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Atelier Lydie & Suelle : The Alchemists and the Mysterious Paintings

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Atelier Lydie & Suelle : The Alchemists and the Mysterious Paintings

Par ggvanrom - Le 08 avril 2018

Atelier Lydie & Suelle - The Alchemists and the Mysterious Painting porte plusieurs poids sur les épaules. Tout d'abord cet épisode clôture la trilogie débutée avec Atelier Sophie et Atelier Firis, sortis en 2015 et 2016 sur PS4, PSVita et PC. Atelier Lydie & Suelle est le premier jeu à sortir sur console Nintendo depuis New Atelier Rorona sur 3DS (jamais paru dans nos contrées), et surtout, ce nouvel opus est censé célébrer les 20 ans de la licence, rien que ça. Reste à savoir si les jumelles de cet opus sauront supporter le poids d'une telle responsabilité sur leurs frêles épaules, et pour cela, rien ne vaut une petite session manette en main.

Tout roule à Merveille

Qu'il n'est pas évident d'avoir une vie paisible dans la ville de Merveille lorsque l'on incarne des jeunes sœurs jumelles essayant de faire tourner un atelier d'alchimie peu populaire, et que notre père Roger dépense le peu d'argent récolté dans divers accessoires pour combler son amour de la peinture, mettant constamment la famille dans des conditions financières difficiles. Mais les sœurs Lydie et Suelle ne se découragent pas pour autant, et sont convaincues qu'elles pourront faire de leur atelier d'alchimie le meilleur du pays, et de ce fait tenir la promesse faite à leur mère disparue.

C'est dans ce contexte peu joyeux que nous entreprenons notre aventure dans Atelier Lydie & Suelle - The Alchemists and the Mysterious Painting. Pour ceux ne connaissant pas encore le principe de la licence, nous incarnons une protagoniste (deux dans le cas de cet épisode), qui pour une raison ou une autre se lance dans la pratique de l'alchimie, à savoir créer des nouveaux objets en combinant divers items. Dans le cas de Lydie et Suelle (Sue pour les intimes), l'aventure débutera par l'annonce de la mise en place d'un nouveau sytème de rang d'alchimiste dans le royaume, la rencontre avec Ilmeria Von Leinweber, une alchimiste du précédent volet Atelier Firis qui deviendra leur mentor, et surtout, la découverte de mondes enfermés dans des peintures magiques, permettant d'accéder à des objets aux qualités supérieures à ce que l'on trouve dans les alentours de la ville de Merveille.

Vis ma vie d'alchimiste

Mis en place par la famille royale de Merveille, le système de rang d'atelier alchimique est représenté par plusieurs paliers, débutant de la classe G jusqu'à la classe A, et proposant même une classe S pour les alchimistes en herbe. Mais participer à ce nouveau système n'est pas si simple, il vous faudra réaliser divers objectifs proposés par Mireille la princesse du château s'occupant du nouveau système mis en place. Ces objectifs consisteront à créer divers objets grâce à l'alchimie, aller vaincre des monstres etc.

Afin de pouvoir passer chaque test pour changer de rang, il vous sera demander d'augmenter votre niveau d'alchimiste (en réalisant diverses créations), d'aider la population en résolvant des quêtes variées, allant de la récolte d'objets à la traque de monstres, et visiter toujours plus de lieux pour tenter de dénicher des objets aux vertus surprenantes, vous permettant d'atteindre vos objectifs. Et c'est par le plus grand des hasards que nos héroïnes vont tomber nez à nez  avec une peinture dans l'atelier de leur père, les envoyant dans un monde mystérieux...

De l'autre côté de la toile

Nouveauté de la licence : les peintures créées par les alchimistes permettent aux personnes de pouvoir entrer dans l'univers représenté sur la toile. Ces tableaux auront une présence importante dans le jeu, bien qu'au final leur présence servira principalement à faire avancer l'histoire. Si vous avez déjà joué à Atelier Firis, oubliez l'aspect open-world mis en place par cet opus. En effet, Atelier Lydie & Suelle revient sur un principe d'histoire découpée en chapitres, avec diverses zones de jeu à atteindre via une mappemonde.

La seule différence concrète que les toiles ont avec le reste des lieux des alentours de Merveille résulte dans le fait que chaque peinture représente un univers différent, a l'esthétique plus ou moins bien réussie. Ainsi sans vous révéler les tableaux arrivant plus tardivement dans le jeu, The Spooky Forest avec sa thématique sur Halloween reste très intéressante, que ce soit par son aspect, sa musique, où les situations qui vont découler à l'intérieur de celles-ci.

