It's only a mere flesh wound!

Il était une fois dans la revue de presse

Aujourd'hui et plus que jamais, le journalisme vidéoludique a une grande importance au sein des communautés. Mais il y a le bon et le mauvais journaliste. Le bon, quand il voit une info, il la recopie, alors que le mauvais journaliste, quand il voit une info, il la recopie, mais… C'est un mauvais journaliste :cafe:

Seulement, et je pense que nombreuses sont les personnes à le savoir, il faut prendre un certain recul sur ce qui est dit, et comprendre pourquoi les articles d'un journaliste nous paraissent plus intéressant ceux d'un autre. Il va donc s'agir d'analyser et de déceler le bon du mauvais.

Un petit problème se pose quand même pour ma part: je n'y connais rien en lettre, je n'ai pas fait d'études sur le sujet et mis à part les vieux Joypad et Console+ qui traînent dans le placard, je ne connais quasiment aucun autre support pour les news vidéoludiques.

Dans ces cas là, pas de problème, l'analyse se fera en temps que lecteur lambda de passage, et non en tant que professionnel.

Pour cette revue de presse, j'ai décidé de m'attaquer à du très très lourd: un article sur la SWITCH (l'actualité, toussa :cool: ) fait par un fan de Nintendo (ça tient quand même plus du bon vieux N-Sex quand même :malade: ). Vu que je ne suis pas particulièrement fan de la firme, la neutralité est de mise. Bref, on peut commencer.

Ah! La Nintendo 64, la Super Nintendo et, dans une moindre mesure, la Nintendo GameCube! Qu'il est loin, ce temps béni où les machines de "Big N", comme l'appellent les fans de la marque, étaient synonymes d'excellence technologique!

Hop! On commence bien. Ce cher journaliste nous remémorent (de bons souvenirs du passé, en comparant ce qui se faisait avant à ce qui se fait aujourd'hui, histoire d'appuyer ses propos sans trop se fouler (argumentation JVC, comme on dit :hap: ).

Chaque jeu de la N64, par exemple, mettait une véritable claque aux joueurs, et à la concurrence. On ne compte plus les chefs-d'œuvre du mythique studio Rareware, complice de toujours de Nintendo et sauveur de la Nintendo 64, la troisième console de salon du constructeur japonais, sortie en France en novembre 1997. En effet, à une époque où les éditeurs-tiers avaient déserté la nouvelle machine de Nintendo pour de basses raisons financières et techniques (ils désapprouvaient le support cartouche, ndla), Rare et ses créateurs de génie ont su donner des perles à la machine, comme Jet Force Gemini, Banjo-Kazooie, Diddy Kong Racing, Perfect Dark, ou encore GoldenEye.

On continue dans la lancée, en rappelant de bon souvenirs aux lecteurs (sauf aux joueurs SEGA dont je fais partie :-D ). On se rappellera tout de même que les relations entre Nintendo et Rare n'étaient pas au beau-fixe à cette époque, donc pour «complice», on repassera. Mais ça, à la limite, on peut comprendre. Après tout, le catalogue de l'un complétait celui de l'autre, si j'en crois les magazines de l'époque. On comprend aussi là où l'auteur veut en venir avec la désertion des Tiers (subtilité/20)

De leur côté, les programmeurs de Nintendo n'étaient pas en reste, avec des titres tels que Mario 64, qui imposa alors les règles de "level design" aux jeux 3D, toujours en vigueur.

Mis à part le level design entre guillemet, rien de bien transcendant, on commence même à s'ennuyer sévère!

Mais surtout, il y eut la révolution "Zelda: Ocarina of Time". Ce jeu a tout inventé... ou presque. Véritable bijou narratif et immersif, l'aventure virtuelle n'a jamais été aussi palpable qu'avec ce jeu extraordinaire, à tel point que les pontes de Sony eux-mêmes s'inclinèrent devant le génie de Shigeru Miyamoto, le "Steven Spielberg" japonais du jeu vidéo.

On repassera sur la comparaison douteuse, parce que réalisateur et game designer ça sonne pareil. Et puis on allait pas se priver d'une référence facile. La prochaine fois, ce sera certainement Myamoto, le Picasso japonais du jeu vidéo, Myamoto le Moebius japonais du jeu vidéo, Myamoto le Carlos japonais du jeu vidéo… :v

Nous n'évoquerons pas la Wii ou la Wii U dans cet article, elles sont la honte du jeu vidéo!

