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Leisure Suit Larry - Wet Dreams Don’t Dry

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Leisure Suit Larry - Wet Dreams Don’t Dry

Par C-Ptique - Le 09 juillet 2019

Après 6 épisodes et plus de 20 ans d’absence (le dernier épisode date de 1996), Leisure Suit et notre dragueur puceau font leur grand retour, et ils ne le font pas à moitié. Développé par son studio habituel Crazy Bunch, basé en Allemagne, il fallait marquer l’événement et donner à la saga un vent de fraîcheur. Mais tout comme Larry Laffer qui essaie de s’adapter au 21ème siècle, son jeu est-il toujours adapté à notre époque ? C’est ce que nous allons voir ici.

Tu veux jouer avec mon joystick ?

 

Mais qu’est-il arrivé à Larry Laffer ces dernières années ? Si on en croit le jeu, il semble s’être égaré quelque part dans un égout assez particulier (au début, difficile de dire quoi exactement puisque tout est dans le noir) à la suite d’une partie de jambe en l’air. Une fois ses esprits retrouvés et revenu à la surface, Larry constate qu’il n’est plus dans les années 80 mais au début du 21ème siècle, une époque marquée par l’abondance des smartphones et des réseaux sociaux. Larry en revanche n’a pas changé, il est toujours le cliché du beauf de 40 balais qui ne pense qu’à coucher avec le plus de femmes possible alors qu’il est toujours puceau. Un beau portrait qui ouvre à de nombreuses situations comiques tellement Larry se met dans des situations inattendues et drôles, d’autant plus qu’il ne manque pas d’humour et que le timbre de sa voix est conçu pour cela. En quelques mots, de la même façon qu’Astérix est un antihéros, Larry est un anti-séducteur, il n’a rien de ce qu’on pourrait attendre d’un tombeur tout en parvenant (presque) à ses fins.

 

Et comme à l’habitude de la saga, le jeu est rempli d’humour tournant autour du sexe mais aussi parfois plus subtil. Parmi les vannes, on peut noter les constats du barman sur la manière dont le monde a évolué comme la phrase « Les gens ne jouent plus aux point and click. Ils préfèrent jouer à des jeux où on explose des bonbons », référence claire à Candy Crush Saga. D’autres références vidéo-ludiques et geek sont aussi glissées ici et là comme les voitures Unter ou l’entreprise Prune ainsi que de l’humour graveleux comme les employés de Prune qui recherchent des culottes de femme usagées « pour des amis » ou la propriétaire du sex-shop qui a honte d’avoir une supérette en arrière-boutique pour arrondir ses fins de mois. Le parti pris du jeu est donc de mélanger aussi bien de l’humour fin que de l’humour qui ne vole pas haut, et le plus surprenant, c’est que c’est plutôt réussi.

L’humour commence dès le début du jeu. Comme le jeu n’a pas volé son PEGI 18, des questions de culture générale sont posées au joueur pour s’assurer qu’il est majeur car seuls eux auraient la culture suffisante pour y répondre correctement. Dans les faits, il s’agit d’un héritage des anciens opus car on peut sauter (oui, habituez-vous aux mauvais jeux de mots car le jeu en est rempli) cette étape. Il s’agit davantage d’un héritage des précédents jeux de la série en guise d’hommage que d’un véritable filtre (ce qui peut être pris comme une forme d’humour).

Là où on va, on n’a pas besoin de route.

 

Quand Larry déboule dans le bar, Larry ne perd ni le nord ni de temps et se remet à son activité favorite. Sa première « proie » est une accro aux réseaux sociaux qui raconte tous les détails de sa vie et se prend pour une célébrité. Il faut attendre plusieurs dizaines de minutes et plusieurs pintes de bières avant qu’elle daigne nous accorder son attention, mais le bar ayant une hygiène irréprochable, notre séance de drague est interrompue par un passage aux toilettes afin de faire une vidange. Puis Larry trouve un smartphone qui vibre dans les restes d’un rat mort (quand on vous disait que le bar était d’une propreté impeccable) et une IA est réactivée. Après les présentations, l'IA nous demande de la ramener au siège de Prune, on comprend pourquoi les développeurs ont choisi ce fruit au vu de sa forme très suggestive, et on rencontre une jolie femme qui est l’assistance du PDG, Faith. Un petit échange permet de fixer l’objectif principal du jeu : si on obtient 90 points sur le réseau de rencontre Timber, Larry pourra avoir un rencard avec Faith. Et pour gagner des points, il faut réussir des rencontres amoureuses. Autant de conditions qui conviennent bien à Larry, à ceci près que les vendeurs ne sont pas forcément bienveillants et ont fixé notre profil en bisexuel, ce qui vaudra des rencontres avec les deux sexes. On devine les situations cocasses et embarrassantes que cela crée.

 

Avec autant d’humour et de situations bien senties, il est dommage que cela soit terni par quelques problèmes techniques, qui semblent pouvoir être résolus avec une mise à jour mais on ignore si elle arrivera. On notera par exemple que dans le menu principal, le bouton retour ne marche pas toujours, ce qui est très gênant quand on fixe nos options, ou encore que Larry ne comprend pas où il doit se rendre de temps en temps. Rien d’insurmontable, cela ne gâche pas le plaisir de jeu (ni le plaisir tout court), mais c’est dommage qu’un résultat si réussi à tous les niveaux soit entaché par quelques petits bugs. Évoquons aussi vite fait le souci du curseur qui est assez étrange à manipuler, on dirige en effet à la fois Larry et le curseur. Il aurait fallu choisir entre l’un des deux, soit on utilise seulement le curseur et Larry se dirige vers l’objet à ramasser ou la porte à traverser, soit on dirige Larry et les actions à faire sont montrées dès qu’on passe à proximité (avec éventuellement des boutons affichés ou le joystick droit pour choisir parmi plusieurs actions possibles). En l’état des choses, on a l’impression que les développeurs n’ont pas su quoi décider.