En revanche que l'on soit à l'intérieur d'un tableau ou dans une zone dans le monde réel, le constat est le même partout : ces aires de jeu sont trop petites. A moins de vous lancer à la chasse au monstre en combattant tout ce qui vous tombe à portée de main, chaque sortie à l'extérieur vous tiendra occupé 5 minutes à tout casser. Soit parce que vous aurez fait le tour de la zone, soit parce que votre maudite bourse contenant vos objets sera surchargée, vous obligeant à faire d'incessants allers-retours entre les donjons et votre atelier pour vous décharger de votre butin. Et malheureusement ces chasses d'objets sont obligatoire pour avancer dans l'histoire, car sans matières, pas d'alchimie, mais au moins cet art a su évoluer avec les années.


La recette de l'alchimie

Pour débuter dans l'alchimie rien de plus simple, il vous faut un atelier et un chaudron dans lequel préparer vos créations. Très simple d'accès et addictif, l'alchimie vous permet de créer des objets divers et variés, allant des gâteaux aux pierres précieuses, en passant par des bombes et autres objets de soin. Le tout vous est présenté sous forme de recettes, que vous apprendrez automatiquement en fonction de votre niveau et en récoltant des objets, ou en les apprenant via une tierce personne ou dans un livre acheté à la boutique du coin. Ces recettes disposant d'un niveau minimum de maitrise pour pouvoir être concoctées, il vous faudra monter votre niveau d'alchimie en réalisant divers petites créations pour gagner en expérience.

Là où les premiers opus de la licence vous demandaient de lancer dans votre chaudron les ingrédients requis pour la recette, Atelier Lydie & Suelle va plus loin en incorporant de nouveaux systèmes alchimiques mis en place par les derniers opus. Ainsi chaque objet possédera une ou plusieurs cases de couleurs, et il vous faudra poser ces dernières sur un damier représentant votre chaudron. Le but sera de combiner un maximum de couleurs pour augmenter les effets de chaque objet. Ainsi, une bombe réalisée à la va-vite ne fera que des dégâts minimes, mais si elle est soigneusement préparée, elle pourra effectuer de gros dégâts de feu dans les lignes ennemies. Même concept pour les objets de soins qui seront plus efficaces, pour les lingots et tissus qui vous serviront à créer votre équipement de combat etc.

En plus de ce système, vous pourrez également jouer avec les catalyseurs, pouvant changer la taille du damier en fonction de la rareté du produit, et apporter divers bonus à votre recette. Certains catalyseurs seront plutôt à utiliser pour augmenter le prix de revente de vos items, ou encore la puissance destructrice de ces derniers. Vous vous retrouvez au final avec un système d'alchimie qui aura pleinement sur profité de ces 20 dernières années pour se peaufiner, nous servant une formule répétitive dans la forme, mais au combien amusante et satisfaisante dans le fond.

Tous en ligne pour le combat 

Les combats dans la licence Atelier ont toujours été quelque peu différents des J-RPG traditionnels. A comprendre que quand une alchimiste se ballade en forêt, c'est plus pour récolter des herbes et champignons que pour aller faire la chasse aux Punis et autres griffons géants, elle ne sont physiquement pas taillées pour ça. Afin de régler ce problème, vous aurez assez tôt dans votre équipe Marcus, frère de Mireille pour vous aider à la tâche, ce dernier disposant de plus de force que les jumelles, et pouvant protéger ces dernières en s'interposant quand celles-ci sont visées par un ennemi. De leur côté, tandis que Lydie sera plutôt affectée à un rôle de soutien avec ses divers buff, Sue quand à elle pourra faire pleuvoir les balles sur les adversaires grâce à ses doubles pistolets. Mais l'aspect le plus intéressant consiste à utiliser en combat les objets créés dans l'atelier afin de faire un maximum de dégâts.

Evoluant comme un J-RPG au tour par tour classique, Atelier Lydie & Suelle utilise un principe de combat en ligne tiré d'un ancien opus. A comprendre qu'il y a dans votre équipe un total de 6 personnages. 3 occupent la ligne avant, et sont destinés à attaquer les ennemies, tandis que la ligne arrière sera destinée aux soutiens, soutiens qui seront apportés à la personne située devant le lanceur. Ainsi si vous avez Sue à l'avant, Lydie se chargera de remonter les MP de sa sœur, et dans le cas inverse, tandis que Lydie utilisera ses capacités en combat, Sue attaquera les ennemis de sa jumelle.