Ça y est, sortez votre pop-corn, on y vient! La honte du jeu-vidéo, donc…

Si pour la Wii U cela pourrait être à moitié compréhensible pour le manque de jeux et d'exploitation d'un concept (même si le touch-pad de la PS4 est lui aussi un bon pétard mouillé dans cette catégorie), pour la Wii, je saisis un peu moins bien.

Même en n'aimant pas la Wii, difficile de nier les quelques features intéressantes de cette console, comme le Motion Gaming à un prix accessible, le casual gaming, le Wii Ware, etc.

Et puis si j'en crois le succès critique et commercial de la console, cette remarque sonne plus comme la mauvaise foi d'un joueur agacé par l'afflux de cazus', qui décrédibilisent le média (parce que tout les vrais joueurs ont commencé pro-gamer, c'est bien connu :lol: ).

De plus, aujourd'hui, il n'y a ni l'équivalent de Rareware, ni chef-d'œuvre chez Nintendo, car le 3 mars sort la dernière abomination de Satoru Iwata, l'ex-président de Nintendo, la "Switch".

Le respect s'est envolé en même temps que la bonne foi. Non seulement rejeter la faute sur un mort, c'est pas sympa, mais rejeter la faute sur un mort qui n'a participé qu'aux balbutiements du projet, c'est encore pire. Rappelons que la mort prématurée de l'ancien PDG de Nintendo est arrivé juste après l'annonce de la conception de la console, donc pas si sûr qu'il ait pu faire grand chose...

Pour Rare, notez que ce dernier appartenait à Nintendo, tout comme Intelligent System. Même si l'on peut déplorer le manque de développeur occidentaux partenaires de Big N, renier les bons jeux sortant sur sa machine, c'est un peu fort, même quand on en est pas spécialement fan.

On pensait en avoir terminé avec le "motion gaming", eh bien non, le voici de retour! La Switch est une sorte de console hybride, moitié portable, moitié console de salon. Il s'agit en réalité d'une tablette que l'on peut poser sur un dock, afin d'émuler l'image sur une télévision.

Je ne sais pas si le monsieur a regardé la présentation en entier, mais il me semble que seuls ARMS et 1,2 SWITCH étaient annoncés comme compatible (pas nécessaire pour ARMS) avec le motion gaming.

Mais notre cher journaliste n'est apparemment pas très bien renseigné, car le dock n'émule pas l'image de la console sur la Télévision, car elle ne simule pas le comportement de la console, mais transmet uniquement les images. Un mauvais terme utilisé au mauvais endroit donc, ce qui souligne le côté professionnel :yes:

Le problème? La tablette en elle-même a au minimum cinq ans de retard sur les tout derniers iPad ou autres "Surface" de Microsoft! De surcroît, elle est dotée d'une horrible bande noire autour de son écran. Alors que les Smartphones aux écrans "4K" de Samsung et Sony font leur arrivée sur le marché, "Big N" nous propose un écran à la définition maximale de 720 p, un retour en arrière d'au moins six ans.

Encore une fois, le journaliste est à la ramasse, car non-seulement la SWITCH est puissante en tant que console portable (en salon, un peu moins), mais elle dépasse aussi une grande partie des tablettes. Mais vu que la puissance n'est finalement qu'accessoire, une question se pose: pourquoi diable comparer une tablette à une console? Au delà du délire esthétique qui n'est pas propre aux tablettes, la SWITCH n'a jamais été présentée comme concurrente avec les tablettes. Il s'agit simplement d'un écran tactile servant à jouer (à la limite aller sur le Web).

Et c'est là où la comparaison précédente avec la N64 est intéressante, car cette console était bien loin des standards graphiques de l'époque (surtout quand on sait que la DreamCast allait bientôt arriver :huhu: ). L'argumentation de l'auteur part en poussière en moins de quelques secondes…

Mais ce n'est pas tout, le dock ne possédant aucun processeur supplémentaire pour traiter l'image, celle-ci, une fois transférée et étirée sur le téléviseur, perd en définition avec l'incapacité d'afficher de la Full HD. Pour "Zelda: Breath of the Wild", cela tourne en 900 p avec de graves chutes de frame rate quand il y a de nombreux éléments à l'écran.

Pour changer, la crédibilité n'est plus de mise, car Nintendo avait confirmé que certains jeux pourraient s'afficher en 1080p sur téléviseur.