Des quêtes longues comme ma b…

L’avantage de Leisure Suit Larry Wet Dreams Don’t Dry, c’est qu’il propose plusieurs quêtes à suivre simultanément. Un bon point car si on se sent bloqué à un endroit, on peut commencer ou continuer une quequête ailleurs. Mais c’est là que le jeu pêche car contrairement à la plupart des point and click contemporains, il ne dispose pas de tableau de bord ou de carnet qui permet de savoir où on en est rendu et ce qu’il faut accomplir. Si les quêtes étaient courtes, cela passerait, mais certaines sont longues et nécessitent de nombreux enchaînements avant d’en voir le bout. Il faut tout retenir de tête et si on laisse le jeu trop longtemps avant d’y revenir, on peut avoir complètement oublié notre progression. Certaines quêtes sont d’autant plus frustrantes qu’on pense qu’elles se régleront rapidement mais en fait non.

Prenons l’exemple de la guitare volée. La cheffe d’un groupe de rock qu’on cherche à séduire dit qu’elle ne peut pas faire son concert car on a volé la guitare du groupe. On mène donc notre enquête et après plusieurs interrogations, on trouve que c’est le videur de la boîte de la nuit qui l’a récupéré en la rachetant à un intermédiaire. On lui dit que la guitare est volée mais il ne veut pas la rendre tant que son propriétaire légitime ne vient pas le voir car il ne nous croit qu’à moitié et il ne peut pas bouger vu qu’il surveille l’entrée de la boîte (jusque-là, ça va, c’est du bon sens). On retrouve le guitariste qui avoue que c’est lui qui l’a volontairement vendu mais étant accro au jeu, il ne veut pas bouger de sa machine à sou, alors il faut trouver un moyen de la saboter. On ouvre la trappe à l’aide d’une pièce mais on ne peut pas atteindre les fils car on a les bras trop courts (jusque-là, c’est logique). Alors il faut trouver un rat (oui, oui) pour l’introduire dans la machine et pour qu’il ronge les fils. Mais pour l’attraper, il faut faire avec les moyens du bord alors on l’attire avec un godemichet usagé puant le fromage dans un préservatif XXL maintenu par un rouleau de papier toilette usagé (oui, oui. Le jeu s’interrompt même pour nous demander si on veut être remboursé), on libère ensuite le rat dans la machine et comme prévu, il sabote tout. Mais le guitariste ne se sent pas d’attaque alors il veut avoir un remontant, sauf que la ville a banni la consommation d’alcool, alors on en fabrique à partir d’un cocktail sans alcool et d’alcool tiré d’une lingette désinfectante (oui, oui), le guitariste se décide ensuite à y aller.

MAIS une fois devant la boîte, le videur dit qu’il veut avoir un retour sur investissement et demande quelque chose en échange : une affiche du groupe Queen. On en trouve une dans un bar hipster sauf que le barman ne veut pas le céder, à moins qu’on apporte un polaroïd nouvellement commercialisé par Prune. On s’y rend mais comme on n’a pas d’argent, les vendeurs de Prune nous proposent de l’échanger contre une figurine méga rare d’une princesse de « La guerre des Nibards » (oui, oui), figurine que l’on trouve chez un prêteur sur gage et qui nous dit que le prix est de 1000$ car tout est d’époque, y compris l’air à l’intérieur. Il faut alors deviner qu’il faut lancer dessus une fléchette pour faire un trou et faire partir l’air pour que la figurine ne vaut plus qu’un dollar. On va ensuite l’échanger contre le Polaroïd qu’on échange contre le poster qu’on échange contre la guitare volée qu’on rend à la cheffe du groupe. Cela donne une idée à quel point les quêtes peuvent être laborieuses. (Oui, c’est bizarre, c’est dégueu, c’est de mauvais goût mais croyez-le ou non, c’est drôle).

Ces quêtes longues sont encore plus compliquées avec le défaut habituel des point and click, des fois on ne sait pas comment avancer, et c’est d’autant plus difficile que le jeu a son propre univers et donc sa propre logique. Autant dire que parfois, ça semble tiré par les cheveux, en témoigne la quête de la guitare.

8
Leisure Suit Larry : Wet Dreams Don’t Dry reprend dignement le flambeau de la série, avec son humour qui vise en-dessous de la ceinture et ses situations sexy et cocasses, nul doute que les fans de la série seront ravis de retrouver Larry Laffer. Les objectifs à accomplir sont parfois tordus mais les décors restent splendides, les personnages aussi fous les uns que les autres et l’humour est parfaitement assumé. On regrettera juste que l’interface ne soit pas pleinement ergonomique et que quelques bugs parsèment le jeu. Mais si vous n’êtes pas allergique à l’humour gras et peu subtil, vous auriez tort de passer à côté de ce titre.

  • L’humour Leisure Suit au rendez-vous
  • Les personnages et les décors hauts en couleur
  • Le sans-gêne et sans tabou pour les scènes de sexe (ne nous mentons pas, avouons-le)
  • Quelques instants où on ne sait pas quoi faire pour avancer
  • Pas de carnet de bord pour connaître son avancement
  • Quelques bugs, notamment dans les menus
Pas d'images pour ce test.

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