En plus de ce principe de combat en duo, vous aurez la possibilité d'utiliser l'alchimie en plein combat, en remplissant certaines conditions. Grâce à de la matière récupérée dans les tableaux magiques, et si vous frappez un ennemi au lieu d'entrer simplement en contact avec lui dans un donjon. Vous pourrez réaliser divers objets pour amorcer le combat d'un pas serin, si vous avez de quoi les créer dans votre besace bien sûr. Non impératif au final, cette fonctionnalité à le mérite d'exister et peut vous faire économiser du temps ainsi que des objets et de précieux MP. Côté combattants, bien qu'étant peu nombreux (6), les fans de la licence auront la joie de redécouvrir les héroïnes des deux autres opus de la trilogie. Mais que les néophytes se rassurent, à part quelques petits clins d'œils, ne pas avoir fait Atelier Sophie et Atelier Firis n'impactera en rien votre compréhension du scénario.

Une alchimie réussie ? 

Est-ce la volonté de marquer les 20 ans de la série ou simplement la résultante d'un manque de temps et de budget ? Toujours est-il qu'après constatation, Atelier Lydie & Suelle n'a pas vraiment d'identité propre. A comprendre que le jeu se repose énormément sur les acquis des opus précédents, là où son ainé Atelier Firis avait fait le choix de nouvelles règles et d'un monde en open-world.

En effet, Atelier Lydie & Suelle tente dans sa mise en scène d'introduire plus d'importance à la trame scénaristiques, sans pour autant égaler Atelier Totori dont la trame était très profonde. Ici l'histoire est très (trop) souvent coupée par divers dialogues et situations, que ce soit au détour d'une ruelle, à une période clé, ou après avoir réalisé un ou plusieurs items. Les personnages demeurent certes très attachants et l'humour est omniprésent, mais cet aspect de narration décousue rend l'intrigue plus brouillonne, bien que potentiellement intéressante.

Le découpage du jeu en chapitre est une recette tirée de Atelier Shallie, la manière dont on acquiers les recettes est hérité de Atelier Sophie, le système de combat en ligne a vu le jour sur Atelier Escha et Logy, quand à l'alchimie, il s'agit d'un système reprenant les diverses évolutions parues ces dernières années. Concernant le déroulement du jeu en lui-même, là où des titres comme Atelier Rorona imposaient de respecter un calendrier très strict pour rendre des travaux sous peine de game over, Atelier Lydie & Suelle reprend la formule de Atelier Shallie en supprimant cette limite temporelle, laissant plus de temps à la découverte. Au final, ce qu'il reste à Atelier Lydie & Suelle c'est son ton humoristique omniprésent, les peintures magiques, qui bien que proposant des univers variés ne diffèrent finalement pas d'une zone ou d'une autre, et le système d'alchimie en combat encore une fois sympathique mais anecdotique.

La peinture n'est pas encore sèche

Pour ceux connaissant un peu le studio Gust et la série des Atelier en général, on sait que cette licence ne brille pas forcément par ses prouesses techniques, affichant des rendus datés et divers soucis techniques. Cependant la sortie de Atelier Firis avait su redresser la barre, et bien que ne proposant pas la claque graphique du siècle, restait très agréable à regarder et à jouer. Dans le cas de Atelier Lydie & Suelle on a l'impression que le studio a fait un véritable bond en arrière.

Le clipping est très présent, les environnements peu détaillés, on observe des saccades dans nos déplacements à certains moments, des bugs de collision, beaucoup d'aliasing sur cette version Switch, encore plus marqué en mode TV, ou encore la mauvaise gestion de l'éclairage. C'est d'autant plus dommage que le ton donné à cette aventure aurait mérité un traitement de l'image de qualité pour un meilleur rendu de l'œuvre. Et même en regardant ce qui se fait du côté de la PS4 Pro, bien que l'éclairage soit mieux géré, le soucis d'aliasing reste très présent, mais moins prononcé que la version Switch. Le dernier point négatif concernera l'absence de sous-titres traduits dans la langue de Molière, disparus depuis Atelier Rorona sur PS3. Difficile de prétendre vouloir s'ouvrir à un plus large public si le problème posé par la barrière de la langue reste figé depuis 2009.

7
Bien que Atelier Lydie & Suelle se contente en majorité de réutiliser les concepts mis en place par ses ainés, l'introduction des nouvelles héroïnes jumelles, l'histoire à la fois drôle et touchante, ainsi que l'atelier d'alchimie rendent le tout agréable à suivre, d'autant plus que le jeu devrait vous tenir en haleine durant plusieurs dizaines d'heures. On regrettera cependant le manque de finition apporté à l'œuvre après un Atelier Firis haut en couleur, d'autant plus que cette épisode est censé marquer le vingtième anniversaire de la licence.

  • Des héroïnes touchantes
  • Un humour omniprésent
  • Un système de combat au top
  • L'alchimie demeure très addictive
  • Un catalogue varié de musiques
  • Toujours pas de français au programme
  • Manque de finition
  • Beaucoup d'allers-retours
  • Se repose beaucoup sur ses acquis
Pas d'images pour ce test.

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