilement nous empêche d'analyser posément chaque proposition pour proposer celle qui nous semble la plus adaptée.

En quoi ces choix influencent le jeu ? Comme beaucoup de visual novel, ceux-ci nous permettent de développer des affinités avec les différents personnages. Ce niveau d'affinité apparaît d'ailleurs sous forme de top 3 dans le menu du jeu. Ce niveau d'affinité nous permettra d'en apprendre plus sur les personnages côtoyés, et d'orienter la fin vers une des sept disponibles. A noter qu'une fois le jeu terminé, vous aurez accès aux différentes illustrations découvertes lors de votre partie, mais aussi aux musiques du jeu. Si vous voulez découvrir les différentes fin sans avoir à refaire l'histoire, vous pouvez opter pour sauter l'intrigue, et vous rendre directement aux choix de dialogues qui vous permettront d'influencer le personnage avec qui vous aurez le plus d'affinité.

8.5
Pour une première expérience dans le visual novel, je ressors globalement satisfait de ma partie sur Our World is Ended. L'intrigue en elle-même mêlant réalité est science-fiction est agréable à suivre malgré l'absence d'une traduction. Les personnages ont tous une personnalité propre, voire complètement barrée qui les rend attachants, le tout parsemé de choix influençant la fin du jeu, et surtout d'innombrables situations loufoques qui ont vite fait de déborder à cause du caractère de certains. Mais ça, je vous laisse le plaisir de le découvrir durant votre propre partie.

  • Une histoire très intéressante
  • Une réalisation élégante et pertinente
  • Les caractères de chaque personnages
  • Le niveau d'affinité clairement visible
  • Maitrise de l'anglais obligatoire
  • Le délai du "Selection of Soul" frustrant
Pas d'images pour ce test.

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