Où est l'intérêt de cette machine? Le "motion gaming"? Les joueurs n'en veulent pas!

Vous avez raison, c'est ce qui explique l'échec commercial et critique de la Wii! :noel:

L'aspect tablette? Grâce aux iPad, nous avons déjà tout ce que ce type de machine peut offrir en bien meilleur!

… Sauf les jeux, les joy-cons, le motion-gaming, le service online, le tout pour un prix trois fois moins élevé que chez Apple, bref, que des broutilles :hap:

La possibilité de "switcher" l'image sur un téléviseur? Sans doute, mais au prix d'une perte de qualité graphique et de fluidité, la faute à des spécifications techniques largement en dessous de la moyenne.

La N64? Ouais mais c'est pas pareil aussi, y avait Rare et un stick analogique pour jouer :roll:

Une fois de plus, la puissance de la machine fut bridée pour une raison de coûts, car le "motion gaming", certes bien plus évolué que sur Wii, aura capté une grande partie du budget alloué à la recherche et au développement. Nous ne parlerons pas non plus de la mémoire interne de la console, limitée à 32 Giga, obligeant les joueurs à acquérir une carte mémoire onéreuse.

C'est vrai! Ils auraient au moins pu mettre un disque dur dans la console pour qu'elle pèse 3 tonnes de plus!

Et que dire de cette manette, "Pro" soi-disant, vendue 70 euros et qui n'arrive même pas à la cheville des manettes nouvelle génération de la PS4 ou de la Xbox One, pourtant de 20 à 30 euros moins chères.

Manette Elite Xbox One à 100€, soit 30€ plus cher. Sinon, les retours de cette manette sont plutôt positif, non?

Allez, une petite dernière, l'émulateur que l'industriel japonais surnomme pompeusement le "dock" possède des ports USB... 2.0 alors que la norme est depuis 2015 au port USB à transfert rapide 3.0.

Mais c'est qu'il y tient, à son émulation de la console avec le dock! Et il ose parler de «pompeux» juste après?

Nous préférons nous arrêter là! (ndlr: schyzophrénie?) Les joueurs feront l'acquisition, ou non, de cette machine ratée, bâclée, et une fois de plus, dépassée, comparée à la PS4 Pro et à la future Xbox Scorpio dont la sortie est prévue dans quelques mois. Mais pour nous, il en est hors de question; entre une PS4 Pro offrant des merveilles, telles que "Horizon: Zero Dawn" ou "Nioh" et cette Switch, l'affaire est vite réglée.

Des jeux dont on entend quasiment plus parler (Horizon Zero quoi?), et des millions de SWITCH vendue plus tard, ce mec devrait travailler à Goldman Sachs :noel:

Ce pauvre Philippe Lavoué, directeur de Nintendo France, complètement déboussolé lui aussi, peine à justifier l'existence de cette drôle de console auprès des distributeurs, de plus en plus sceptiques.

Tellement sceptique qu'ils sont tous partis en acheter des stocks, histoire de fournir assez de précommandes

Quant à Iwata, cette tribune n'est pas un réquisitoire à son endroit, nous n'accusons pas l'homme, tout le monde s'accorde à dire qu'il avait des qualités humaines indéniables auxquelles nous rendons hommage. Non, nous dénonçons une stratégie commerciale à l'encontre de ce que souhaitaient les joueurs, les fans, les fidèles de la première heure... dont je faisais partie.

Et voilà, le fameux rapport à l'élite! Nous, on est les vrais joueurs, donc il faut nous écouter!

Les fameux joueurs qui préfèrent le Nintendo d'avant, celui qui proposait du neuf, celui qui ne ressemblait pas à la concurrence, qui proposait des expériences nouvelles…

La mentalité à changé du côté des joueurs plus que celui des constructeurs.

En fin de compte, on a plus affaire à un article de N-Sex plutôt qu'à celui d'un journaliste. Ce qui est désolant dans tout ça, c'est de savoir que Laurent Amar, l'auteur de cette abomination a longtemps travaillé chez des éditeurs de magazines de jeux vidéos. Au delà des prédictions façon Goldman Sachs, l'article ressemble plus à un règlement de compte, et autant cela peut être normal pour un simple bloggeur, autant pour un professionnel, cela fait plus honte qu'autre chose.

/!\ Avis à ceux qui aiment souffrir /!\

Voici l'article en question: http://www.huffingtonpost.fr/laurent-amar/critique-console-switch-nintendo_a_21864602/